Jukanin Apprendre la culture et la langue Manjaku. Par extension connaître la Guinée Bissau et l’Afrique toute entière.

Nous avons cherché à comprendre comment notre langue s’est peu à peu éloignée de certaines de nos familles.Mais maintena...
09/05/2026

Nous avons cherché à comprendre comment notre langue s’est peu à peu éloignée de certaines de nos familles.
Mais maintenant, j’ai envie de poser une autre question :

Et si nous arrêtions de regarder ce que nous avons perdu pour regarder ce que nous pouvons encore transmettre ?

Il n’est pas trop t**d.

Il n’est pas nécessaire de parler parfaitement manjaku pour commencer.

Un mot suffit.
Puis deux.
Une salutation le matin.
Le nom d’un aliment.
Une phrase à table.

Une expression que disait grand-mère.
Une petite conversation avec les enfants.

Et surtout : ne répondons plus systématiquement en français lorsque quelqu’un nous parle manjaku.

Essayons.
Cherchons nos mots.
Faisons des erreurs.
Demandons aux anciens.

Parce qu’une langue ne revient pas seulement dans les livres ou dans les cours.

UNE LANGUE REVIT LORSQU’ELLE RETOURNE DANS LES MAISONS.

Alors je vous propose quelque chose.

À partir d’aujourd’hui, choisissons une phrase manjaku par jour et faisons-la entrer dans notre quotidien.

Aidons-nous de jukanin-manjaku.com et de tout ce qui est à notre disposition

Avec nos enfants.
Nos petits-enfants.
Nos frères et sœurs.
Nos parents.

Et ceux qui parlent encore couramment, parlez-nous manjaku.

Même lorsque nous vous répondons en français.
Insistez un peu. 😄
Faites-nous répéter.

Nos anciens nous ont transmis une langue vivante.
À nous de ne pas être la génération qui la regarde disparaître.

Et j’ai une question pour vous :

QUELLE EST LA PREMIÈRE PHRASE MANJAKU QUE VOUS VOULEZ TRANSMETTRE À VOS ENFANTS ?

Écrivez-la en commentaire, avec sa traduction.

Nous allons peut-être commencer aujourd’hui, ensemble, un immense dictionnaire vivant de notre communauté.

Nos anciens ont fait traverser des océans à leurs familles.

À NOUS DE FAIRE TRAVERSER NOTRE LANGUE AUX GÉNÉRATIONS SUIVANTES.

Notre langue. Notre histoire. Notre transmission.
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Comment avons-nous laissé notre langue se perdre ?                                                                      ...
08/29/2026

Comment avons-nous laissé notre langue se perdre ? Il y a quelque chose qui m’interroge profondément.

Autour de nous, je vois des familles venues d’ailleurs qui, génération après génération, ont réussi à conserver une langue familiale.

Des enfants naissent en France, vont à l’école en français, vivent en français…
et pourtant, à la maison, une autre langue continue de circuler.

Alors je regarde notre communauté manjaku et je me demande :

Que s’est-il passé chez nous ?
Nos parents parlaient manjaku.
Nos grands-parents parlaient manjaku.
Nous avons grandi en les entendant parler manjaku entre eux.

Et pourtant, dans beaucoup de familles, les enfants ont commencé à répondre en français.
Puis leurs propres enfants ont parfois cessé de comprendre.

Et aujourd’hui, certaines arrière-petites-filles et certains arrière-petits-fils portent un nom, une histoire, une identité manjaku…sans pouvoir avoir une conversation avec leur arrière-grand-mère dans sa langue.

Comment sommes-nous passés d’une génération qui parlait naturellement manjaku à une génération qui doit aujourd’hui réapprendre sa propre langue ?

Est-ce l’école ?
Le désir de s’intégrer ?
Avons-nous pensé que le français était plus important pour l’avenir de nos enfants ?

Avons-nous cessé de parler manjaku aux enfants parce qu’ils nous répondaient en français ?

