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Il y a des noms qui traversent le football sans jamais faire de bruit, et qui pourtant ont porté sur leurs épaules des é...
09/01/2026

Il y a des noms qui traversent le football sans jamais faire de bruit, et qui pourtant ont porté sur leurs épaules des équipes entières. Roger Piantoni est de ceux-là. Un gamin des mines devenu l'un des plus grands joueurs français des années 1950, aujourd'hui presque effacé des mémoires.

Tout commence à La Mourière, hameau minier de Piennes, en Meurthe-et-Moselle. Là-bas, un jeune Piantoni tape déjà dans le ballon aux côtés de Thadée Cisowski, à l'US Piennes. En 1948, avec l'équipe de jeunes de Lorraine, il remporte la Coupe nationale des juniors face au Sud-Est, où évoluent Henri Biancheri et Francis Méano. L'année suivante, il intègre l'équipe de France junior pour le championnat d'Europe — mais l'expérience tourne court, freinée par un manque de cardio. Une désillusion que connaîtra bien plus t**d, dans des circonstances similaires, un certain Michel Platini.

Piantoni débute chez les pros à Nancy, à seulement 19 ans, lors de la saison 1950-1951. Dès le premier match du championnat, contre Lens, il inscrit deux buts. Cette saison-là, il termine meilleur buteur du championnat avec 27 réalisations, dont un quintuplé face au Havre et deux quadruplés, contre Lens puis Strasbourg. En novembre 1952, il reçoit sa première sélection en équipe de France. Sept saisons durant, il porte le maillot nancéien, inscrivant 92 buts, et atteint la finale de la Coupe de France 1953, perdue face à Lille. Quelques mois plus t**d, à Chamartin, Nancy bat le Real Madrid 4-2 — un match resté dans les mémoires comme les débuts officiels croisés de Piantoni et d'un certain Alfredo Di Stéfano.

Mais Nancy s'enfonce financièrement et descend en deuxième division en 1957. Contraint de vendre ses meilleurs éléments, le club laisse partir Piantoni vers Reims, qui vient de perdre Raymond Kopa, parti briller à Madrid. C'est là, aux côtés de Just Fontaine et Jean Vincent, que Piantoni entre dans l'histoire. En mars 1958, il inscrit un quadruplé contre Sedan. Le 1er mai, Reims est sacré champion de France. Quelques semaines plus t**d, il s'envole pour la Suède avec les Bleus, où il est considéré comme l'un des meilleurs Français du Mondial. Il joue les cinq premiers matches, inscrit quatre buts, dont celui qui compte face au Brésil de Pelé en demi-finale — avant qu'une appendicite ne l'empêche de disputer la petite finale, remportée 6-3 face à l'Allemagne.

Le 3 juin 1959, à Stuttgart, Reims dispute sa deuxième finale de Coupe d'Europe des clubs champions. Face au grand Real Madrid, la défaite est nette : 0-2. C'est le sommet et la désillusion en une seule soirée. Quelques mois plus tôt, le 11 octobre 1959, contre la Bulgarie, Piantoni est victime d'un tacle de Nikola Kovatchev qui lui brise le genou. Cette blessure ne le quittera plus jamais vraiment. Les opérations s'enchaînent, les longues rééducations aussi. Lorsque Just Fontaine se fracture la jambe en 1960, mettant fin à sa carrière, c'est aussi le transfert de Piantoni vers River Plate qui s'effondre avec lui. Il reste, devient le meneur de jeu et le meilleur buteur de Reims cette saison-là, malgré un corps qui ne répond plus comme avant.

Entre 1961 et 1964, il ne dispute que 37 matches de championnat, luttant contre les séquelles de sa blessure. Il inscrit tout de même 23 buts durant cette période, et participe à un sixième titre national en 1962. Son dernier but sous le maillot rémois tombe le 3 mai 1964, lors d'une défaite à domicile contre Valenciennes. La même année, il rejoint Nice, en deuxième division, aide le club à remonter, puis raccroche les crampons.

Il devient ensuite entraîneur à Carpentras, siège au Conseil fédéral de la FFF pendant près de vingt ans, et se retrouve un temps derrière un micro sur Antenne 2, aux côtés de Michel Drucker. Mais c'est vers la Lorraine qu'il revient toujours, fidèle à ses racines. Une tribune du stade Marcel Picot, à Nancy, porte aujourd'hui son nom.

