21/09/2021
🟢🟡🔴22 Septembre 1960 -22Septembre 2021
Ancienne colonie française du Soudan français, le Mali est devenu indépendant le 22 septembre 1960, après l'éclatement de la fédération du Mali regroupant le Sénégal et la République soudanaise. Sa devise est « un peuple, un but, une foi » et son drapeau est constitué de trois bandes verticales verte, jaune et rouge.
La république du Mali a conservé les frontières héritées de la colonisation, celles du Soudan français. Antérieurement, plusieurs royaumes et empires se sont succédé, englobant une partie plus ou moins importante du Mali actuel et des pays limitrophes.
Avec 20 millions de résidents, la population malienne est constituée de différentes ethnies, dont les principales sont les Bambaras, les Bobos, les Bozos, les Dogons, les Khassonkés, les Malinkés, les Miniankas, les Peuls, les Sénoufos, les Soninkés (ou Sarakolés), les Sonrhaïs, les Touaregs, les Toucouleurs. Le français est la langue officielle, mais la population parle majoritairement les langues nationales, le bambara étant la plus utilisée et servant, parallèlement au français, de langue véhiculaire.
Avec une économie essentiellement rurale, le Mali, pays enclavé, fait partie des pays les moins avancés sur le plan du développement socio-économique[6].
Le pays fait partie de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Union africaine. Depuis 2012, le Mali est la cible d'attaques djihadistes et est confronté à des conflits communautaires.
Sa capitale est Bamako, dont l'aire urbaine compte 2,529 millions d'habitants en 2019.
La république du Mali tient son nom de l'ancien empire du Mali fondé par Soundiata Keïta au xiiie siècle et qui a connu son apogée au xive siècle.
En 1959, les deux colonies françaises du Soudan français et du Sénégal fondent la fédération du Mali qui obtient son indépendance. Lors de l'éclatement de cette fédération, les Soudanais conduits par Modibo Keïta, déclarent leur indépendance et donnent à leur pays le nom de république du Mali. Le projet d'un retour de la fédération du Mali n'est toujours pas abandonné, le Mali étant un pays enclavé, le Sénégal étant son accès à la mer. Mais pour accepter de reconstituer cette fédération et ré-acquérir un accès direct à la mer, l'ensemble politique devrait être une république fédérale, constituée sur le modèle Allemand. Depuis des années, les discussions sont au point mort.
En 1339, Angelino Dulcert, cartographe de la très réputée école majorquine de cartographie, signale le Mali sur l'un des tout premiers portulans connus[8].
Cinq empires ou royaumes importants s'y succédèrent : l’empire du Ghana, l’empire du Mali, l’Empire songhaï, le royaume bambara de Ségou et l'empire peul du Macina. Son économie reposait sur l’agriculture, l’élevage et le commerce transsaharien avec les peuples d’Afrique du Nord intéressés par l’or, le sel et les esclaves mais aussi la culture. À son apogée l’Empire s’étendait de l’Atlantique au Nigeria et du Nord de la Côte d’Ivoire au Sahara.
De 1960 à aujourd'hui, après l'indépendance
Le 20 août 1960, deux mois après le départ de la puissance coloniale, le Sénégal se retira de la fédération du Mali et proclama son indépendance. Le 22 septembre 1960, la République soudanaise proclama à son tour son indépendance sous la conduite de Modibo Keïta, tout en conservant le nom de Mali ; le Sénégal s’étant déjà retiré et l’indépendance de la fédération par rapport à la France datant de juin, cette proclamation ne vaut dans les faits que reconnaissance de l’indépendance sénégalaise et de la fin de la fédération du Mali et est le premier jour d’application de la constitution de la république du Mali.
En 1968, Modibo Keïta fut renversé par un coup d'État conduit par un groupe d'officiers ayant à leur tête le lieutenant Moussa Traoré, qui instaura une dictature. Le 26 mars 1991, celui-ci fut renversé à son tour par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré. Après une période de transition, ce dernier instaura la démocratie avec l'élection d'Alpha Oumar Konaré en 1992, qui sera réélu en 1997.
En 2002, le général Amadou Toumani Touré, qui avait pris sa retraite de l'armée pour se présenter, fut élu président de la République du Mali, et réélu en 2007. Le 22 mars 2012 Amadou Toumani Touré fut renversé par un putsch, mené par le capitaine Amadou Haya Sanogo. Après une transition, Ibrahim Boubacar Keïta fut élu président de la République en septembre 2013 puis sera réélu en 2018 au terme d'une élection contestée. Le 18 août 2020, celui-ci fut renversé par un coup d'État militaire.