Ou avons-nous simplement cru que cette langue serait toujours là ?

Je ne cherche pas de coupable.
Je cherche à comprendre.

Parce que si nous comprenons comment le fil s’est rompu, nous pouvons peut-être comprendre comment le renouer.

Alors j’aimerais vraiment entendre vos histoires :

Chez vous, à quelle génération le manjaku a-t-il commencé à se perdre ?

Et surtout :
Pourquoi, selon vous ?

Parlons-en.

Parce qu’une langue ne disparaît pas en un jour.

Elle disparaît chaque fois qu’une génération ne la transmet plus à la suivante.

Notre langue. Notre histoire. Notre transmission.

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ET NOUS, LES ENFANTS ÉLEVÉS EN FRANCE ?Nos papas avaient ouvert la route.Nos mamans les avaient rejoints, parfois avec d...
08/24/2026

ET NOUS, LES ENFANTS ÉLEVÉS EN FRANCE ?

Nos papas avaient ouvert la route.

Nos mamans les avaient rejoints, parfois avec de très jeunes enfants, et avaient appris à vivre dans un pays nouveau.

Puis nous avons grandi.

Nous sommes cette génération qui a appris très tôt à vivre entre deux mondes.

À la maison, il y avait nos parents, leurs habitudes, leurs plats, leurs histoires, leurs façons de nous éduquer…

Et dehors, il y avait la France.

L’école.
Le français.
Les copains.
Une autre culture.

Beaucoup d’entre nous comprenaient le manjaku.

Certains le parlaient. D’autres répondaient déjà en français lorsque leurs parents leur parlaient manjaku.

Et, doucement, presque sans que personne ne s’en aperçoive…

quelque chose a commencé à se perdre.

Nos parents pensaient probablement qu’ils auraient toujours le temps de nous transmettre.

Eux aussi, ils apprenaient le français en nous parlant français.

Et nous, enfants, nous ne savions pas encore que ce que nous n’apprendrions pas pourrait manquer à nos propres enfants.

Aujourd’hui, nous sommes devenus parents.

Certains comme moi sont même grands-parents.

Et une question nous revient :

QU’AVONS-NOUS TRANSMIS À NOTRE TOUR ?

Alors j’aimerais vous demander :

Quelle langue parlaient vos parents avec vous à la maison ?

Manjaku ?
Créole portugais ?
Portugais ?
Français ?
Wolof ?

Et surtout :

À quel moment avons-nous commencé à moins parler manjaku à nos enfants ?

Pas pour chercher un coupable.

Pour comprendre.

Parce que comprendre comment une langue s’éloigne, c’est peut-être le premier pas pour la faire revenir.

Notre langue. Notre histoire. Notre transmission.

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HONNEUR À NOS MAMANS Nous avons beaucoup parlé des hommes qui ont pris la mer, des Ba Gurmetu, des bateaux et de ceux qu...
08/23/2026

HONNEUR À NOS MAMANS

Nous avons beaucoup parlé des hommes qui ont pris la mer, des Ba Gurmetu, des bateaux et de ceux qui ont ouvert les premières routes vers la France.

Aujourd’hui, parlons des femmes et de leurs enfants.

D’abord, honneur à nos papas.

À ceux qui, malgré une vie de marin faite de départs et d’absences, ont voulu réunir leur famille auprès d’eux et ont organisé la venue de leur épouse et de leurs enfants.

Puis elles sont arrivées.

Nos mères.
Nos grands-mères.
Nos tantes.

Elles ont quitté leur terre, leurs repères, leur famille, pour rejoindre leur mari en France, souvent avec de jeunes enfants.

Et une fois arrivées, une autre épreuve commençait.

Le froid. Une langue qu’elles ne parlaient pas. Un pays dont elles ne connaissaient ni les codes ni les habitudes.

Et pendant que certains maris repartaient naviguer, elles restaient seules avec les enfants.

