14/06/2026
Christopher Pease est un artiste Minang / Wardandi / Bibbulmun d’Australie-Occidentale dont le travail est exposé à Perth à la John Curtin Gallery actuellement.
L’exposition, intitulée Terra Nullius, revisite l’histoire coloniale australienne. Le titre de l’exposition fait référence à la doctrine juridique de la terra nullius — doctrine utilisée par les colonisateurs britanniques pour revendiquer l’Australie comme une terre « n’appartenant à personne ».
En 2017 j’avais collaboré pour le Le Monde diplomatique en revenant sur cette fiction juridique à l’origine d’une spoliation et d’une dépossession continue à l’égard des Aborigènes (et de massacres).
Je me réjouis d’être une nouvelle fois en Australie pour Le monde diplomatique, avec un reportage qui porte sur la Biennale de Sydney et la création contemporaine en Australie et plus largement dans la région.
L’exposition de Christopher Pease est une des toutes premières de mon séjour. À partir d’archives et de peintures de paysage du XIXe siècle, Christopher Pease superpose les récits autochtones pour contrer l’effacement culturel.
Ses œuvres réinscrivent la présence indigène dans des territoires dont on les a fait disparaître. Entre mémoire, résistance et souveraineté, son travail transforme le paysage en un espace de lutte.
Christopher Pease recode des systèmes d’images existants pour proposer une autre grammaire visuelle, il déjoue la peinture coloniale australienne pour montrer que l’effacement des Aborigènes était un choix visuel bel et bien actif au service du projet colonial : violence à l’égard des hommes et du vivant, parcellisation des terres, logique de surveillance et de contrôle.
Christopher Pease
John Curtin Gallery