2012-2021, des conflits croisés Modifier
Article détaillé : Guerre du Mali.
De janvier à avril 2012, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), allié aux groupes Ansar Dine, Mujao et Aqmi, mena des attaques sur les camps militaires maliens et les villes situés dans les régions de Gao, de Tombouctou et de Kidal, remettant en cause l'unité territoriale du Mali dont l'armée fut mise en difficulté.
Le 22 mars 2012, le gouvernement fut renversé par un coup d'État conduit par de jeunes militaires dénonçant son incapacité à gérer le conflit sévissant au nord du pays,L’unité politique du pays était ainsi plus que jamais menacée ,Ces soldats mutins dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo prirent le contrôle de la présidence, puis annoncèrent la dissolution des institutions et la suspension de la Constitution ; et ceci, à un mois de l'élection présidentielle. Ce coup d'État entraîna le départ forcé d'Amadou Toumani Touré et la mise en place d'un couvre-feu temporaire. Les violences qui suivirent le renversement du pouvoir eurent pour conséquence la mort d'une personne et une quarantaine de blessés.
Le 1er avril 2012, la rébellion touareg, constituée du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et de plusieurs mouvements salafistes dont Ansar Dine, Mujao et Aqmi, gagna le contrôle sur les trois régions situées au nord du Mali. Le MNLA réclamait l'indépendance de l'Azawad tandis qu'Ansar Dine souhaitait imposer la charia. Les deux mouvements revendiquaient le contrôle des principales villes.
Le 4 avril, le MNLA décida unilatéralement la fin des opérations militaires à compter du 5 avril à minuit (TU).Deux jours plus t**d, le 6, le MNLA proclama l'indépendance de l'Azawad.
La proclamation de l'indépendance de l’Azawad par les Touaregs du MNLA fut condamnée de façon catégorique par les différents partis maliens ainsi que par l’Union africaine et la communauté internationale ; ces partis affirmaient que l’intégrité territoriale du Mali n’était pas négociable et souhaitent que le MNLA revienne à la raison, de gré ou de force.
Le 27 juin, le Mujao chassa le MNLA de Gao lors du premier combat de Gao. En novembre, le MNLA lança une contre-offensive qui fut cependant repoussée près d'Ansongo par les forces d'Aqmi et du Mujao. Après un premier échec, au combat de Tagarangabotte, les islamistes prirent l'avantage lors de la bataille d'Idelimane. Le 19 novembre, Ménaka fut conquise.
Le 15 novembre 2012, François Hollande, président français, reçut le président nigérien à l'Élysée pour discuter une intervention française et la protection des exploitations française des mines d'uranium, au Niger, à la frontière avec le Mali[15],[16].
Le 11 janvier 2013, devant la progression des groupes djihadistes au-delà de la ligne de cessez-le-feu et la prise de la localité de Konna, verrou stratégique dans la marche sur Bamako, l'état d'urgence fut déclaré dans le pays.À la suite de la demande du président du Mali par intérim Dioncounda Traoré, le Tchad vint au secours du Mali avec un nombre important de militaires. Ensuite la France sollicita l'accord de l'ONU pour déclencher une intervention militaire (opération Serval) de libération du pays.Dans un premier temps, les djihadistes reculent. À la suite de cette reconquête, il a été décidé de substituer l’opération Barkhane à l'opération Serval, pour sécuriser la bande sahélo-saharienne, avec la mission d’empêcher la reconstitution de sanctuaires terroristes. Le nouveau dispositif fut officiellement lancée le 1er août 2014.Mais la situation resta très précaire, avec de nombreuses attaques djihadistes.Les conflits communautaires persistèrent, occasionnant des centaines de morts, particulièrement dans la région de Mopti.En 2018, l'armée française a poursuivi ses opérations et particulièrement dans le Liptako Gourma, une zone entre le centre du Mali, le sud-ouest du Niger et le Burkina Faso.
Durant la deuxième moitié des années 2010, les djihadistes s'adaptèrent à une guerre asymétrique : il se terrèrent, procédant par attaques surprises et par des attentats, tout en utilisant les ressentiments locaux et les conflits intercommunautaires. Un piège se referma progressivement sur les troupes françaises, de plus en plus critiquées localement : poursuivre le combat avec un risque d’enlisement et de compromission ou se retirer.
En 2020, dans un contexte d'élections législatives contestées et de manifestations massives menées par le M5-RFP,le président Ibrahim Boubacar Keïta est arrêté par des mutins et démissionne sur les ondes de l'ORTM, à minuit le 19 août 2020. Quelques heures plus t**d, le Comité national pour le salut du peuple prend le pouvoir. Il est présidé par Assimi Goïta et dispose des services d'Ismaël Wagué comme porte-parole.Ce coup d'État est condamné de manière unanime par la communauté internationale.
Le 24 mai 2021, le Président de transition Bah N’Daw, ainsi que le Premier ministre de transition, Moctar Ouane, sont interpellés et conduits sous escorte militaire à Kati.Le lendemain, le colonel Assimi Goïta démet le président de transition Bah N'Daw et le premier ministre de transition Moctar Ouane de leurs fonctions.
Le Mali est une république avec un parlement unicaméral. Le pouvoir exécutif est représenté par le président et son gouvernement. Le pouvoir législatif par l'Assemblée nationale. La plus haute autorité judiciaire est la Cour suprême.
La démocratie a été instaurée en 1991, après le coup d'État d'Amadou Toumani Touré contre le régime dictatorial du Général Moussa Traoré, à la suite de révoltes populaires. Mais elle reste très fragile, avec soit des difficultés importantes lors des élections, notamment lors des élections présidentielle et législatives de 1997, soit des renversements du président en exercice (en 2012, 2020 et 2021). Ajoutons que la faible participation électorale et la non-compréhension par une partie importante de la population des enjeux électoraux fragilisent cette démocratie.
Depuis l'indépendance du Mali, neuf chefs d'État se sont succédé (mais seulement trois d'entre ont été élus de manière démocratique) :
Modibo Keïta, entre 1960 et 1968, renversé par un coup d'État ;
Moussa Traoré, de 1968 à 1991, renversé par un coup d'État ;
Amadou Toumani Touré, président du Comité transitoire pour le salut du peuple (CTSP) 1991-1992 ;
Alpha Oumar Konaré, élu en 1992 et réélu pour un second mandat en 1997 ;
Amadou Toumani Touré, élu en 2002 et réélu lors de l'élection présidentielle du 29 avril 2007 avec 70,88 % des voix (1 622 579 suffrages exprimés) contre sept autres candidats dont l'ancien président de l'Assemblée nationale Ibrahim Boubacar Keïta (19,08 %) ;
Amadou Haya Sanogo renverse Amadou Toumani Touré et devient président du CNRDRE la junte militaire qui prend le pouvoir par un coup d'état militaire dans la nuit du 21 au 22 mars 2012[29].
Dioncounda Traoré prend la tête de la transition à la suite du renversement d'Amadou Toumani Touré (ATT) par le CNRDRE et l'abandon du pouvoir par la dite junte.
Ibrahim Boubacar Keïta est élu président le 11 août 2013 avec 77,6 % des voix contre 22,4 % pour Soumaïla Cissé.Il est arrêté par des militaires putshistes le 18 août 2020[32], et démissionne le lendemain, en l’annonçant à la télévision nationale.
Assimi Goïta en tant que président du CNSP la junte militaire qui a renversé Ibrahim Boubacar Keîta le 18 août 2020;
Bah N'Daw après avoir été designé par le CNSP Président de la Transition le 21 septembre 2020 puis renversé par un coup d'État;
Assimi Goïta (Vice-président) de facto président de la transition après l'arrestation et la démission du Premier Ministre Moctar Ouane et du président de la transition Bah N'Daw par Assimi Goïta le lundi 24 mai 2021 et le mardi 25 mai 2021.
Ordres et décorations
Ordre national du Mali ;
Ordre du Mérite agricole ;
Ordre du Mérite de la santé.
Le Mali a su conserver les éléments importants de ses cultures traditionnelles. Les griots (ou « Djéli ») exercent toujours leurs fonctions de musiciens-poètes transmettant l’histoire du pays et des hommes sur plusieurs générations. Bakary Soumano, chef des griots du Mali de 1994 à 2003, a contribué à réhabiliter les fonctions du griot dans la société moderne.
L’artisanat du Mali est très riche, il varie d’une région à une autre, d’une ethnie à une autre.
Le français est la langue officielle, mais la plus utilisée est le bambara qui est parlé par plus de 50 % de la population. Cette dernière, ainsi que douze autres (bobo, bozo, dogon, peul, soninké, songhaï (ou songoy), sénoufo-minianka, tamasheq, hassanya, khassonké, mandinka et le maninkakan) sont reconnues par l'État comme des langues nationales.
Le recensement de 1987 a enregistré la langue parlée par les personnes de plus de six ans. Le bambara arrive largement en tête (38,3 %), suivi du peul (11,7 %), du dogon (6,9 %), du songhaï (6,3 %) et du soninké (12,3 %).La connaissance du français a également beaucoup progressé. En 1960, 66 000 Maliens savaient lire et écrire en français. En 1985, ils étaient 564 000. En 2009, ils étaient 2,2 millions.
Les régions du Mali de Gao, Kayes, Kidal, Koulikoro, Mopti, Segou, Sikasso et de Tombouctou sont membres de l'Association internationale des régions francophones.Le Mali est membre de l'Assemblée parlementaire de la francophonie ainsi que de l'Organisation internationale de la francophonie.
Parmi les grands écrivains maliens : Amadou Hampâté Bâ et Seydou Badian Kouyaté.
Les mélodies traditionnelles, autrefois jouées sur la kora, continuent d'alimenter la musique d'aujourd'hui via des interprètes dignes descendants des griots tels que Mamadou Diabaté, Ganda Fadiga, Toumani Diabaté, Babani Koné, Amy Koita. Parmi les non-griots, on peut également citer Salif Keïta, Ali Farka Touré, Khaira Arby, Vieux Farka Touré, Boubacar Traoré, Rokia Traoré, Oumou Sangaré et Samba Touré.
La diversité de la musique malienne met en valeur la diversité culturelle du Mali. On peut ainsi trouver différents styles musicaux comme les chansons de chasseurs, la musique du wassoulou, les griots, etc.[65]
Les instruments utilisés sont essentiellement le n'goni, la kora, le balafon, le dum dum.
La musique malienne est surtout connue à travers des célébrités comme Amadou et Mariam Bagayogo, le « couple aveugle » qui a créé Beaux dimanches (Le dimanche à Bamako…), Ali Farka Touré le deux fois nommé aux Grammy Awards, la diva de Tombouctou Khaira Arby, Salif Keïta, Habib Koité, Samba Touré, héritier de la musique d'Ali Farka Touré, Mama Sissoko qui fut plagié par le célèbre chanteur américain Carlos Santana et dont l'affaire fut portée devant la justice américaine en 2005, Oumou Sangaré, Oumar Koïta, qui est naturalisé allemand, ou encore Mokobé, jeune Malien de France qui a su s'imposer dans le milieu du rap tout en n'oubliant pas ses racines et en collaborant avec plusieurs artistes africains. Ballaké Sissoko œuvre par ses collaborations avec des musiciens européens comme le violoncelliste Vincent Ségal ou le pianiste Ludovico Einaudi au rayonnement de la kora et de la culture malienne.
La musique dogon est bien souvent l'oubliée de ce patrimoine très riche. Cette musique dogon est diverse et variée. Elle est étroitement associée aux différents rites : mariages, funérailles, etc. Après Kadja Lélé, la vétérane, la jeune chanteuse Déné Issébéré est l'emblème de cette culture musicale dogon aussi bien au Mali qu'en dehors des frontières maliennes.
La musique touareg est appréciée au-delà des frontières maliennes, notamment le blues touareg ; elle est représentée entre autres par le groupe Tinariwen, initiateur et leader de ce courant musical.
Le reaggaeman Koko Dembélé a composé beaucoup de titres en langue dogon.
Cinéma
Le cinéma malien est connu notamment à travers le travail de Souleymane Cissé et de Cheick Oumar Sissoko.
Le cinéma numérique ambulant est présent au Mali.
Médias:
Article détaillé : Médias au Mali.
Les médias au Mali sont constitués par la presse écrite (en français et quelques journaux en langues nationales), par la radio de proximité, par la télévision, ainsi que par plusieurs services liés (satellite, câble, internet).
Les journaux sont concentrés dans la capitale Bamako ou dans les grandes villes régionales. Le réseau des radios libres croit à grande vitesse. Ces radios atteignent la grande majorité de la population en diffusant des émissions dans les langues locales. L'accès à internet se développe tant au niveau de l'extension des infrastructures, de la réduction des coûts et de la familiarisation des usagers aux outils les plus courants. On note plusieurs collaborations de sites internet avec des journaux, des radios et des télécentres communautaires.