Il fallait apprendre à vivre ici.

Se déplacer. Faire les courses. Comprendre l’école. Aller chez le médecin. Faire face au quotidien… sans toujours avoir les mots pour demander de l’aide.

Et pourtant, elles ont avancé.

Elles nous ont élevés, nous, la première génération d’enfants manjaku ayant grandi en France.

Elles ont appris ce nouveau monde tout en essayant de ne pas perdre complètement l’ancien.

Voilà aussi sur quoi s’est construite notre histoire en France.

Alors, aujourd’hui, demande à ta famille :

Qui est la première femme de ta famille à avoir rejoint son mari en France ?

Comment s’appelait-elle ?
En quelle année est-elle arrivée ?
Avec combien d’enfants ?
Dans quelle ville ?

Et si elle est encore là, pose-lui cette question :

« Comment as-tu vécu tes premiers mois en France ? »

Puis écoute.

Parce que derrière les dates de nos migrations se cachent des histoires de courage que nous n’avons peut-être jamais vraiment entendues.

Honneur aux hommes qui ont ouvert la route.
Honneur aux femmes qui les ont rejoints et qui, avec leurs enfants, ont construit la suite.

Notre langue. Notre histoire. Notre transmission.

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Ces navigateurs avaient un nom dans notre langue :BA GURMETUUn terme que l’on retrouve sous la forme grumetes en portuga...
08/22/2026

Ces navigateurs avaient un nom dans notre langue :

BA GURMETU

Un terme que l’on retrouve sous la forme grumetes en portugais, pour désigner des hommes liés au travail maritime et à la navigation.

Mais tous les Manjaku arrivés en France ne sont pas passés par Marseille.

⚓ DAKAR → MARSEILLE → YVELINES

Dans les années 1950-1960, certains Manjaku arrivés à Marseille poursuivent leur route vers les Yvelines, la région parisienne et la Basse-Seine.

Pourquoi ? Pour le travail.

La France est en pleine expansion industrielle et recherche de la main-d’œuvre.

Dans les Yvelines notamment, l’industrie automobile recrute.

Des hommes s’installent, travaillent et, progressivement, les réseaux familiaux et communautaires se développent.

Mais il existe une autre route.

⚓ DAKAR → BORDEAUX

Des lignes maritimes relient également Dakar et la côte ouest-africaine à Bordeaux.

Bordeaux est alors un grand port de commerce et fait partie, avec Marseille et Le Havre, des ports français où l’on retrouve des marins africains, parmi lesquels des Manjaku.

Certains débarquent.
Certains restent.
D’autres poursuivent leur chemin vers d’autres régions françaises.

Ainsi, notre histoire migratoire ne suit pas une seule ligne.

Il n’y avait pas UNE route manjaku vers la France.
Il y avait DES routes.

⚓ Marseille
⚓ Bordeaux
⚓ Le Havre
… puis d’autres villes et régions.

Et derrière ces routes, il y avait notamment ces hommes qui avaient appris à vivre avec la mer :

BA GURMETU.

Aujourd’hui, demandez aux anciens :

« Y avait-il na Gurmetu dans notre famille ? »

« Sur quel bateau naviguait-il ? »

« Par quel port est-il arrivé en France ? »

Un nom de bateau, un port, une usine, une ville…

Et c’est tout un morceau de notre histoire qui peut réapparaître.

Nos familles portent une partie de l’Histoire que les livres n’ont pas toujours racontée.

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ANCERVILLE : LE PAQUEBOT QUI RELIAIT DAKAR À MARSEILLEIl y a des noms qui réveillent la mémoire des familles.Ancerville ...
08/20/2026

ANCERVILLE : LE PAQUEBOT QUI RELIAIT DAKAR À MARSEILLE
Il y a des noms qui réveillent la mémoire des familles.

Ancerville en fait partie.