Roger Piantoni est mort le 26 mai 2018, presque oublié du grand public, lui qui fut de la campagne suédoise et des grandes années rémoises. Il n'a jamais réclamé sa part de lumière — elle est simplement passée à côté de lui. Certains hommes construisent des légendes sans jamais devenir eux-mêmes une légende.

Il lui manquait un doigt, perdu dans une mine de charbon à quatorze ans. Et pourtant, ce sont ces mêmes mains abîmées qu...
09/01/2026

Il lui manquait un doigt, perdu dans une mine de charbon à quatorze ans. Et pourtant, ce sont ces mêmes mains abîmées qui allaient un jour soulever trois Coupes d'Europe. L'histoire de Raymond Kopa commence sous terre, dans le noir, bien avant qu'elle n'éclate en pleine lumière madrilène.

Il naît Kopaszewski, fils d'immigrés polonais installés dans le nord de la France après la Première Guerre mondiale. Comme son grand-père, son père et son frère avant lui, il descend à la mine de Nœux-les-Mines dès quatorze ans. C'est là, dans la poussière du charbon, qu'il perd un doigt lors d'un accident. Le football, pour lui, n'est pas encore un rêve : c'est une échappatoire, une promesse à peine formulée.

Repéré après avoir terminé deuxième des sélections nationales de jeunes en 1949, il rejoint Angers à dix-sept ans, en deuxième division, avant de s'envoler deux ans plus t**d pour le Stade de Reims. C'est là que tout commence vraiment. Champion de France en 1953 et 1955, vainqueur de la Coupe Latine en 1953 face au Milan AC, Kopa devient le moteur d'une équipe qui atteint la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions en 1956 — perdue 4-3 contre le Real Madrid d'Alfredo Di Stéfano. Cette défaite, loin de le briser, va changer sa vie.

En mars 1955, un match à Madrid contre l'Espagne suffit à faire de lui une légende naissante outre-Pyrénées. Le journal Marca le surnomme "le Petit Napoléon". L'année suivante, le Real Madrid vient le chercher. Kopa accepte de sacrifier son poste naturel de numéro 10 pour jouer inter droit, aux côtés d'un certain Ferenc Puskás qui le rejoint peu après. Ce sacrifice tactique, presque silencieux, en dit long sur l'homme : il ne joue pas pour la gloire personnelle, il joue pour gagner.

Et il gagne. Trois Coupes d'Europe consécutives, en 1957, 1958 et 1959 — cette dernière disputée face à son ancien club, Reims, où évolue encore Just Fontaine. Deux titres de champion d'Espagne s'ajoutent au palmarès. En 1957, face à la Fiorentina, Kopa devient le premier footballeur français à remporter la Coupe d'Europe. Une performance individuelle et collective si éclatante qu'elle lui vaut le Ballon d'Or en 1958, une consécration rare pour un joueur français à cette époque.

Cette même année 1958, sous le maillot bleu, il conduit la France jusqu'aux demi-finales du Mondial en Suède, inscrivant trois buts avant que le Brésil de Pelé ne stoppe l'aventure française 5-2. Les Bleus terminent troisièmes. Ce sera l'un des sommets d'une carrière internationale qui compte 45 sélections et 18 buts entre 1952 et 1962.

En 1959, Kopa choisit de rentrer en France pour finir sa carrière à Reims, où il glane deux nouveaux titres de champion, en 1960 et 1962. Il referme ainsi la boucle, revenant mourir sportivement là où tout avait commencé à s'écrire. Après le football, il se réinvente discrètement, lance sa propre marque de vêtements de sport, et finit par s'installer en Corse, loin des projecteurs qu'il n'avait jamais réellement recherchés.

En 1970, il devient le premier footballeur décoré de la Légion d'honneur, reconnaissance t**dive mais juste pour un homme qui avait porté le maillot bleu avec une élégance rare. En 2004, Pelé lui-même le cite parmi les 125 plus grands footballeurs vivants. Kopa s'éteint à Angers en mars 2017, à 85 ans, dans la ville même où sa carrière avait débuté.

