19/04/2026
L’association MATATIKI s’associe à l’hommage rendu au Père François Zewen, dont le travail remarquable a contribué à la connaissance de la langue marquisienne, te èo ènana.
📖 Son ouvrage « Le parler de Nuku Hiva » demeure une référence précieuse pour la langue et la culture des Îles Marquises.
👉 Nous vous invitons à découvrir l’hommage complet dans la publication ci-dessous.
🔥 Huie ! Huia !
🕊️ Hommage au Père François ZEWEN 1938-2026
📕 Auteur de l'ouvrage "Le parler de Nukuhiva" paru aux éditions Haere Po
🇧🇪 Né le 11 novembre 1938 dans le grand-duché de Luxembourg, François Zewen a fait ses études secondaires en Belgique ; il étudia la théologie au Grand Séminaire de Luxembourg puis les langues austronésiennes à l'Université de Hambourg où il obtint en 1977 un doctorat en philosophie.
🇫🇲 En effet, dès 1968, F. Zewen avait quitté l'Europe pour l'Océanie : il professa d'abord en Micronésie dans l'enseignement secondaire catholique des îles Marshall, puis se lança dans la recherche linguistique et traduisit la Bible : il travailla aussi pour la Conférence des Églises du Pacifique (P.C.C.) et dirigea de 1980 à 1983 le Centre de recherche des Églises du Pacifique à Port-Vila.
🌊 À ce titre, il parcourut le Grand océan, responsable de plusieurs conférences et d’ateliers — tant sur des sujets d'Église que sur des questions linguistiques : chargé d'assurer la traduction simultanée et spontanée aux réunions du P.C.C., il donna à maintes reprises des cours pour la formation d'interprètes locaux, en particulier à Tahiti.
🏝️ À la demande de Mgr Le Cleac'h, alors évêque de Taiohae, le Père Zewen quitta la Mélanésie et séjourna de mai 1983 à mars 1987 aux Marquises pour écrire le premier manuel de la langue de ces îles polynésiennes, publié à Tahiti en octobre 1987.
📕 Revu et corrigé en 2014 et 2016, ce manuel reste un ouvrage magistral, un véritable cours de langue marquisienne.
📘 Parmi ses autres publications, on peut noter Texte von den Marshallinseln, Afrika und Uebersee, 1974/75 ; The Marshallese language, a study of its phonology, morphology and syntax et Untersuchungen der verbalen Suffixe des Ponape, in Gava (Studien zu austronesischen Sprachen und Kulturen, 1977), Einführung in das Altjavanische (2001) ; Phonologie der austronesischen Sprachen et Ausgewählte austronesische Schriftsysteme (2004); Grammatik des Altjavanischen (2007).
Le père François était titulaire de la chaire d'austronésien à l'Université de Hambourg, berceau depuis 1912 de l'idée d'une langue austronésienne… parlée de Madagascar à l’île de Pâques, de Nouvelle-Zélande à Hawai‘i en passant par l'Asie du Sud-Est.
✍️ Le père Zewen est entré dans la vie des éditions Haere Pō en entrant dans la salle des profs du collège Pomare IV en 1987, me tendant son Introduction à la langue des îles Marquises avec quelques dessins ; il avait frappé son manuscrit sur une machine à écrire à boule IBM — une boule toute spéciale avec des caractères linguistiques spéciaux fabriqués à l’Université de Hawai’i… Pourquoi venir de l’Évêché à Pomare IV avec une telle proposition ? Je ne l’ai jamais su. Mais ce Parler de Nukuhiva allait bouleverser nos éditions.
📕 D’abord, l’ouvrage du père Zewen allait devenir notre premier livre informatique en passant des caractères métalliques gravés aux caractères numériques ; des glyphes digitaux furent créés tout spécialement pour cet ouvrage dans l’ancien local Sigma, dans la Maison blanche des Faugerat, toute proche du premier lieu de stockage de nos livres, l’ancien Grand Hôtel… La première édition, en octobre 1987, rappelle cette histoire de l’informatique : texte saisi sur Macintosh Plus grâce au logiciel Mac Write, pré-maquette tirée sur Laser Writer… c’étaient les débuts de la publication assistée par ordinateur !
✍️ Ensuite, quelle couverture pour un tel livre ? Nous ne pouvions que la demander à Bobby Holcomb ; un seul coup de fil pour expliquer : le premier livre ‘informatique’ pour Haere Pō, le thème, la langue marquisienne.
✍️ Il en fit un tableau génial (devenu le logo de nos éditions) : écran avec fente pour de futures disquettes préhistoriques, clavier proche d’un piano électrique et quelqu’un aux tatouages marquisiens bien visibles, aux écouteurs branchés – tout était dit, 171 pages en un seul coup d’œil ! Génial.
⚖️ Bobby avait su saisir cette harmonie possible, c’est-à-dire nécessaire et souhaitable, entre la culture traditionnelle et la technologie moderne enchâssée dans le même cadre.
🇱🇺 Mais revenons au père Zewen. Ce n’est que petit à petit que nous avons découvert ce prêtre luxembourgeois devenu le spécialiste des langues micronésiennes et polynésiennes, mais aussi de l’austronésien, leur ancêtre des ‘îles du Sud’.
🌊 D’un des plus petits États européens au Grand océan… de la langue originelle au départ des grandes migrations à celle des Marquises habitées depuis une dizaine de siècles, la vie et l’œuvre du père Zewen sont à la fois l’illustration de sa curiosité et l’exemple de la nôtre.
😜 En clin d’œil, la dédicace écrite en luxembourgeois par le père Zewen en 1987 rappelle que cette langue faisait partie d’une grande famille linguistique, le francique rhénan. En voici la traduction ; « … sans votre aide, le livre ne serait pas aussi beau »…
Denise et Robert Koenig des éditions Haere Po