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DJOSSOPE : Une soirée scintillante à la case des Daltons Ayant dompté la fatigue d’une longue journée de marathon, j’ai ...
17/01/2024

DJOSSOPE : Une soirée scintillante à la case des Daltons

Ayant dompté la fatigue d’une longue journée de marathon, j’ai fait le choix quelque peu niais d’aller à la Case des Daltons. L’exposition”DJOSSOPE”, en français “Origine” s’est fait découvrir riche en percussions, performance et en présentation d’«artefacts anciens des ethnies fon, ewe et wati». Le collectionneur et artiste plasticien Nouwavi Kokou D’Alexandre a su dévoiler au public sa collection de «fétiches» comme il les appelle lui-même. Il était important pour lui de préciser le distinguo entre divinité et fétiche.

Excepté les percussions qui introduisaient la solennité de l’exposition, il y avait la performance de Ras Sankara Agboka qui a plongé l’espace dans un silence où se débattaient les flashes des appareils photo et les respirations haletantes. La performance de Ras Sankara, c’est d’abord une minute de silence, c’est une lumière de lampion tenue par une main qui finit dans le noir des coulisses. La performance de Sankara c’est se parer de rouge et de blanc. Ras Sankara c’est aussi l’homme sans visage, c’est l’homme au masque. Il est, Ras Sankara, cet homme qui porte les marques physiques, psychologiques et morales d’un passé tortionnaire. La performance de Ras c’est surtout des paroles sans mot ; c’est le vacarme sourd du corps aux mille bouches, aux mille pores, aux mille cicatrices.
La performance de Ras, pour finir, ce sont les deux clochettes qui retentissent par intermittence.

Merci à ceux qui m’ont permis de me sentir entouré😌
Wody Yawo
Clay Apenouvon
Dodji Efoui
Eugène
Da Kwami Da Costa
Cocou

26/12/2023

Ce qui s’est passé à Bandjoun ne restera pas à Bandjoun.

Il y a plusieurs sujets autour desquels des discussions et même les plus houleuses ont été menées. Entre autres, je me rappelle encore le brouhaha que les sujets suivants occasionnaient : « l’artiste est-il un intellectuel? » et « L’artiste a-t-il besoin du curateur? ». Le premier a fait couler plus de salive que le deuxième. Que dis-je? Peut-être au même titre que le deuxième. Mais je m’intéresserai volontiers au deuxième que je trouve plus sensible dans le monde de l’art aujourd’hui.

L’artiste a-t-il besoin du curateur? Autrement dit entre l’artiste et le curateur, qui a plus besoin de l’autre?

Autour de la table à la résidence à Bandjoun, on était au nombre de 15. Il y avait les 12 résidents d’Artméssiamé et 3 résidents béninois. En clair les panélistes étaient constitués de 5 curateurs et 11 artistes plasticiens. Ce n’est pas tout à fait équilibré.

Les artistes tout de go pensaient que l’artiste n’a pas besoin de curateur. Les curateurs à leur tour rappelaient aux artistes qu’ils sont indispensables sinon à quoi bon un curateur? Cette chaude et franche discussion au cours de laquelle nous étions amenés à définir le curateur et son rôle a permis d’abord aux artistes d’exprimer leurs malaises en travaillant avec des curateurs tout le temps possessifs et autoritaires, et ensuite aux curateurs de signifier aux artistes qu’ils ont leur mot à dire dans une scénographie, au montage et au vernissage. C’est évident qu’il y a un contentieux entre l’artiste et le curateur à propos de « qui fait quoi ».

L’artiste n’a pas besoin du curateur mais d’une curation

J’ai toujours pensé pour ma part que la curation est comme la mise en scène au théâtre. Il me semble faisable de comparer l’artiste au dramaturge et le curateur au metteur en scène. ELIE DURING,
DOMINIQUE GONZALEZ-FOERSTER,
DONATIEN GRAU et
HANS ULRICH OBRIST dans « Qu’est-ce que le curating? » me donneront raison après. Le metteur en scène est un créateur tout comme le curateur. Le curateur est un artiste et se permet de faire de l’artiste et de son œuvre sa matière. C’est là que le problème se pose. L’artiste ne veut pas se faire voler la vedette. Il trouve en le curateur, un imposteur, un épervier qui vient enlever ses poussins, sinon un dictateur qui vient dénaturer sa création. Sur ce je partage les craintes de l’artiste. Je propose ainsi au curateur d’offrir une curation à l’artiste et à l’artiste de comprendre qu’il a besoin d’une curation et non d’un curateur. Cela dit, l’artiste peut assurer la curation de son exposition. Mais au moment où il sent le besoin d’une voix autre que la sienne, il doit comprendre qu’il n’est plus habileté à exercer l’art de la curation. Il ne peut que suggérer. Les suggestions auront forcément un impact dans le curating.




Ferdinand Makouvia
Juliette Delecour
Zoé Monti
Komlan Daniel
Elotodé Sokpoh
Vita
Kwami Da Costa
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