Il reste aujourd'hui ce trophée qui porte son nom, remis chaque année au meilleur jeune joueur du monde — Kylian Mbappé en fut le premier lauréat en 2018, comme un symbole transmis d'une génération à l'autre. Le fils de mineur polonais était devenu une référence universelle du beau jeu.

Il y a des mains qui ont creusé la terre avant de soulever des trophées.

Un record. Un seul tournoi. Personne, jamais, ne l'a égalé.Treize buts en six matchs, une Coupe du monde, un été 1958 qu...
09/01/2026

Un record. Un seul tournoi. Personne, jamais, ne l'a égalé.

Treize buts en six matchs, une Coupe du monde, un été 1958 qui appartient encore aujourd'hui à un seul homme : Just Fontaine. Plus de soixante ans ont passé, des générations de crânes rasés ont défilé sur les pelouses du monde entier, et le chiffre tient toujours debout, intact, presque insolent de solidité.

Tout commence loin des stades de métropole, à Marrakech, où Fontaine naît en 1933 d'un père français et d'une mère espagnole. Il grandit à Casablanca, passe par le lycée Lyautey, et c'est dans les rues et sur les terrains vagues du Maroc qu'il apprend à jouer, à l'US Marocaine, entre 1950 et 1953. Rien ne laisse alors deviner que ce jeune homme deviendra l'un des plus grands buteurs de l'histoire du football français. Nice le recrute en 1953, et là, la mécanique s'enclenche : quarante-quatre buts en trois saisons.

En 1956, direction le Stade de Reims, club phare de l'époque, où il retrouve bientôt Raymond Kopa à partir de la saison 1959-1960. Cent vingt et un buts en six ans, cent soixante-cinq en deux cents matchs de Division 1 toutes équipes confondues, deux titres de champion, une finale de Coupe d'Europe des clubs champions en 1959 contre le Real Madrid — perdue, mais disputée en étant le meilleur buteur de la compétition avec dix réalisations. Reims incarne alors l'élégance du football français, et Fontaine en est l'un des visages.

Mais c'est avec le maillot bleu qu'il entre dans la légende. Le 17 décembre 1953, pour ses débuts en équipe de France, il inscrit un triplé lors d'une victoire 8-0 contre le Luxembourg. Un signe, peut-être. Trente buts en vingt et un matchs en sept années de sélection — une moyenne que peu de joueurs, à n'importe quelle époque, ont approchée.

Puis vient la Suède, l'été 1958. Fontaine n'était même pas titulaire indiscutable au départ ; une blessure de René Bliard lui ouvre la porte. Il ne la refermera plus. Match après match, les buts s'accumulent, jusqu'à ce sommet resté gravé dans la mémoire du football : quatre buts inscrits face à l'Allemagne de l'Ouest, championne du monde en titre, lors de la petite finale. Treize buts au total, un record qui traverse encore aujourd'hui les classements historiques — devant lui ne figurent que Gerd Müller, Harry Kane, Ronaldo, Miroslav Klose, Lionel Messi et Kylian Mbappé, tous auteurs de leurs totaux sur au moins deux Coupes du monde. Fontaine, lui, n'en a eu besoin que d'une.

Le destin, pourtant, ne lui laisse pas le temps de rejouer une telle histoire. Une fracture de la jambe, mal consolidée, le poursuit, et en juillet 1962, à seulement vingt-huit ans, il doit raccrocher les crampons. Une carrière fulgurante, stoppée net, alors qu'il aurait pu écrire d'autres pages.

Il se tourne alors vers d'autres rôles : sélectionneur de l'équipe de France en 1967, le temps de deux défaites en matchs amicaux avant d'être remercié. Puis, plus loin, un chapitre marocain : à la tête des Lions de l'Atlas, il mène le pays à une troisième place à la Coupe d'Afrique des Nations 1980, révélant des joueurs comme Badou Zaki, Mohammed Timoumi et Aziz Bouderbala. Il devient ensuite directeur sportif du Paris Saint-Germain, contribuant à la montée du club en première division. Avec Eugène N'Jo Léa, il fonde en 1961 l'Union nationale des footballeurs professionnels, défendant une profession encore fragile.

