11/04/2023
Mon dernier bulletin littéraire
Sans trop d’illusions, mais avec l’espoir que tout allait s’améliorer peu à peu, nous avions cru qu’après avoir surmonté l’épidémie de Covid, nous entrerions dans une période de calme et de réparation. Et puis… Et puis… De nouvelles élections, suivies par une menace de lois plus infâmes les unes que les autres, nous ont poussés dans la rue. Moi, qui n’apprécie pas les grands rassemblements, me suis retrouvée à scander des slogans une à deux fois par semaine dans des groupes de tailles variées. Des plus petits — une quinzaine de piétons agitant des drapeaux sur une passerelle au-dessus de l’autoroute, salués par des klaxons de voitures et de semi-remorques —, jusqu’aux plus considérables — deux cent mille personnes au centre de Jérusalem ou de Tel-Aviv.
Le texte s’est donc écrit sans heurt, avec mon expérience sur le terrain comme inspiration, lorsque Thibault nous a proposés un Intermède cacophonique.
Merci à
Alors voici, sans plus tarder, une courte nouvelle, sorte d’instantané de manifestation.
Dans la rue
Que dirons-nous à nos enfants ? Démocratie, démocratie… !
Tout autour de moi, des milliers de drapeaux blanc et bleu. Des centaines de milliers, m’a dit papa. Je crie et m’efforce de tenir mon drapeau bien droit, même si j’en ai mal aux épaules. Devant moi, mon frère a collé contre sa poitrine une pancarte : obligation de résistance. Papa lui a expliqué que c’était le bouclier d’un vaillant guerrier. Il voulait le drapeau, mais je ne le lui ai pas laissé.
Les policiers sont nos frères ! Les policiers sont nos frères !
Les adultes font aussi des bêtises. Ils crient avec un visage sérieux.
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