11/06/2026
On ne peut pas exiger l’excellence à l’arrivée quand on a renoncé à l’entraînement tout au long du parcours.
J’entends ce matin à la radio que le ministre demande aux correcteurs du bac français d’être plus vigilants sur l’orthographe.
Très bien. Mais une question me vient immédiatement : Comment peut-on exiger la maîtrise d’une compétence que l’on n’a pas suffisamment entraînée ?
L’orthographe, comme les tables de multiplication, repose en grande partie sur des automatismes. Quand je fais 3 × 6, je ne réfléchis plus : je sais. Pourquoi ? Parce que j’ai « répété », encore et encore.
Il en va de même pour l’accord des mots, les règles grammaticales ou les conjugaisons. Ces réflexes s’acquièrent par la pratique régulière.
Or, depuis plusieurs années, l’entraînement par la dictée a largement disparu des habitudes de nombreuses classes. Dans beaucoup de disciplines, l’orthographe n’est plus réellement prise en compte dans l’évaluation, ce qui se conçoit car lorsque j’évalue les maths, je n’évalue pas l’orthographe. Mais le message envoyé aux élèves est alors simple : “Ce n’est pas si important ! “donc ils ne prennent pas l’habitude de se relire pour réfléchir sur leur écrit. Or, ce geste de réflexion doit être un réflexe.
Et pourtant, au brevet comme au baccalauréat, on attend d’eux une orthographe correcte.
Je trouve cela profondément injuste car nous ne leur avons pas donné les moyens de savoir écrire sans erreurs orthographiques.
Avant de renforcer les sanctions ou les exigences en fin de parcours, ne faudrait-il pas d’abord redonner à l’apprentissage de l’orthographe la place qu’il mérite tout au long de la scolarité ?
On ne peut pas demander des automatismes sans entraînement.
Qu’en pensez-vous ?