Mis en service en 1962 par la Compagnie de Navigation Paquet, ce grand paquebot assurait notamment la liaison :

🇫🇷 MARSEILLE
⬇️
🇲🇦 CASABLANCA
⬇️
🏝️ CANARIES
⬇️
🇸🇳 DAKAR

Mais attention : l’histoire des Manjaku à Marseille commence bien avant l’Ancerville.

Des navigateurs manjaku avaient déjà atteint les ports français après la Première Guerre mondiale, et leur présence s’intensifie dans les années 1950.

L’Ancerville appartient donc à une période plus t**dive de cette histoire maritime, celle des années 1960.

Et pour certains Manjaku, Marseille n’était qu’une étape.

À la recherche de travail, notamment dans l’industrie, certains poursuivent leur route vers :

➡️ les Yvelines
➡️ la région parisienne
➡️ la Basse-Seine

Une nouvelle implantation manjaku se construit alors en France.

Et dans votre famille ?

Demandez aux anciens :

« Par quel bateau es-tu arrivé en France ? »
« Es-tu passé par Marseille ? »
« Où es-tu parti ensuite ? »

Peut-être qu’un nom reviendra :

⚓ ANCERVILLE.

Les archives racontent l’Histoire.
Nos anciens racontent notre histoire.

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🇬🇼 DE LA GUINÉE-BISSAU À MARSEILLE :Pourquoi retrouve-t-on aujourd’hui autant de familles manjaku à Dakar, Marseille et ...
08/19/2026

🇬🇼 DE LA GUINÉE-BISSAU À MARSEILLE :

Pourquoi retrouve-t-on aujourd’hui autant de familles manjaku à Dakar, Marseille et ailleurs en France ?

Pour le comprendre, il faut remonter le chemin.

🇬🇼 GUINÉE-BISSAU

Dès le XIXᵉ siècle, des Manjaku quittent notamment les régions du nord-ouest de l’actuelle Guinée-Bissau pour chercher du travail ailleurs.

Mais leur première destination n’est pas forcément l’Europe.

🌿 LA CASAMANCE

Les liens avec la Casamance sont anciens.

Familles, mariages, travail, agriculture, échanges…

Les frontières coloniales ont séparé administrativement des territoires, mais elles n’ont pas effacé les relations entre les populations.

Puis la route continue.

⚓ DAKAR

Et là, quelque chose d’important se produit.

Certains Manjaku travaillent comme navigateurs et marins et fréquentent les ports de la côte ouest-africaine.

Dakar devient progressivement un lieu de travail, d’installation et de rencontres.

Et lorsqu’un premier membre de la famille s’installe quelque part, il peut ouvrir la route aux suivants.

Un frère rejoint un frère.
Un cousin rejoint un cousin.
Une personne du village en accueille une autre.

Ainsi se construisent les chaînes migratoires.

Mais pour certains, Dakar n’est pas la destination finale.

🌊 La mer continue…

🇫🇷 MARSEILLE

Des navigateurs manjaku arrivent dans les ports français.

Et Marseille, grand port méditerranéen, devient pour certains une nouvelle étape de cette histoire migratoire.

Alors aujourd’hui, j’ai une question pour vous :

Qui, dans votre famille, a ouvert la route ?
Qui est parti de Guinée-Bissau ?
Qui est passé par la Casamance ?
Qui a vécu à Dakar ?
Qui a pris le bateau ?
Et qui est arrivé à Marseille ou ailleurs en France ?

📖 Demandez à vos anciens.

Notez les noms.
Les villages.
Les métiers.
Les dates, même approximatives.
Les lieux traversés.

Parce que notre histoire n’est pas seulement écrite dans les livres.

Elle est encore dans la mémoire de nos familles.

Ils ont ouvert la route.

À nous d’honorer le chemin et de transmettre l’héritage.
Notre langue. Notre histoire. Notre transmission.

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08/18/2026

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Marseilles, IL

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