En 2004, Pelé le classe parmi les 125 plus grands footballeurs vivants. La Fédération française le désigne meilleur joueur français des soixante dernières années. Des honneurs mérités, reçus avec la discrétion d'un homme qui n'avait jamais couru après les projecteurs.

Il s'installe à Toulouse, où il tient pendant plus de soixante ans deux boutiques Lacoste. Ses journées, disait-il lui-même, se partageaient entre la belote et le football à la télévision. Il s'éteint à Toulouse le 28 février 2023, à l'âge de quatre-vingt-neuf ans.

Certains records se battent. D'autres, comme celui-là, semblent avoir été écrits pour ne jamais être effacés.

Il y a des hommes que le football n'a jamais vraiment aimés, même quand ils l'ont porté jusqu'à une finale de Coupe du M...
09/01/2026

Il y a des hommes que le football n'a jamais vraiment aimés, même quand ils l'ont porté jusqu'à une finale de Coupe du Monde. Raymond Domenech est de ceux-là. Vingt ans après ses débuts sur un banc, on retient encore de lui les astres et les polémiques plutôt que le parcours.

Formé comme joueur avant de basculer dans le costume d'entraîneur, Domenech prend en 1993 la tête de l'équipe de France Espoirs, succédant à Marc Bourrier. Pendant plus d'une décennie, il façonne toute une génération de jeunes internationaux, entre espoirs déçus et éliminations cruelles face à l'Italie, adversaire qui semble le poursuivre à chaque tournoi. Quart de finaliste, demi-finaliste, finaliste des JO 1996 éliminé par le Portugal sur un but en or : Domenech apprend le métier dans la douleur des tout petits écarts, ces matches qui se jouent à un tir au but ou à un but inscrit en prolongation par un certain Andrea Pirlo.

En 2004, sa nomination à la tête des Bleus surprend tout le monde. Préféré à Jean Tigana et Laurent Blanc après l'échec de l'Euro 2004 sous Jacques Santini, il hérite d'une équipe orpheline de ses cadres. Son premier geste marquera l'histoire : convaincre Zinédine Zidane, Claude Makélélé et Lilian Thuram de sortir de leur retraite internationale. Le pari est fou, presque irrespectueux des logiques du vestiaire, mais il fonctionne. La France se qualifie, et embarque vers l'Allemagne 2006 sous les critiques déjà nombreuses : Ludovic Giuly laissé de côté sans explication, Fabien Barthez préféré à Grégory Coupet au point de pousser ce dernier à quitter le groupe avant le tournoi.

Puis vient l'été 2006. Après un début poussif, contre la Suisse et la Corée du Sud, la France se réveille. Le Togo tombe, puis l'Espagne, puis le Brésil de Ronaldinho, puis le Portugal. Domenech conduit son équipe jusqu'à la finale de Berlin, face à l'Italie, ce même adversaire qui l'avait tant fait souffrir chez les jeunes. Le match bascule dans la légende et le chaos : un coup de tête de Zidane sur Materazzi, un carton rouge, une séance de tirs au but perdue. Zidane repart avec le Ballon d'Or du tournoi malgré son exclusion. Domenech, lui, repart avec une désillusion qui ne le quittera jamais tout à fait, celle d'avoir touché le sommet sans pouvoir le saisir.

L'Euro 2008 tourne au fiasco sportif, la France terminant dernière de son groupe. C'est ce soir-là, en direct à la télévision, que Domenech choisit de demander en mariage sa compagne Estelle Denis, un geste qu'il reconnaîtra plus t**d comme une faute professionnelle. L'image reste, presque plus que l'élimination elle-même.

2010 achève de le broyer. Qualifiée dans la controverse après la main de Thierry Henry face à l'Irlande, l'équipe de France s'effondre en Afrique du Sud. La tirade d'Nicolas Anelka contre son sélectionneur, la mutinerie du bus de Knysna, l'altercation entre Patrice Evra et le préparateur physique Robert Duverne que Domenech doit retenir physiquement : le sélectionneur assiste, impuissant, à la déflagration de son groupe. Il quitte le banc en refusant de serrer la main du sélectionneur sud-africain Carlos Alberto Parreira, dernier geste d'un homme dépassé par ce qu'il a créé ou hérité. Il est démis pour faute grave, réclame près de trois millions d'euros de dédommagement, n'en obtiendra qu'une fraction.

