21/02/2026
Mise au point.
Parmi les centaines de tatouages que j’ai créés au cours de ma carrière, ceux-ci ont été réalisés il y a plus de treize ans.
À cette époque, cela faisait déjà dix ans que je développais et perfectionnais ce style - un style entièrement imaginé et construit par moi, né d’une vision claire : proposer un tatouage polynésien féminin, élégant, pensé pour les femmes modernes.
Il n’existait pas avant.
Je me souviens des critiques.
Elles venaient de certains tatoueurs, ici a Tahiti, qui jugeaient cette approche trop différente, trop nouvelle, pas assez traditionnelle.
Le temps a fait son œuvre.
Aujourd’hui, ce style est devenu intemporel ET néo-traditionnel, puisque des milliers de vahine de Polynésie le portent.
La demande est forte.
Il s’est diffusé ici et ailleurs dans le monde.
Et ceux-là mêmes qui le critiquaient le proposent désormais à leurs clientes.
J’en souris.
Car mieux vaut en sourire qu’en faire un combat.
Ce qui m’étonne davantage, c’est que beaucoup - notamment parmi la jeune génération de tatoueurs locaux et de nombreux tatoueurs occidentaux - pensent qu’il s’agit simplement du “style tahitien féminin”, comme s’il avait toujours existé.
Peu connaissent son origine.
Peu connaissent l’histoire.
Créer est rare.
Faire évoluer un langage artistique l’est encore plus.
Aujourd’hui, beaucoup reproduisent ou mélangent. Peu inventent.
Alors oui, lorsque vous réalisez ce style sur vos clientes, vous faites du Manu Farrarons.
Et cela aussi fait partie de l’histoire.
Ma véritable satisfaction, en tant qu’artiste, n’est pas là.
Elle est d’avoir laissé une empreinte dans l’esthétique polynésienne contemporaine.
D’avoir créé des standards.
D’avoir ouvert une voie.
Aujourd’hui, je ne montre plus mon travail, ni mes idées, ni les nouvelles voies que j’explore.
Je travaille uniquement sur des projets que je sélectionne personnellement.
Mes clients sont des collectionneurs, des amateurs éclairés de mon travail, des personnes qui traversent les océans pour porter ma vision, toujours en constante évolution.
Montrer mes dernières créations sur les réseaux serait les livrer à l’exposition publique dans une industrie où l’honneur et la morale se font de plus en plus rares.
Le reste appartient au temps.
- Manu Farrarons