12/10/2026
J'en peux pu ! Et pu j'me l'dis, pu c'est vrai, pire c'est.
J'en peux plus dès l'réveil, pi ça s'aggrave au cours de la journée, alors j'me couche saoul.
Ça n'arrange rien pour demain, mais ça aide à ressentir moins.
Tout petit rien qui me traverse devient un grand trop.
La somme de ces petits rien crée un indémêlable amas de beaucoup trop.
Plus que je n'peux en tout cas. Faut pourtant croire que j'peux encore puisque j'poursuis.
J'peux pas laisser tomber maintenant, tout laisser en plan comme ça, parce qu'il y a encore tout ça qu'attend, et ça ensuite, qui implique ça. Pu**in... j'avais zappé ça aussi.
Je sens que ma limite approche, dangereusement – j'suppose craintif, sans savoir ce que réserve l'autre côté de l'outrepassement.
Le présent s'est dissout dans l'anticipation des après enchaînés, escomptant que ça s'calmera un demain prochain, sinon l'suivant.
Des papiers en re**rd qui nécessitent encore plus de papiers, des comptes à plat comme moi. Des mails, des notifications, ce billet de bus parce qu'à nouveau bientôt pu d'sous au train où vont les choses. Mes piles de pochettes, des tas de cadres et de cartons, tout un fatras qui ferait beau bûcher.
Mon portfolio à finir, cette belle opportunité artistique à saisir. Des gens que j'aime qui voudraient m'voir, des gens qui m'aiment que j'voudrais voir. Même ce qui devrait me réjouir m'écrase.
Un message, une attention amicale, une question, ma submersion. Je n'supporte plus jusqu'à la plus douce bienveillance.
Va bien falloir qu'ça s'arrête. Qu'on m'arrête si c'est pas moi qui m'arrête.
Va bien falloir trouver une solution, ou l'abandon, un subterfuge ou un refuge.
Une p'tite maison cocon m'est promise tout là-bas, à l'océan, mais c'est loin, et que ça m'paraît lointain.
Vous n'voudriez pas m'interner un temps, ou deux, avec de grandes toiles pour murs, et des bouquins pour m'enfuir dans un silence sans écho ?
Et s'il vous plaît, défroncez-moi ce sourcil inquisiteur Docteur !
Vous savez bien que je suis heureux, au fond.
C'est juste qu'il y a d'épaisses couches d'être au-dessus, et un merdier tout alentour.
On se passera de conclusion : saturation.