Ce qui suit dit peut-être plus de lui que tout le reste. Domenech disparaît des sommets et va entraîner les U11 de Boulogne-Billancourt, offrant une partie de sa prime de Coupe du Monde au club et à une association parisienne. Dix ans plus t**d, en 2020, il retente une dernière fois sa chance sur un banc professionnel, à Nantes, sans gagner le moindre match en huit rencontres. Une tentative brève, presque testamentaire, d'un homme qui n'a jamais cessé d'aimer ce jeu, même quand ce jeu semblait ne plus vouloir de lui.

On a ri de ses horoscopes, de sa demande en mariage télévisée, de ses choix incompris. On a moins retenu qu'il avait mené la France en finale du monde, ou qu'il était reparti coacher des enfants de onze ans sans amertume apparente. Certains hommes ne sont jamais jugés pour ce qu'ils ont accompli, seulement pour ce qu'on a choisi de retenir d'eux.

Il y a des noms qui traversent les archives du football français sans jamais s'imposer bruyamment, et pourtant, dès qu'o...
09/01/2026

Il y a des noms qui traversent les archives du football français sans jamais s'imposer bruyamment, et pourtant, dès qu'on les prononce, une génération entière de Lyon se souvient. Serge Chiesa est de ceux-là.

Né le 25 décembre 1950 au Maroc, Serge Chiesa grandit loin des projecteurs qui entourent aujourd'hui les jeunes espoirs du football. Rien, dans ces origines lointaines, ne laissait deviner qu'il deviendrait l'un des visages les plus attachants de l'Olympique Lyonnais. Mais le football a cette manière particulière de tracer des chemins que personne n'aurait pu prévoir, et c'est à Lyon que le jeune Chiesa allait construire toute une vie.

Milieu de terrain élégant, technique, capable de faire circuler le ballon avec une justesse rare pour l'époque, Chiesa s'impose progressivement dans un effectif lyonnais qui cherche à exister face aux grandes places fortes du championnat. Il ne joue pas pour le prestige individuel. Il joue pour le maillot, pour le collectif, pour cette ville qui l'a vu grandir footballistiquement. Et c'est avec ce club qu'il va connaître les moments les plus marquants de sa carrière.

En 1973, l'Olympique Lyonnais soulève la Coupe de France. Chiesa fait partie de cette équipe qui écrit une des pages les plus belles de l'histoire du club, à une époque où la coupe nationale avait encore ce parfum d'exploit populaire, cette capacité à transformer des joueurs de l'ombre en héros d'un soir. La même année, le club s'offre également le Trophée des Champions. Deux trophées, une même saison, et un joueur qui contribue, brique après brique, à cette réussite collective sans jamais chercher à en tirer la lumière pour lui seul.

Puis vient la saison 1975-1976, celle qui restera comme le sommet de sa reconnaissance individuelle. France Football le désigne meilleur milieu de terrain du championnat. Dans un football français où les récompenses individuelles se comptent au compte-gouttes pour les joueurs qui ne portent pas les couleurs des plus grands clubs parisiens ou stéphanois, cette distinction a une valeur particulière. Elle dit que le talent, quand il est réel, finit toujours par être vu, même loin des projecteurs habituels.

Chiesa connaîtra aussi les couleurs de l'équipe de France, lui l'enfant né hors de l'Hexagone, symbole discret d'un football qui s'est toujours nourri de parcours multiples et de trajectoires venues d'ailleurs. Il ne sera jamais une vedette médiatique, jamais de ceux dont on tapisse les murs des chambres d'enfants. Mais dans les travées de Gerland, on connaissait son nom, on connaissait sa gestuelle, on savait ce qu'il apportait à une équipe qui cherchait encore sa place parmi les grands.

Le temps a fait son œuvre, comme il le fait toujours. Les projecteurs se sont détournés vers d'autres joueurs, d'autres exploits, d'autres légendes plus bruyamment célébrées. Serge Chiesa a continué sa route, discret, loin des paillettes, comme il avait toujours joué : sans esbroufe, avec sérieux, avec cette fidélité tranquille à un club qui restera à jamais associé à son nom.

Il y a quelque chose de profondément juste dans ces carrières qu'on redécouvre t**divement, presque par hasard, en tombant sur une ligne de palmarès ou une récompense oubliée. Chiesa n'a pas eu besoin de trophées internationaux retentissants pour marquer une époque. Il a suffi d'une Coupe de France, d'un Trophée des Champions, d'un titre de meilleur milieu du championnat, pour qu'un joueur devienne, pour toujours, une part de la mémoire d'un club.

Toi qui lis ces lignes, souviens-toi que le football ne garde pas seulement les noms qui brillent le plus fort, mais aussi ceux qui ont porté un club sur leurs épaules sans jamais réclamer qu'on les regarde faire.

Certaines gloires n'ont pas besoin de bruit pour rester éternelles.

Trente secondes. C'est le temps qu'il aura fallu à Bernard Lacombe pour entrer dans l'histoire du football français, un ...
08/31/2026

Trente secondes. C'est le temps qu'il aura fallu à Bernard Lacombe pour entrer dans l'histoire du football français, un soir de 1978 face à l'Italie. Le temps d'un souffle, d'une course, d'une frappe. Et son nom restait gravé pour toujours comme l'auteur du but le plus rapide jamais inscrit par un Français en équipe nationale.

Tout commence à Lyon, sa ville, son club de cœur, celui où tout footballeur rêve de percer quand il y est né. Lacombe y débute professionnel en 1969, aux côtés d'un certain Aimé Jacquet, coéquipier avant de devenir plus t**d sélectionneur des Bleus, champions du monde en 1998. Personne ne le sait encore, mais ce lien entre les deux hommes traversera les décennies et les vestiaires.

Le natif de la région lyonnaise grandit vite dans la cour des grands. Dès 1973, il honore sa première sélection avec la France, la même année où il inscrit un but en finale de Coupe de France avec Lyon. Le noyau de son destin se dessine déjà : un buteur discret, efficace, sans esbroufe, qui marque les matches qui comptent sans jamais chercher la lumière des projecteurs.

Puis vient la Coupe du monde 1978, en Argentine. Ce match contre l'Italie, ce but inscrit après seulement trente secondes de jeu, premier but du tournoi qui plus est, restera le sceau indélébile de sa carrière internationale. Il rejouera une Coupe du monde en 1982, ce tournoi de Séville et de la nuit tragique contre l'Allemagne que tout le pays porte encore en lui. Puis il soulèvera l'Euro 1984, ce trophée que la génération Platini offre enfin à la France.

Entre-temps, Lacombe change de maillot. Un bref passage à Saint-Étienne, le club des Verts, avant de filer à Bordeaux où il retrouve Aimé Jacquet, comme si le fil de leur histoire commune ne pouvait pas se rompre. Là-bas, il devient l'un des artisans majeurs d'un cycle doré : trois titres de champion de France, deux Coupes de France supplémentaires. Sa carrière se referme sur un total de 255 buts en Ligue 1, un chiffre qui fait de lui, encore aujourd'hui, le deuxième meilleur buteur de l'histoire du championnat français, juste derrière Delio Onnis.

Mais l'histoire de Bernard Lacombe ne s'arrête pas aux crampons raccrochés. C'est peut-être là, loin des terrains, que se joue le second acte le plus important de sa vie. Il retourne à Lyon, son club de toujours, et devient dès 1988 directeur technique, puis entraîneur à partir de 1996. Il façonne alors un Lyon capable de disputer sept saisons consécutives de Ligue des champions, une continuité rare dans le football français. Pendant vingt ans, il reste aux côtés du président Jean-Michel Aulas comme conseiller spécial, une voix discrète mais écoutée dans les grandes décisions du club.

C'est lui qui pousse à conserver ces jeunes Brésiliens venus tenter leur chance en Rhône-Alpes — Juninho, Edmílson, Cris, Caçapa, Fred — des noms qui deviendront les visages d'une décennie de domination lyonnaise. Sans bruit, sans revendication, Bernard Lacombe aura été de toutes les époques glorieuses de son club, joueur puis bâtisseur de l'ombre.

