20/03/2026
« M'accepter – et assumer ».
Fréquemment, une notion, une phrase ou une problématique, issue d'un bouquin, d'une consultation ou d'une conversation, s'accapare mon esprit pour un moment. Répétée comme un leitmotiv, elle anime mes monologues mentaux et mes écrits quotidiens. Elle inspire mes oeuvres, forcément, même si l'idée n'apparaît pas distinctement dans l'image.
Récemment, en effectuant un tri de mes créations et des supports à ma disposition, j'ai retrouvé dans la cave une toile enroulée, délaissée, puisque la figure crachée sur le lin environ un an auparavant ne me plaisait pas. Au dos, un titre provisoire : « l'Écorché inachevé ». Au bas, cette inscription : « Assumer Luc B ».
M'assumer, en tant qu'artiste. La quête reste actuelle. J'y travaille constamment, c'est devenu une injonction. Cela implique, je crois, de m'accepter, en tant que personne. Comme je suis : malgré – avec mes démons, mes peurs, mes fêlures et mes erreurs, mon fonctionnement destructeur.
Comme une annonce, une voie à suivre, j'ai (ré-)écrit ces termes à la craie blanche avant de réintervenir sur ma peinture. Je dois accepter et assumer d'être, entre autres facettes, un écorché, dégoulinant de colère contre soi. Je n'en suis pas venu à bout cette nuit là. Je ne tenais même plus debout.
Un mois plus t**d, je ne sais toujours pas vraiment quel sens conférer à ces notions ni ce qu'elles induisent concrètement. Assumer – mes actes, mes choix, jusqu'à mes potentiels regrets – il n'y a pas d'autre option de toute façon. Par contre, m'accepter – tel que je suis ces temps-ci, épuisé d'émotions emprisonnées, paralysé d'anxiété, la gorge brûlée mais clope au bec, une bouteille à portée de main pour atténuer l'incendie – ça m'est difficile, croyez-moi.
Presque chaque jour, cette gu**le me fait face, grimace. Dans l'atelier, elle me dévisage d'un œil accusateur. Je fuis son regard dans le miroir. Je ne supporte plus d'être celui-ci. J'ai besoin d'en finir avec lui, par des coups de pinceaux, d'achever l'écorché.
C'est désormais chose faite. Il mérite d'être exposé.
En attendant, je ne veux plus le voir. Place au printemps.
Ps : je sais que tu n'aimes pas toutes ces figures qui montrent les crocs, Maman, surtout lorsqu'elles me représentent, mais elles font partie de moi. Tu n'y es pour rien.
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