State Stories

Call Directions

State Stories Contact information, map and directions, contact form, opening hours, services, ratings, photos, videos and announcements from State Stories, Gaming Video Creator, 3851 Airport Freeway, Fort Worth, TX.

Il y a des gestes qui ne rapportent ni trophée ni gloire, seulement une conscience tranquille. Jacques Glassmann en a fa...
10/15/2026

Il y a des gestes qui ne rapportent ni trophée ni gloire, seulement une conscience tranquille. Jacques Glassmann en a fait un, un jour de mai 1993, et ce geste a suffi à inscrire son nom dans l'histoire du football français. Pas pour un but, pas pour une carrière éblouissante, mais pour avoir simplement dit la vérité quand tout le monde autour de lui avait intérêt à se taire.

Défenseur discret né en 1962, Glassmann construit son parcours loin des projecteurs, au sein de clubs qui ne font pas la une des journaux. Il porte le maillot de Valenciennes, club du Nord sans prétention de grandeur, où il est de ces joueurs que l'on respecte dans le vestiaire sans jamais les voir en couverture de magazine. Rien, dans ce début de carrière, ne laisse présager qu'il deviendra un symbole national.

Tout bascule à la fin de la saison 1992-1993. L'Olympique de Marseille, sous la présidence de Bernard Tapie, joue un match crucial contre Valenciennes, à quelques jours seulement de la finale de la Ligue des champions face au Milan AC. Marseille doit gagner, mais surtout, aucun joueur ne doit se blesser avant Munich. C'est dans ce contexte que Jean-Jacques Eydelie, joueur marseillais, contacte Glassmann ainsi que ses coéquipiers Jorge Burruchaga et Christophe Robert. L'idée est simple et glaçante : laisser gagner l'OM, et surtout ne blesser personne.

Glassmann refuse de se taire. Il dénonce la tentative de corruption, déclenchant l'un des plus grands scandales de l'histoire du sport français, l'affaire VA-OM. Ce choix n'a rien d'anodin : parler, c'est s'opposer à un club tout-puissant, à un président médiatique et redouté, à une machine économique et politique qui pèse sur tout le football hexagonal. Beaucoup, à sa place, auraient préféré regarder ailleurs, protéger leur carrière, éviter les ennuis. Lui a choisi l'inverse.

Les conséquences dépassent le simple cadre sportif. Marseille remporte malgré tout sa finale européenne, devenant le premier et seul club français à soulever la coupe aux grandes oreilles, mais le trophée reste à jamais entaché par le scandale. Le club sera rétrogradé administrativement, déchu de son titre de champion de France, exclu de la Coupe d'Europe l'année suivante. Eydelie, Tapie et d'autres protagonistes paieront le prix judiciaire de cette affaire. Et au milieu de ce séisme, un nom reste associé à l'intégrité : celui de Jacques Glassmann.

Ce courage lui vaudra une reconnaissance inattendue pour un joueur de sa discrétion. En 1995, la FIFA lui décerne le Fair Play Award, distinction rarissime qui récompense non pas un geste technique mais une valeur morale. C'est sans doute la plus belle ligne de son palmarès, plus précieuse qu'un titre, parce qu'elle ne récompense pas un talent mais un homme.

On aurait pu croire qu'un tel acte briserait une carrière, qu'il isolerait le joueur, le marginaliserait dans un milieu où la loi du silence protège souvent les puissants. Glassmann, lui, a continué son chemin de footballeur sans jamais chercher à capitaliser sur cette notoriété soudaine. Il n'a pas revendiqué le costume du héros, il a simplement fait ce qu'il pensait juste, au moment où cela comptait le plus.

Son nom ne figure dans aucun classement des plus grands joueurs français, il n'a jamais porté le maillot bleu, jamais soulevé de trophée majeur. Mais dans la mémoire du football, il occupe une place à part, celle des hommes qui ont préféré la vérité à la facilité. Dans un sport où l'argent et le pouvoir dictent trop souvent les règles, Jacques Glassmann a rappelé qu'un seul homme peut encore faire trembler un système.

La grandeur ne se mesure pas toujours au nombre de buts marqués, mais parfois à une vérité qu'on a eu le courage de dire quand tout le monde se taisait.

Un gardien de but, c'est souvent celui qu'on oublie de remercier. Il arrête ce qu'on ne voit pas, il sauve des matchs qu...
10/15/2026

Un gardien de but, c'est souvent celui qu'on oublie de remercier. Il arrête ce qu'on ne voit pas, il sauve des matchs qu'on croit déjà perdus, et puis le lundi, personne ne retient son nom. Nicolas Penneteau fait partie de ces hommes-là — un mur discret, une carrière bâtie loin des projecteurs, mais d'une solidité que peu de joueurs peuvent revendiquer.