Il s'éteint le 17 juin 2025, à l'âge de 72 ans, laissant derrière lui une empreinte que peu de trajectoires peuvent égaler : un but historique en bleu, des titres en pagaille, et vingt années passées à construire un club sans jamais réclamer sa part de gloire.

Il y a des hommes qui marquent l'histoire en trente secondes, et qui passent ensuite quarante ans à la construire en silence.

Il y a des noms qui n'ont jamais eu besoin de quitter leur ville pour devenir immortels. Fleury Di Nallo est de ceux-là....
08/31/2026

Il y a des noms qui n'ont jamais eu besoin de quitter leur ville pour devenir immortels. Fleury Di Nallo est de ceux-là. Pendant quatorze ans, il a porté les couleurs de l'Olympique Lyonnais, et son nom reste aujourd'hui encore gravé au sommet du classement des buteurs du club.

Il naît le 20 avril 1943, à une époque où le football français se reconstruit lentement, où les stades sentent encore la poussière et la ferveur populaire. Très vite, son talent explose sous le maillot lyonnais. Dès sa première saison pleine avec le club, il inscrit 21 buts en 23 matchs de championnat, avec trois triplés à la clé, et ajoute quatre réalisations en six rencontres de Coupe de France. Un tel démarrage, dans le football des années 60, ne passe pas inaperçu.

Les supporters de Gerland lui donnent alors un surnom qui traversera les décennies : le petit prince de Gerland. Ce n'est pas un hasard si ce sobriquet évoque la royauté douce, presque intime — Di Nallo n'était pas un joueur qui écrasait le jeu par la force, mais un buteur qui semblait deviner l'espace avant tout le monde. Au total, il disputera 489 matchs sous le maillot rhodanien, pour 222 buts inscrits, dont 182 rien qu'en Division 1. Un chiffre qui, encore aujourd'hui, fait de lui le meilleur buteur de l'histoire de l'Olympique Lyonnais.

Sa sélection en équipe de France reste, elle, un souvenir à part. Le jour de ses débuts sous le maillot bleu, en 1962, il inscrit deux buts contre la Hongrie. Une entrée fracassante, gâchée seulement par le résultat : la France s'incline 3-2 ce soir-là. Il ne connaîtra que dix sélections entre 1962 et 1971, un total modeste au regard de son talent, comme si le destin avait décidé que Di Nallo appartiendrait avant tout à Lyon, et à Lyon seul.

Avec l'OL, il soulève trois Coupes de France, en 1964, en 1967 et en 1973. Trois trophées qui scandent une carrière entière de fidélité, à une époque où les grands noms du football français partaient chercher gloire et argent ailleurs. Lui est resté. Quatorze années sous le même maillot, cela ne s'improvise pas — cela se construit dans la durée, dans la confiance, dans un attachement rarement égalé depuis.

Sa vie après le football n'a pas été un long fleuve tranquille. Devenu propriétaire d'un magasin de sport à Lyon, il se retrouve en 1987 mêlé à une affaire de fraude à la carte bancaire, qui le conduit devant la justice et se solde par une condamnation en 1988. Une zone d'ombre que l'histoire retient, sans jamais effacer ce qu'il avait construit sur les pelouses.

Il ne quittera jamais vraiment le monde du ballon rond. De 2005 à 2008, il entraîne l'AS Misérieux Trévoux Club, avant de devenir conseiller sportif au FC Corbas en 2008. Une reconversion discrète, loin des projecteurs, à l'image d'un joueur qui n'a jamais couru après la lumière médiatique. En 2022, le magazine So Foot le classe 35e de son palmarès des 1000 meilleurs joueurs du championnat de France — une reconnaissance t**dive, mais méritée, pour un homme dont le nom avait presque disparu du grand récit national.

Fleury Di Nallo s'est éteint le 13 mai 2026, à l'âge de 83 ans. Avec lui disparaît un pan entier de la mémoire lyonnaise, celle d'une époque où un joueur pouvait devenir une légende sans jamais avoir besoin de changer de club.

Il n'a jamais eu besoin de la sélection nationale pour prouver sa grandeur. Il lui a suffi d'un stade, d'un maillot, et de quatorze années de constance pour devenir éternel.

