05/01/2026
La Tortue aux Bassines
Elle avance lentement,
mais elle porte le monde.
Sa carapace est faite de bassines,
ces bassines que l’on croit banales,
mais qui connaissent tout :
l’eau puisée à l’aube,
les enfants lavés avant l’école,
les vêtements frottés à la force des bras,
les ustensiles rincés après la nuit.
Dans cette œuvre, la tortue n’est pas un animal.
Elle est femme.
Femme africaine.
Femme debout.
Ses pieds roulent, non pas pour fuir,
mais pour continuer malgré la fatigue.
Jour et nuit, elle avance.
Silencieuse, constante, essentielle.
La bassine est ici une carapace :
elle protège,
elle conserve,
elle reflète les couleurs de la vie,
les reflets d’une dignité trop souvent invisible.
Objet simple, usage universel,
outil mondial des femmes africaines,
la bassine devient mémoire,
devient hommage,
devient sculpture.
Cette tortue raconte l’effort,
le temps long,
la patience,
la force douce mais inépuisable.
Un tabouret pour se reposer,
mais surtout une œuvre pour se souvenir :
👉 que l’Afrique tient debout
grâce aux femmes qui portent sans bruit.
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