31/07/2026
Pascale,
Depuis notre rencontre en juillet 2021, nous ne nous sommes quasiment plus quittées.
Tu nous as accueillis chez toi, avec tes enfants Arno et Héloïse, pour écrire cette pièce de théâtre, témoin d’une époque que nous n’aurions jamais voulu connaître.
Tu étais présente à tous les débats, à toutes les conférences. Une véritable guerrière ! Tu as parcouru tant de kilomètres et accordé de nombreuses interviews pour alerter sur ces mesures dites “sanitaires”. Mesures dont les conséquences ont parfois été tragiques pour les personnes les plus vulnérables – patients comme résidents – ainsi que pour les soignants qui, comme toi, ont choisi de rester fidèles à leurs convictions et à leurs valeurs.
Infirmière, titulaire d’un Diplôme Universitaire en soins palliatifs, tu étais très appréciée des résidents du foyer de vie où tu travaillais avant ta suspension. Ton départ forcé leur a laissé un grand vide ; certains ont même continué à garder contact avec toi.
Tu n’as jamais pu reprendre ton métier, trop profondément marquée par la perte des valeurs qui t’étaient chères et par ce qui a été infligé aux usagers comme aux professionnels depuis 2020.
Ces dernières années, tu t’es contentée de peu pour survivre. Après avoir travaillé en milieu agricole, tu es devenue AESH dans des écoles primaires, où tu accompagnais des enfants en difficultés avec cette bienveillance qui te caractérisait.
Puis un cancer agressif est entré dans ta vie. Tu t’es battue avec un courage immense pour le vaincre, mais, après deux années de lutte archarnée, il a malheureusement fini par l’emporter.
Tes enfants étaient ta fierté ; eux t’ont toujours soutenue dans tes choix et peuvent être fiers de la femme et de la mère que tu resteras dans leur coeur.
Même si ta simplicité, ta bienveillance, ton humanité t’ont permis de rencontrer et de nouer des liens avec de nombreuses personnes ces dernières années, rien n’a effacé les blessures de l’isolement induit par la suspension que, comme beaucoup, tu as vécu.
Nous nous souviendrons des premières représentations de notre pièce, lorsque l’émotion et le stress nous envahissaient, mais également de tes pitreries dans les coulisses, de nos fous rires qui ont illuminé nos déplacements pour cette tournée improbable dans toute la France.
Tu aurais tant aimé poursuivre ce travail d’information mené depuis bientôt 6 ans auprès de la population.
Tu aurais tant aimé rester encore un peu auprès d’Arno et d’Héloïse.
Tu as souhaité fêter la vie avec tes amis, ta famille ; tu as souhaité fêter les 20 ans d’Arno.
Tu tenais à cette fête dans ton village natal. Malheureusement, même si tu as réussi à réunir un grand nombre de proches, tu n’as pas pu être là physiquement ; mais tu étais avec nous, dans nos cœurs, avec tes enfants qui savaient combien cette fête de la vie était importante pour toi. Comme tu le souhaitais, Arno a pu fêter ses 20 ans, et toi, grâce à Héloïse restée à ton chevet, tu as pu vivre ce moment.
Tu as été une rallumeuse d’étoiles, Pascale. Aujourd’hui, tu es partie les rejoindre et tu nous manques déjà.
On t’aime.
Les Indispendues🕊️