Il avait signé un nouveau contrat, préparé une nouvelle vie, rangé ses valises dans une ville qu'il ne connaissait pas e...
08/31/2026

Il avait signé un nouveau contrat, préparé une nouvelle vie, rangé ses valises dans une ville qu'il ne connaissait pas encore. Il ne restait plus qu'à commencer. Michel N'Gom n'aura jamais eu ce début.

Né Abdourhamane N'Gom le 25 juin 1959 à Dakar, il quitte le Sénégal à quatre ans pour la France, avec sa mère, laissant derrière lui son père et son frère. Il grandit dans le quartier de Mazargues, à Marseille, confié à celle que l'on appelait "Avó Bebé Rocha", qui l'élève comme son propre enfant. C'est là, sur les terrains de l'AS Mazargues, que le jeune garçon découvre le football, sans savoir qu'il en ferait un jour son métier et, plus t**d, malgré lui, une légende silencieuse.

En 1976, il signe un contrat stagiaire à l'Olympique de Marseille. Un an plus t**d, il fait ses débuts en Division 1. Sept matches, un but : le début d'une histoire. Prêté à Toulon la saison suivante pour se former en Division 2, il y explose, avec trente apparitions et dix buts toutes compétitions confondues. De retour à Marseille, il s'installe durablement, inscrivant vingt-cinq buts en championnat sur deux saisons. Un attaquant qui grandit, qui apprend, qui commence à compter.

En 1981, le Paris Saint-Germain vient le chercher. Trois saisons parisiennes, quatre-vingt-dix matches, vingt-six buts. Il remporte la Coupe de France en 1982 puis en 1983, et termine meilleur buteur du club, toutes compétitions et en championnat, lors de la saison 1983-84. Il porte aussi les couleurs de la France en Espoirs, disputant une rencontre à l'Euro Espoirs 1982. Un joueur solide, discret, qui monte les marches une à une, sans tapage.

Juillet 1984. N'Gom signe pour l'AJ Auxerre, sous la direction de Guy Roux. Un nouveau chapitre s'ouvre, une nouvelle ville, un nouveau vestiaire à apprivoiser. Roux lui accorde quelques jours de repos avant la reprise. N'Gom en profite pour remonter à Paris. C'est en revenant, au volant d'une voiture de location, qu'il roule ce dimanche 12 août 1984, en direction de Perrigny, à quelques encablures de son domicile. Il est 13h45. La route est droite, sans danger apparent. Un tracteur surgit au milieu de la voie. La collision est inévitable. La voiture percute un poteau électrique. Michel N'Gom meurt sur le coup, à vingt-cinq ans, à quelques centaines de mètres de chez lui.

La nouvelle frappe le football français comme un coup de poing. Francis Borelli, alors président du PSG, ne trouve presque pas les mots : "C'est affreux, je ne sais pas quoi dire. J'ai un chagrin immense. C'est un drame et je n'arrive pas à y croire, Michel était un garçon très gentil. Trouver une mort aussi horrible à vingt-cinq ans, c'est terrible." À des milliers de kilomètres, à Los Angeles, l'équipe de France olympique vient de remporter la médaille d'or. Jean-Claude Lemoult racontera, des années plus t**d, avoir appris la nouvelle au moment même où l'on tentait d'organiser la photo souvenir de l'équipe. "C'était un choc, impossible de sourire pour le cliché dans ces circonstances", confiera-t-il en 2010.

Ses funérailles se tiennent à Conches-sur-Gondoire. Le PSG se déplace en nombre. Trois joueurs parisiens, Luis Fernandez, Dominique Rocheteau et Boubacar Sarr, portent son cercueil sur leurs épaules. Borelli prend la parole pour honorer sa mémoire, devant un groupe encore incrédule, encore incapable de comprendre comment un si jeune homme, promis à tant, avait pu disparaître un dimanche après-midi sur une route sans histoire.

Il n'aura jamais porté le maillot de l'AJ Auxerre en match officiel. Il n'aura jamais eu le temps de découvrir cette nouvelle vie qu'il venait à peine de choisir. Il ne reste de lui que des chiffres, des buts, deux Coupes de France, et le souvenir de ceux qui l'ont porté en terre. Certaines carrières ne s'arrêtent pas, elles sont arrachées.

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