Né à Marseille le 20 février 1981, il grandit loin de l'image dorée que la cité phocéenne renvoie habituellement dans le football français. Pas de formation au sein de l'OM, pas de lumière précoce. Son chemin se construit ailleurs, dans l'ombre des grands clubs, à travers un poste qui n'offre jamais de seconde chance : gardien de but, celui qui porte seul la responsabilité d'une erreur et ne reçoit jamais seul les honneurs d'un arrêt décisif.

Sa carrière prend une dimension particulière du côté de Valenciennes. C'est là, dans le Nord, loin du soleil méditerranéen de son enfance, qu'il devient une référence silencieuse du championnat. Entre 2010 et 2014, Penneteau enchaîne 159 matchs consécutifs en Ligue 1 sous les couleurs valenciennoises. Cent cinquante-neuf matchs sans interruption, saison après saison, sans blessure qui le tienne éloigné des terrains, sans entraîneur qui le pousse sur le banc. Dans un sport où les gardiens sont parfois interchangeables au gré d'une erreur ou d'un relâchement, cette régularité est une forme de discours à elle seule : celui de la fiabilité absolue.

Avant cela, il était passé par la Corse, à Bastia, où il avait notamment disputé la Corsica Cup 2010 — un épisode modeste dans le temps, mais révélateur d'un parcours qui ne cherche jamais le raccourci. Ce sont des clubs qui ne font pas les gros titres nationaux, des compétitions qu'on ne retient pas dans les livres d'histoire du football français, mais qui forgent un gardien capable, plus t**d, d'aligner les matchs sans faillir.

En mars 2014, le chiffre tombe, presque discrètement : plus de 400 apparitions en Ligue 1 cumulées entre Bastia et Valenciennes. Quatre cents matchs du plus haut niveau français, portés sur les épaules d'un joueur qu'on ne verra jamais en couverture de magazine, qu'on n'entendra jamais dans les grandes interviews d'après-match retransmises en prime time. C'est le propre des gardiens de l'ombre : on compte leurs arrêts, rarement leurs mots.

Puis vient l'ailleurs. En août 2014, à 33 ans, Penneteau quitte la France pour la première fois de sa carrière. Direction la Belgique, et un contrat de deux ans avec le Sporting de Charleroi. Un nouveau championnat, une nouvelle langue de vestiaire, une nouvelle pelouse à apprivoiser — à un âge où beaucoup de gardiens commencent déjà à penser à l'après. Lui choisit encore le terrain, encore les cages, encore cette exigence silencieuse qui définit son poste depuis toujours.

Il n'y a pas, dans l'histoire de Nicolas Penneteau, de finale européenne, de but inoubliable, de scandale retentissant. Il y a autre chose, plus rare peut-être : une continuité. Une présence. Un homme qui, pendant plus d'une décennie, a tenu sa place sans jamais réclamer qu'on la regarde. Le football raconte souvent les étincelles ; il oublie trop souvent les flammes qui durent.

Aujourd'hui, le nom de Penneteau ne figure dans aucune légende dorée du football français. Mais à Valenciennes, à Bastia, à Charleroi, ceux qui l'ont vu enchaîner les saisons sans faiblir savent ce qu'ils ont regardé : un gardien qui n'a jamais eu besoin d'un exploit pour être grand, simplement besoin de rester debout, match après match, saison après saison.

Certaines carrières ne se mesurent pas en trophées, mais en présence.

Il y a des carrières qui se jouent dans l'ombre d'un autre gardien, et qui pourtant tiennent douze ans sur la durée. Rém...
10/15/2026

Il y a des carrières qui se jouent dans l'ombre d'un autre gardien, et qui pourtant tiennent douze ans sur la durée. Rémy Vercoutre est de ceux-là. Il n'a jamais été le numéro un incontesté, celui dont on scande le nom dans les tribunes — mais il a toujours été là, prêt, quand on avait besoin de lui.

Né à Grande-Synthe, dans le Nord, Vercoutre fait ses premiers pas de gardien loin des projecteurs. Il passe par Montpellier avant de rejoindre l'Olympique Lyonnais en 2002, à une époque où le club entame une domination qui marquera tout le football français. Mais à Lyon, la concurrence est rude : le poste de gardien est verrouillé, et Vercoutre doit apprendre la patience, ce métier silencieux de la doublure qui s'entraîne comme un titulaire sans jamais être certain de jouer.

