05/04/2021
L’UFC, une université à part entière ?
L’UFC est créée en 1990 par le décret exécutif n°90-149 en date du 26 mai 1990 publié dans le Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire n°22 qui précise son organisation et son fonctionnement. Ce décret stipule en son article 1 ce qui suit : «Ce décret crée l’Université de la formation continue, l’organise et précise son fonctionnement en tant qu’université.»
Considérée comme une université à part entière (article 1), elle offre la possibilité de par les missions attribuées à l’université (article 4) à chaque citoyen remplissant les critères d’admission d’accéder à la formation supérieure. Elle compte 53 centres à l’échelle nationale répartis sur les 48 wilayas. Ceux qui y assurent les formations sont des enseignants universitaires.
L’arrêté ministériel du 28 décembre 1994 fixant les conditions d’accès à l’UFC signé en son temps par Boubekeur Benbouzid, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique arrête en son article 2, alinéa 1 que peuvent s’inscrire à l’UFC «les candidats titulaires du baccalauréat de l’enseignement secondaire et les candidats admis aux examens de passage d’admission en première année de graduation organisés par les établissements de formation continue». Ces derniers se voient délivrer par l’UFC qui est sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique une attestation de succès provisoire qui est en fait un baccalauréat UFC équivalent d’un baccalauréat classique et reconnu comme l’équivalent d’un baccalauréat classique par la fonction publique, conformément à la circulaire n° 292 du 2 juin 1998 relative aux équivalences administratives.
En fin de cycle de formation, un diplôme d’études universitaires appliquées est délivré à l’étudiant par l’UFC qui est sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifiques. Le hic, c’est que ce diplôme reconnu n’a commencé à être délivré que depuis 1996 alors que l’UFC a été créé en 1990, autrement dit, l’UFC, depuis sa création à 1996, délivrait une licence. À partir de 1997, l’UFC ne délivrait qu’un DEUA alors que son statut n’a pas changé ni subi aucune modification d’aucune sorte.
Comment expliquer ce changement de la nature du diplôme de l’UFC alors que son statut est resté le même et pourquoi cette mesure a été prise hors de tout cadre légal créant une différence entre les étudiants munis d’une licence et ceux munis d’un DEUA délivrés par la même université, les premiers ayant pu accéder à des postes de cadres supérieurs et les seconds n’ont pas eu ce droit, créant au sein d’une même université deux collèges ?
Comment expliquer ce paradoxe alors qu’hormis la différence entre cycle court et cycle long, il est précisé dans une note de Mustapha Chérif, ex-ministre des Universités, datée du 23 mai 1991, que «les diplômes délivrés par l’université de la formation continue, conformément aux décrets portant régime des études en vue de l’obtention des diplômes universitaires ont la même valeur pédagogique, scientifique et juridique que ceux délivrés par les universités algériennes», note confirmée par Boubekeur Benbouzid, ex-ministre délégué aux Universités et à la Recherche scientifique, dans une autre note datée du 20 mars 1994 adressée au directeur général de la Fonction publique précisant que «les diplômes sanctionnant les études de graduation à l’université de la formation continue ont la même valeur pédagogique, scientifique et juridique que les diplômes délivrés par les universités et établissements sous tutelle» ?
Par ailleurs, dans une correspondance adressée aux ministres, aux walis et aux chefs d’inspection de la Fonction publique en date du 30 mars 1994, en référence à la lettre du ministre du 20 mars, M. Noureddine Kasdali, directeur général de la Fonction publique, précise que «les diplômes sanctionnant les études de graduation (licence et DEUA) délivrés par l’université de la formation continue ont la même valeur pédagogique, scientifique et juridique que les diplômes délivrés par les universités et établissements sous tutelle».
Toutes ces précisions et ces mesures sont confirmées dans une correspondance datant de 2016 adressée aux directeurs des universités par M. Arezki Saidani, directeur de la coopération et des échanges entre les universités, au nom du ministre, rappelant que «le DEUA délivré par l’UFC est considéré comme un diplôme universitaire dans la mesure où il est délivré par un établissement universitaire sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique».