26/04/2019
« Les Héros sont fatigants » de Claude Frisoni (VU au TNL – jusqu’au 9 mai). C’est d’abord une farce : nous voilà face à un trio de pieds nickelés fossilisés dans le bon vieux temps de leur combat marxiste-léniniste-maoïste contre l’ogre capitaliste. L’âge les a rattrapés : Léo sur son fauteuil roulant, Marius et sa prostate exigeante, Rémy et sa tête aléatoire. Ils préparent un dernier coup d’éclat : faire sauter une bombe dans un hôtel de luxe, enlever un des suppôts de l’oppression capitaliste. Mais les choses tournent mal. La farce devient tragédie ! C’est un vrai plaisir de retrouver, ainsi décalée, toute la logorrhée militante de l’époque. Ainsi que le jeu sur les mots qu’affectionne Claude Frisoni. Jacques Schiltz réussit une mise en scène dont les idées et le rythme se conjuguent à ceux du texte de Claude Frisoni. Sa direction d’acteurs, ses idées scénographiques épaississent et lient la sauce du propos. Il est vrai que Claude Frisoni, Bernard Graczyk et Denis Jousselin campent un trio de branques réjouissants. En contraste, Raoul Schlechter, l’otage, les ramène douloureusement au réel (photo Bohumil Kostohryz) (www.tnl.lu)