En 2004, il part en prêt à Strasbourg, espérant s'y relancer. L'expérience est courte : huit matches seulement, avant un retour à Lyon. Mais le destin lui réserve un clin d'œil : il garde les cages lors de la finale de la Coupe de la Ligue 2005, remportée par Strasbourg. Une médaille gagnée à distance, presque en spectateur de son propre sacre, mais bien réelle.

De retour à Lyon, Vercoutre reste dans l'ombre de Grégory Coupet, l'un des meilleurs gardiens que le championnat ait connus. Puis, en 2007, une blessure de Coupet lui ouvre enfin la porte. Vercoutre enchaîne les matches, assume, tient sa place. Et c'est dans cette parenthèse qu'il vit l'instant qui résume toute sa carrière : en Ligue des Champions, face au VfB Stuttgart, il repousse un penalty tiré par Thomas Hitzlsperger. Ce geste, à lui seul, qualifie Lyon pour les huitièmes de finale. Un arrêt de quelques secondes, mais une empreinte durable — la preuve qu'un remplaçant peut, l'instant d'un tir au but, devenir décisif pour tout un club.

Coupet revenu, Vercoutre retourne à sa place de doublure. Il ne se plaint pas, ne réclame rien. Il reste, année après année, fidèle à un club qui ne lui promet jamais la lumière mais qui lui offre des trophées : deux titres de champion de France, des Coupes de France, des Trophées des Champions. Une collection de breloques gagnées souvent depuis le banc, mais gagnées quand même, parce qu'il fait partie du groupe, parce qu'il pousse les titulaires à l'entraînement, parce qu'un vestiaire se construit aussi avec des hommes comme lui.

En 2012, le départ d'Hugo Lloris vers Tottenham lui offre enfin, à plus de trente ans, le costume de titulaire. Il le porte une saison, avant de le perdre face à la concurrence d'un jeune gardien promis à un grand avenir, Anthony Lopes. Encore une fois, Vercoutre cède sa place. Encore une fois, il ne part pas en claquant la porte.

En 2014, après douze années passées à Lyon, il quitte enfin le club pour rejoindre Caen, fraîchement promu en Ligue 1. Un nouveau défi, loin des sommets, mais une manière de continuer à jouer, à exister sur un terrain, plutôt que de s'éteindre sur un banc.

Aujourd'hui, Rémy Vercoutre est entraîneur des gardiens à l'Olympique Lyonnais, le club où il aura passé l'essentiel de sa carrière. Il forme désormais ceux qui, demain, vivront peut-être ce qu'il a vécu : l'attente, la concurrence, et parfois, l'instant where tout bascule.

Il n'a jamais été le héros d'une affiche, mais il a été celui sans qui certaines victoires n'auraient jamais existé. Certains ne gagnent pas leur place, ils gagnent simplement le droit de rester utiles.

Il y a des hommes qui construisent un titre sans jamais apparaître sur la photo du sacre. Pascal Baills est de ceux-là. ...
10/15/2026

Il y a des hommes qui construisent un titre sans jamais apparaître sur la photo du sacre. Pascal Baills est de ceux-là. Une carrière entière passée à l'ombre des projecteurs, et pourtant toujours là, au moment où ça compte.

Né le 30 décembre 1964, Baills grandit dans une France où le football se jouait encore avec les tripes avant de se jouer avec la tête. Défenseur solide, sans fioritures, il se construit un nom à Montpellier, club qui deviendra le fil rouge de toute son existence footballistique. C'est là, au sein du Montpellier HSC, qu'il connaît en 1990 l'un des moments les plus forts de sa carrière de joueur : la Coupe de France, un trophée qui marque les esprits d'une génération de Héraultais.

Deux ans plus t**d, c'est à Marseille qu'il écrit une autre ligne de son histoire. En 1992, il soulève le championnat de France avec l'OM, à une époque où le club phocéen dominait le football hexagonal avec une équipe qui allait marquer l'histoire du football français. Jouer pour Marseille à cette période-là, ce n'était pas simplement porter un maillot. C'était entrer dans une légende collective, aux côtés de joueurs qui allaient devenir des mythes. Baills, lui, reste discret. Pas de une tapageuse, pas de polémique, juste un défenseur qui fait son travail avec sérieux.

Sa sélection en équipe de France reste unique — une seule cape, un seul instant sous le maillot bleu. Pour beaucoup de joueurs, une seule sélection serait vécue comme une frustration, une porte entrouverte puis refermée. Mais Pascal Baills n'a jamais été homme à se plaindre de ce qu'il n'a pas eu. Il a construit sa légitimité ailleurs, loin des minutes comptées en équipe nationale, dans la régularité d'une carrière de club.

