14/05/2026
Du 14 au 18 juillet le festival Les Reclusiennes revient à Ste Foy La Grande pour sa 14 ème édition
Du 15 au 18 juillet 2026, « Se battre, combattre, débattre ».
Les batailles que nous souhaitons évoquer, passées et futures, ne sont pas de celles où l’on cherche à éliminer, humilier, soumettre l’adversaire.
Pour autant, les combats qui nous intéressent ici ne redoutent pas l’affrontement, conscients que les résistances qu’ils rencontrent ne se dissipent pas d’elles mêmes. Nous chercherons à rendre visibles les résistances contemporaines et comment elles s’expriment par de nouveaux modes de création, d’expression, d’échange et d’action collective.
Les Reclusiennes 2026 s’inscrivent dans une histoire longue des luttes humaines, où se battre n’a jamais cessé d’être une nécessité face à l’injustice.
Des révoltes paysannes aux mobilisations contemporaines, une même exigence traverse les siècles : refuser la résignation et reprendre prise sur nos vies.
Mais ici, se battre ne signifie pas détruire ou soumettre, ni glorifier la guerre.
Il s’agit de lutter autrement : affronter sans renoncer au débat, résister sans abandonner la pensée.
Cette exigence trouve une source vivante à Sainte-Foy-la-Grande, ville de naissance au XIXe siècle d’Élisée Reclus. Géographe, penseur libertaire, infatigable observateur des sociétés humaines, Reclus n’a cessé de lier savoir et engagement, connaissance du monde et transformation sociale. Son héritage irrigue les Reclusiennes : comprendre pour agir, débattre pour se libérer, imaginer pour transformer.
Se battre et débattre sont indissociables.
Car les luttes qui transforment sont celles qui s’organisent, s’éclairent, se partagent et se construisent collectivement. Elles assument l’affrontement, mais refusent la brutalité aveugle.
Pendant quatre jours, à deux pas de Bordeaux, ces idées prennent vie dans un programme engagé, foisonnant et accessible.
Dès le 15 juillet, les racines historiques des luttes s’ancrent localement : la révolution espagnole de 1936, ses liens avec le territoire foyen, la mémoire des exilés et des résistances familiales.
En parallèle, urbanisme et mésologie interrogent notre manière d’habiter et de transformer nos milieux de vie.
La journée se prolonge par un atelier d’écriture, un apéritif musical et un spectacle poétique vibrant.
Le 16 juillet met l’accent sur l’éducation et l’émancipation.
Comment apprendre à débattre réellement ? Comment construire une utopie concrète ?
Des ateliers philosophiques et démocratiques invitent à pratiquer la discussion comme outil politique.
L’après-midi aborde frontalement les violences : consentement, reconstruction, parole des femmes, avec même une approche corporelle via la boxe.
La journée se conclut par un apéritif littéraire et un combat d’improvisation nourri des échanges.
Le 17 juillet, place aux combats idéologiques.
Déconstruire le fascisme dans le langage, analyser les dérives politiques contemporaines, interroger racisme et pseudo-sciences.
La pensée de Reclus éclaire ces enjeux, lui qui combattait déjà les logiques de domination et les dérives racistes de son époque.
Un film engagé prolonge la réflexion sur les luttes contemporaines, jusqu’aux résistances en Ukraine.
Le 18 juillet ouvre sur l’actualité brûlante : censure, lanceurs d’alerte, dérives politiques locales.
Un focus sur la commune et les élections explore les mutations démocratiques, entre populisme, extrême droite et influence des technologies.
Le tout se conclut par un concert, moment de partage et d’élan collectif.
Tout au long du festival, expositions, créations artistiques, apéritifs littéraires et espaces informels nourrissent les rencontres.
On y croise chercheurs, militants, artistes, habitants, dans une ambiance à la fois exigeante et conviviale.
Face à l’accumulation des crises, une question demeure : pourquoi ne se soulève-t-on pas davantage ?
Les Reclusiennes, fidèles à l’esprit d’Élisée Reclus, ne donnent pas de réponses toutes faites, mais ouvrent des chemins.
Venir à Sainte-Foy-la-Grande, c’est faire l’expérience d’un lieu où penser et agir se rejoignent.
C’est repartir avec des idées, des outils, des alliances.
Et surtout, avec l’envie renouvelée de se battre — en débattant.