01/09/2026
J’aime profondément l’artisanat.
J’aime le petit commerce.
J’aime cette idée qu’un métier puisse s’apprendre avec les mains, avec les yeux, avec le temps, avec les erreurs, avec l’expérience.
Je suis poissonnier.
Tous les jours, je découpe, je prépare, je sélectionne, je transforme, je dresse, je conseille.
Et je suis fier de ce que je sais faire avec mes mains.
Mais travailler avec ses mains ne veut pas dire qu’on ne travaille pas avec sa tête.
Bien au contraire.
Dans mon métier, il faut comprendre un produit, reconnaître sa qualité, connaître les saisons, anticiper les commandes, gérer une entreprise, transmettre un savoir-faire, conseiller un client, créer, apprendre sans cesse.
Et plus j’avance, plus je réalise à quel point un métier artisanal peut être exigeant intellectuellement autant que techniquement.
Je crois qu’on a longtemps opposé deux mondes qui n’auraient jamais dû l’être.
Les études d’un côté.
Les métiers manuels de l’autre.
Comme si l’un était forcément synonyme de réussite et l’autre une solution par défaut.
Je ne pense pas qu’il faille dire aux jeunes de ne pas faire d’études.
Je pense simplement qu’on devrait aussi leur montrer qu’on peut avoir de l’ambition en devenant boulanger, menuisier, cuisinier, boucher, mécanicien, poissonnier ou dans tous ces métiers où l’on construit quelque chose de concret.
Moi, ce que j’aime dans le petit commerce, c’est justement ça.
Voir le produit arriver le matin.
Le travailler.
Le rendre beau.
Le préparer pour quelqu’un.
Discuter avec un client.
Et savoir qu’à la fin de la journée, ce que j’ai fait existe réellement.
Il y a énormément d’intelligence dans un geste maîtrisé.
Énormément de connaissances derrière quelque chose qui semble simple.
Et souvent des années de travail derrière quelques secondes de savoir-faire.
Alors oui, on peut être fier de faire de longues études.
Mais on devrait pouvoir être tout aussi fier de dire :
« Moi, je sais faire quelque chose de mes mains. »
Et j’aimerais vraiment qu’on recommence à le dire aux jeunes.