Car c'est après avoir raccroché les crampons que l'histoire de Baills prend tout son sens. Il ne quitte pas le football, il en change simplement la porte d'entrée. Il devient entraîneur adjoint, d'abord aux côtés de Jean-François Domergue, puis de Rolland Courbis, toujours à Montpellier. Le même club, encore et toujours. Une fidélité rare dans un football de plus en plus nomade, où les carrières se dispersent entre les continents.

Puis vient 2009. Baills rejoint le banc de René Girard, comme adjoint. Pendant plusieurs saisons, il travaille dans l'ombre, loin des caméras braquées sur l'entraîneur principal, à peaufiner les détails, à préparer les séances, à porter une part invisible du projet. Et en 2012, l'impensable se produit : Montpellier, club historiquement loin des places de champion, devient champion de France. Un exploit retentissant, porté par une équipe sans stars tapageuses, bâtie sur le collectif — exactement à l'image de l'homme qu'était Baills sur le terrain.

Ce titre de 2012, Pascal Baills ne le soulève pas en tant que joueur. Il le vit depuis le banc, en costume d'adjoint, dans l'anonymat relatif de la fonction. Mais ce sacre porte aussi sa patte, ses années de travail silencieux, sa connaissance intime du club et de ses hommes. Il aura fallu plus de deux décennies à Montpellier pour transformer une Coupe de France en championnat — et Baills aura été de toutes les étapes, joueur puis bâtisseur de l'ombre.

Tu ne trouveras pas son nom dans les hommages vibrants réservés aux grandes stars. Pascal Baills appartient à cette catégorie d'hommes de football qui ne cherchent pas la lumière, qui la laissent aux autres sans amertume, convaincus que leur rôle a une valeur égale. Son parcours, de joueur discret à artisan d'un titre historique, raconte une vérité simple sur ce sport : tous les champions ne sont pas sur la pelouse le jour de la fête.

Certaines victoires se gagnent à mains nues, loin des projecteurs, et c'est souvent là qu'elles comptent le plus.

Il y a des records qui ne font jamais la une, et qui pourtant racontent toute une vie.Dominique Arribagé n'a jamais été ...
10/15/2026

Il y a des records qui ne font jamais la une, et qui pourtant racontent toute une vie.

Dominique Arribagé n'a jamais été le joueur dont on s'arrache le maillot dans les vitrines de magasins parisiens. Il n'a jamais soulevé de trophée européen, jamais porté le coq sur un terrain de Coupe du Monde. Et pourtant, à Toulouse, il reste une référence absolue, un nom que les plus anciens supporters du Téfécé prononcent avec un respect particulier. Car il y a une statistique qui ne ment pas : 334 matchs officiels sous le maillot violet, un total qui fait de lui le joueur ayant porté le plus souvent les couleurs du club dans toute son histoire.

Né le 11 mai 1971, Arribagé a construit sa carrière autour d'une idée simple et devenue rare dans le football moderne : la fidélité. Pas de tour d'Europe, pas de valise toujours prête, pas de ces transferts qui déplacent un joueur d'un championnat à l'autre au gré des offres. Dix saisons. Dix années à enfiler le même maillot, à connaître chaque recoin du Stadium, à voir défiler les entraîneurs, les coéquipiers, les présidents, pendant que lui restait, match après match, saison après saison, une pièce maîtresse du dispositif toulousain.

Dans un sport où la carrière moyenne d'un joueur professionnel se compte parfois en contrats de deux ou trois ans, dix saisons dans un seul club racontent une histoire à part. Celle d'un homme qui a préféré bâtir plutôt que courir après l'ailleurs. Celle d'un joueur qui a accepté d'être une colonne vertébrale plutôt qu'une vedette passagère. Ce genre de longévité ne s'achète pas avec un salaire mirobolant : elle se gagne par la confiance accumulée, saison après saison, dans le regard d'un club et de ses supporters.

Après avoir raccroché les crampons, Arribagé n'a pas quitté le monde qui l'avait vu grandir. Il est resté dans le football, mais de l'autre côté de la ligne de touche, en embrassant le métier d'entraîneur. Et le destin, ou peut-être simplement la logique d'un attachement jamais rompu, l'a ramené là où tout avait commencé : à Toulouse, qu'il a dirigé en Ligue 1. Peu de joueurs ont ce privilège rare de revenir diriger le club où ils ont écrit leurs plus belles pages en tant que footballeur. Pour lui, ce retour n'avait rien d'un hasard de carrière : c'était la continuité naturelle d'une histoire d'amour avec un maillot.

Sa vie personnelle, elle aussi, s'est construite loin des projecteurs tapageurs. Marié à Laurence Arribagé, figure de la politique locale, il a mené une existence où la discrétion semble avoir toujours primé sur l'exposition médiatique. Pas de scandale, pas de polémique retentissante, pas de une tonitruante. Juste un homme qui a choisi, encore et encore, la constance plutôt que le bruit.

On aime, dans le football, célébrer les buteurs, les dribbleurs, les prodiges qui enflamment les stades en un seul geste. On oublie trop souvent ceux qui tiennent une maison entière sur leurs épaules pendant une décennie, ceux dont la valeur ne se mesure pas en highlights mais en présence, en fiabilité, en années données à un seul club. Dominique Arribagé appartient à cette catégorie d'hommes que le temps finit par honorer mieux que les projecteurs ne l'ont jamais fait.

Il n'a pas eu besoin de changer de ville pour écrire son histoire. Il lui a suffi de ne jamais partir.

Il y a des hommes dont la fidélité se mesure non pas en trophées, mais en années. Thierry Morin appartient à cette race ...
10/15/2026

Il y a des hommes dont la fidélité se mesure non pas en trophées, mais en années. Thierry Morin appartient à cette race rare : ceux qui ne quittent jamais vraiment la maison qui les a vus grandir.

Né à Saint-Germain-en-Laye en décembre 1957, dans une famille où le sport se transmettait comme un héritage — des parents basketteurs, des frères footballeurs — Morin grandit avec un ballon collé aux pieds dans les rues de sa ville natale. Il rejoint dès 1966 le Stade Saint-Germain, le club de son enfance, celui qu'il arpente encore gamin sans savoir qu'il est en train d'écrire les premières lignes d'une histoire qui durera plus de cinquante ans. En 1970, un événement bouleverse le football parisien : la fusion avec le Paris FC donne naissance au Paris Saint-Germain. Morin, lui, rejoint naturellement le centre de formation du nouveau club.

Le 21 décembre 1975, il foule pour la première fois la pelouse en professionnel, lors d'une défaite 3-2 contre Reims. Ce jour-là, il n'est pas seul : avec Lionel Justier, Jean-Marc Pilorget et François Brisson, il forme ce que l'on surnommera bientôt les "quatre mousquetaires", des enfants du club propulsés dans le grand bain, symboles d'un PSG qui commence à peine à écrire sa légende. Pendant onze saisons, Morin porte le maillot parisien, un roc discret en défense, de ceux qu'on ne remarque jamais au classement des buteurs mais sans qui rien ne tient. Son unique but en professionnel, il le inscrit le 17 août 1982, lors d'un match nul 1-1 face à Monaco — un instant rare, presque anecdotique, mais qui restera gravé comme la seule fois où son nom s'est écrit sur la feuille de match pour une réalisation.

Avec le PSG, il soulève un titre de champion de France en 1985-86et deux Coupes de France, en 1982 et 1983, avec une finale perdue en 1985. Cent soixante-quatorze apparitions toutes compétitions confondues, onze années de sa vie données à un club encore jeune, en pleine construction de son identité. En 1986, l'histoire semble se refermer : Morin s'en va au Red Star, où il devient joueur tout en prenant en main la formation des jeunes du club. Trois ans plus t**d, en 1989, il raccroche les crampons.

Mais ici commence la partie la plus singulière de son histoire. Car Thierry Morin ne quitte jamais vraiment le football, et encore moins le Paris Saint-Germain. Dès 1989, il revient au club non plus comme joueur, mais comme employé. Il devient professeur de sciences au Camp des Loges, le centre d'entraînement mythique du club, et prend la direction d'un projet de Centre de Formation d'Apprentis à vocation multisport initié par le PSG. En 1994, il vit un nouveau titre de champion de France, mais cette fois depuis l'autre côté du miroir, non plus sur le terrain mais dans les coulisses, à façonner les jeunes générations.

Les décennies passent, les entraîneurs changent, les présidents se succèdent, les investisseurs qataris transforment le club en géant mondial — et Morin, lui, reste. Toujours au Camp des Loges, toujours au service de la formation. En 2017, dans un entretien, il se décrit lui-même avec humour comme le "dinosaure" du PSG, conscient d'être l'un des derniers témoins vivants d'une époque révolue, celle d'un club encore à taille humaine. Il occupe aussi, dans les années 2000, le poste de vice-président de l'association des anciens joueurs du PSG, puis devient secrétaire général de l'Association Paris Saint-Germain, gardien discret de la mémoire du club.

Il n'a jamais été une star. Il n'a jamais cherché à l'être. Mais pendant que les projecteurs se braquaient sur d'autres noms, Thierry Morin, lui, construisait patiemment les fondations sur lesquelles reposent des générations de joueurs. Certains hommes marquent l'histoire d'un but décisif ; lui l'a marquée en ne partant jamais.

Il y a des joueurs qu'on n'oublie pas parce qu'ils ont brillé sous les projecteurs de Paris ou de Madrid. Et il y a ceux...
10/15/2026

Il y a des joueurs qu'on n'oublie pas parce qu'ils ont brillé sous les projecteurs de Paris ou de Madrid. Et il y a ceux qu'on devrait se souvenir parce qu'ils ont porté tout un peuple sur leurs épaules, match après match, sans jamais quitter leur terre. Raymond Keruzoré appartient à cette seconde catégorie, et c'est peut-être la plus belle.

Né à Châteauneuf-du-Faou, au cœur du Finistère, il grandit dans une Bretagne où le football se joue encore avec l'accent du pays. C'est à Quimper, au Stade Quimpérois, qu'il fait ses premiers pas de footballeur, avant que Rennes ne vienne le chercher. Le 26 juin 1969, à seulement 20 ans, il foule pour la première fois une pelouse de Division 1, face à Metz. Rennes s'impose 3-0. Une porte vient de s'ouvrir, et Keruzoré ne la refermera plus jamais complètement, même des années plus t**d, même sous d'autres habits.

En 1971, il soulève la Coupe de France avec Rennes, après une victoire 1-0 contre Lyon. C'est le sommet d'une jeunesse rennaise prometteuse. L'année suivante, l'Europe s'invite dans sa carrière : les Rouge et Noir affrontent les Rangers de Glasgow en Coupe des Coupes. Match nul 1-1 à Rennes, puis défaite 1-0 en Écosse. L'aventure européenne s'arrête là, mais elle a donné à Keruzoré un avant-goût de grandeur.

Marseille le recrute en 1973. Une seule saison, marquée par une démolition en règle de l'Union Luxembourg, 13-1 sur l'ensemble des deux matches en Coupe UEFA, puis une désillusion cruelle contre Cologne : victoire 2-0 à l'aller, puis six buts encaissés au retour. Keruzoré rentre à Rennes dès l'année suivante. Marseille n'aura été qu'une parenthèse.

C'est à Laval, à partir de 1975, que sa carrière prend tout son sens humain. Il y retrouve Michel Le Milinaire, un entraîneur breton comme lui, et participe à l'une des plus belles pages de l'histoire du club : la montée en Division 1, puis le maintien, contre tous les pronostics, bien après son propre départ en 1979. Cette saison-là, en 1976-77, il reçoit l'Étoile d'Or, récompensant le joueur le plus régulier du championnat. Les supporters lavallois ne l'oublieront pas : ils le voteront plus t**d meilleur joueur du siècle du club.

Son unique bonheur en équipe de France tient en deux apparitions. Le 17 novembre 1976, contre l'Irlande, en qualification pour la Coupe du monde. Puis le 11 mai 1978, face à l'Iran, en amical. Deux capes seulement, pour un milieu de terrain créateur qui avait pourtant sa place. Mais à cette époque, un certain Michel Platini occupait le même couloir de jeu dans l'équipe nationale. Keruzoré restera tout près du groupe pour le Mondial argentin de 1978, sans jamais y figurer. Une ironie du destin : des années plus t**d, en mai 1990, c'est en tant qu'entraîneur de Rennes qu'il croisera Platini, devenu sélectionneur puis entraîneur de Nancy-Lorraine, sur un banc de touche.

Brest, puis Guingamp, où il devient joueur-entraîneur : Keruzoré multiplie les vies dans le football breton, jamais très loin de chez lui. À Guingamp, entre 1981 et 1986, il vit l'une des épopées les plus folles du club en Coupe de France, sortant Laval aux tirs au but après deux matches nuls, avant de tomber en quart de finale contre Tours. Les meilleurs éléments guingampais s'envolent ensuite vers de plus grands clubs, comme souvent dans ces histoires de clubs modestes qui osent trop bien jouer.

Il retourne diriger Brest, où un jeune Paul Le Guen apprend sous ses ordres, avant qu'une relation tendue avec la présidence ne l'pousse vers la sortie après une seule saison. Rennes le rappelle alors sur le banc, son club de toujours. De 1987 à 1992, il connaît des fortunes diverses, jusqu'à ce maintien miraculeux en 1992, sauvé par les problèmes administratifs d'autres clubs plus que par le jeu.

Sa dernière mission se joue là où tout avait commencé : à Quimper, en 1997, avant que le club ne soit déclaré insolvable. Keruzoré raccroche alors définitivement, et choisit de vivre près de Rennes, en Bretagne, la terre qui l'a vu naître et qui l'a toujours accueilli.

Il n'a jamais porté le maillot bleu plus de deux fois. Il n'a jamais soulevé de trophée continental. Mais il a donné sa vie entière à quatre clubs bretons, et c'est peut-être cela, la plus rare des fidélités.

Il y a des footballeurs qui cherchent toute leur vie un pays à appeler le leur, et qui finissent par en trouver deux san...
10/14/2026

Il y a des footballeurs qui cherchent toute leur vie un pays à appeler le leur, et qui finissent par en trouver deux sans jamais être pleinement accepté par aucun. Valérien Ismaël est de ceux-là. Né d'un père guadeloupéen et d'une mère alsacienne, élevé à Strasbourg, à deux pas de la frontière allemande, il a passé sa carrière à cheval entre deux cultures, deux langues, deux fédérations — sans que l'une ou l'autre ne lui ouvre jamais complètement les bras en équipe nationale.

Tout commence pourtant bien chez lui, à Strasbourg, où il fait ses débuts en janvier 1994 contre Cannes. Défenseur central solide, il s'impose peu à peu, dispute des matchs de Coupe UEFA, et attire les regards. En janvier 1998, Crystal Palace casse sa tirelire pour le recruter : 2,75 millions de livres, un record pour le club londonien. Mais l'aventure anglaise tourne court. Treize matchs, et puis plus rien. Il rentre en France, à Lens, pour retrouver un rythme et une confiance qu'il avait laissés sur les bords de la Tamise.

C'est là, entre Lens et Strasbourg, que se niche peut-être l'histoire la plus touchante de sa carrière de joueur. Prêté à son club formateur pendant la saison 2000-2001, il voit Strasbourg descendre en deuxième division — mais vit aussi l'un des plus beaux soirs de sa vie, la finale de la Coupe de France 2001, où le Racing renverse Amiens aux tirs au but. Il reviendra ensuite porter le brassard de capitaine à Strasbourg, fidèle à ses racines, avant de s'exiler définitivement vers l'Allemagne, ce pays qu'il portait aussi dans son sang par son grand-père.

Car c'est bien en Allemagne qu'Ismaël va connaître la vraie consécration. À Brême, il remporte le doublé Bundesliga-Coupe dès sa première saison. Puis à Munich, au sein du grand Bayern, il rejoue ce même doublé en 2005-2006 — deux titres majeurs, obtenus dans les deux clubs les plus huppés du pays. Mais son histoire allemande est aussi une histoire d'amour à sens unique : jamais sélectionné par la France au-delà des équipes de jeunes, il tente sa chance auprès de la Fédération allemande, espérant un jour porter le maillot de la Mannschaft. La réponse tombe, sèche : pas assez de liens prouvés avec le pays. Il confiera au magazine Kicker son désarroi, évoquant même Jürgen Klinsmann comme un espoir ultime. Ce sera un refus de plus, puis un autre encore en 2006, la FIFA tranchant qu'il avait déjà représenté la France en qualifications avec les espoirs en 1996. Un joueur formé par deux nations, réclamé par aucune des deux équipes nationales A. Une blessure silencieuse qu'il portera longtemps.

Sa carrière de joueur s'achève prématurément à Hanovre, stoppée par les blessures en 2009, à 34 ans. Mais plutôt que de quitter le football, il choisit d'y rester, d'apprendre un autre métier dans l'ombre : adjoint, puis entraîneur des réserves à Hanovre et à Wolfsburg, où il décroche deux titres de Regionalliga. Le costume d'entraîneur principal, lui, se révèle plus difficile à porter durablement : Nuremberg, Wolfsburg, Smyrnis, des passages brefs, parfois douloureux, marqués par des départs rapides.

C'est en Autriche, au LASK, qu'il retrouve une vraie dimension, menant le club à sa première participation en Ligue des champions puis en Ligue Europa, avant une sanction liée au non-respect des protocoles sanitaires du Covid qui ternit une fin de saison prometteuse. Puis vient l'Angleterre, terre où tout avait commencé par un échec : Barnsley, West Bromwich, Watford, Blackburn. Des clubs de Championship, exigeants, sans filet, où chaque série de défaites peut coûter un poste. Il connaîtra ce sort à plusieurs reprises, jusqu'à son départ de Blackburn début février 2026, le club scotché à la zone de relégation.

Ismaël n'a jamais été le joueur qu'on érige en statue, ni l'entraîneur qu'on célèbre en une. Il a été celui qui avance, encaisse, recommence, dans des vestiaires où personne ne l'attendait vraiment. Il reste l'homme de deux pays, de deux langues, de deux vies de football, n'ayant jamais eu besoin qu'on choisisse pour lui qui il était.

Il y a des joueurs qui changent trois fois de club avant d'avoir vingt-cinq ans, et il y a Éric Sikora, qui n'en a connu...
10/14/2026

Il y a des joueurs qui changent trois fois de club avant d'avoir vingt-cinq ans, et il y a Éric Sikora, qui n'en a connu qu'un seul, toute sa vie durant. Dans un football où tout pousse à partir — l'argent, l'ego, la promesse d'ailleurs — lui est resté. Une fidélité si rare qu'elle mérite d'être racontée.

Né le 4 février 1968, Sikora grandit dans une famille d'origine polonaise, dans ce bassin minier du Nord où le football n'est pas un loisir mais une identité collective. Le nom Sikora n'est d'ailleurs pas inconnu à Lens : son oncle, François Ludo, a lui aussi porté le maillot sang et or et connu les honneurs de l'équipe de France. Grandir avec ce nom-là, dans cette ville-là, c'était déjà porter un héritage avant même d'avoir tapé dans un ballon en professionnel.

Sikora passe par les équipes de jeunes de l'Racing Club de Lens, le club qui deviendra l'unique maison de toute sa carrière. Défenseur appliqué, pas du genre à chercher les projecteurs, il est repéré par la sélection nationale pour les moins de 21 ans — une reconnaissance discrète mais réelle de son sérieux, à une époque où la concurrence pour ce genre de sélection était redoutable. Mais c'est à Lens que son histoire s'écrit, patiemment, saison après saison, loin des transferts tapageurs et des une des journaux.

Le cœur de cette histoire, c'est une période bénie pour le club nordiste : la fin des années 1990. Lors de la saison 1997-1998, Sikora dispute 33 matchs alors que Lens réalise l'exploit de devenir champion de France de Division 1. Pour un club qui n'a jamais eu les moyens des grands de la capitale ou de l'Olympique de Marseille, ce titre est une folie douce, un moment suspendu que toute une région attendait. Sikora y est, brique après brique, dans cette construction collective.

L'année suivante, en 1998-1999, il va plus loin encore : il dispute la finale de la Coupe de la Ligue, que Lens remporte. Deux trophées majeurs en deux saisons consécutives, pour un défenseur qui n'a jamais quitté son club formateur — voilà qui donne à sa carrière une cohérence rare. Pas de passage éclair dans un grand club étranger, pas de retour au pays la tête basse. Juste une ligne droite, tracée depuis les équipes de jeunes jusqu'au sommet du football français, sans jamais changer de maillot.

Cette fidélité a un prix, aussi. Rester toute une carrière dans un seul club, même un club historique comme Lens, c'est accepter de ne jamais connaître l'exposition médiatique des grandes places fortes du football européen. Sikora n'a pas la notoriété d'un champion du monde 1998, il n'apparaît dans aucune rétrospective nationale. Et pourtant, dans les travées de Bollaert, dans la mémoire des supporters qui ont vécu ce titre de champion et cette coupe de la ligue, son nom résonne encore.

Après sa carrière de joueur, Sikora s'efface des projecteurs, comme il l'avait toujours fait sur le terrain. Pas de reconversion tonitruante, pas de passage médiatique. Il appartient désormais à cette catégorie particulière de joueurs que les historiens du football appellent les "one-club men" — ceux qui ont tout donné à une seule couleur, un seul blason, un seul public.

Il y a quelque chose de profondément émouvant dans ces carrières entières données à un même club. Pas de gloire individuelle écrasante, pas de Ballon d'Or, pas de buts en finale de Coupe du Monde. Juste un homme qui a choisi, saison après saison, de rester fidèle à l'endroit où tout avait commencé, et qui a eu la chance rare de voir cette fidélité récompensée par deux titres.

Dans un football qui oublie vite, Éric Sikora rappelle une vérité simple : la loyauté, elle aussi, peut écrire l'histoire.

Address

3851 Airport Freeway
Fort Worth, TX
76111

Telephone

+18177592719

Website

Alerts

Be the first to know and let us send you an email when State Stories posts news and promotions. Your email address will not be used for any other purpose, and you can unsubscribe at any time.

Shortcuts

Sponsored

Share