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À Saint-Brieuc, l’école a décidément beaucoup de succès. Surtout quand elle est privée.Il y a des coïncidences qui ont q...
10/10/2026

À Saint-Brieuc, l’école a décidément beaucoup de succès. Surtout quand elle est privée.

Il y a des coïncidences qui ont quand même un petit goût de choco BN oublié au fond du cartable depuis 3 semaines.

On apprend que la mairie envisage un projet qui ferait disparaître cinq écoles publiques à Saint-Brieuc.

Cinq.

Pas cinq classes.

Cinq écoles.

Les enfants seraient regroupés ailleurs, parce que les effectifs baissent et qu’il faut rationaliser, regrouper, optimiser, mutualiser…

On connaît la chanson.

À la fin, il y aura probablement un PowerPoint très joli avec des flèches, des couleurs (bleu, jaune?) et les mots "efficience", "reveil" "revitalisation " et "fierté" qui clignotent quelque part.

Et pendant ce temps-là, les lycéens descendent dans la rue.

À Saint-Brieuc, ils étaient nombreux à se mobiliser pour parler de leurs conditions d’étude : classes trop chargées, professeurs non remplacés, bâtiments vétustes, poursuite d’études…

En gros, les enfants du primaire apprennent qu’on va peut-être fermer leur école.

Les lycéens expliquent qu’ils aimeraient simplement avoir des profs et des salles dans lesquelles il ne pleut pas, et pouvoir le dire sans avoir peur de se retrouver en garde à vue.

Heureusement, il y a un élément rassurant.

Pour sa rentrée, le nouveau maire a choisi de commencer ses visites dans les écoles privées.

Alors évidemment, soyons sérieux deux minutes : le maire est le maire de tous les enfants.

Et une école privée reste une école de la ville.

Mais quand on vient d’arriver aux affaires et qu’on choisit ses premiers établissements à visiter, ça raconte quand même quelque chose.

Surtout quand, quelque temps plus t**d, on annonce cinq regroupements dans le public.

C’est peut-être un hasard.

C’est peut-être une stratégie.

C’est peut-être simplement le calendrier.

Le Gris Fond n’a pas encore trouvé le manuel officiel pour interpréter les visites de rentrée.

Mais disons que, graphiquement, ça fait une drôle de page.

Parce qu'une école, ce n’est pas seulement un bâtiment qu’on entretient quand on peut.

C’est une classe, une cour, des parents qui se croisent, des enfants qui vont à pied ou à vélo des enseignants qui connaissent les familles.

C’est un bout de quartier.

Et quand on regroupe cinq écoles, on ne déplace pas uniquement des tables et des chaises.

On déplace aussi un peu de vie.

Alors évidemment, il faudra regarder les chiffres.

Les effectifs.

Les bâtiments.

Les coûts.

Les travaux nécessaires.

Tout ça est sérieux.

Mais il faudrait peut-être aussi regarder quelque chose d'un peu moins facile à comptabiliser : le lien social et l'apprentissage dans l'acceptation des différences, quelle que soit sa religion ou son revenu. Et ça, ça n'a pas de prix, mais trop l'oublier, ça aura un coût.

Le réveilleur réveillé« On a vu la ville se réveiller » : le maire de Saint-Brieuc se félicite de son été enfin passé à ...
07/09/2026

Le réveilleur réveillé

« On a vu la ville se réveiller » : le maire de Saint-Brieuc se félicite de son été enfin passé à St Brieuc.

Après avoir constaté avec satisfaction le succès des rendez-vous de l’été, la municipalité se félicite de voir « la ville se réveiller ». Une formule qui a particulièrement surpris des habitants, dont certains affirment pourtant avoir été réveillés bien avant les dernières élections.

« On a vu beaucoup de monde, des animations, des familles, des spectacles… C’est formidable », aurait déclaré le maire, visiblement ému par cette découverte.

Après enquête, la mairie aurait découvert que de nombreux rendez-vous estivaux existaient déjà avant le changement de majorité.

Des associations avaient déjà leurs habitudes.
Des services municipaux travaillaient déjà.
Des habitants fréquentaient déjà les animations.
Des commerçants ouvraient déjà leurs portes.
Et, surtout, Saint-Brieuc avait déjà un été.

« Nous étions très étonnés », explique un habitué de longue date des animations estivales, ô les mouettes, le Mille, cadence, street art, expos du musée...

La municipalité pourrait désormais poursuivre ses investigations avec de prochaines découvertes comme les équipements ou les associations.

Selon nos informations, elle aurait déjà découvert l’existence de la bibliothèque, du théâtre, des équipements sportifs et de plusieurs associations.

« Il paraît qu'il y a même des gens qui font des choses ici depuis plusieurs années », raconterait un élu sous couvert d’anonymat.

Une cellule spéciale pourrait être créée pour identifier tout ce qui existait avant 2026.

« Nous allons continuer à réveiller la ville »

Face aux critiques, la mairie assumerait et pourrait envisager de nouveaux indicateurs pour mesurer le réveil de Saint-Brieuc :

nombre d'animations découvertes par le maire ;

nombre de lieux dont il ignorait auparavant l'existence ;

nombre d'associations rencontrées pour la première fois ;

nombre de réalisations antérieures félicitées par la nouvelle majorité ;

et surtout, nombre de fois où le maire prononce « c'est formidable » en découvrant quelque chose qui existait déjà. Finalement, on se demande qui dormait vraiment.

Photos: été 2025, pour celles, ceux qui y étaient vraiment

Souvenez vous de Sandrine, nous vous avions parlé d’elle le 24 avril dernier. Elle s’était convertie au chamanisme marin...
24/07/2026

Souvenez vous de Sandrine, nous vous avions parlé d’elle le 24 avril dernier. Elle s’était convertie au chamanisme marin, faute de médecin, après une vilaine blessure au pied.

Après quelques semaines d’attente, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Elle souffre encore et a poursuivi sa recherche…heureuse de décrocher un rendez-vous avec son médecin traitant, le parcours de Sandrine se complique lorsqu’il lui conseille un scanner.

Elle appelle d'abord le centre hospitalier de Saint-Brieuc. Après 14 appels et vingt-sept minutes d'attente, une voix lui explique qu'un scanner du pied est bien possible... mais uniquement si son pied est déjà suffisamment malade. "Pour l'instant, madame, c'est de la prévention."

Elle tente alors sa chance à Lannion. L'accueil se montre conciliant : "Nous pouvons effectivement vous prendre rapidement. En revanche, pour des raisons d'organisation, nous ne scannons que l'avant-pied le mardi et le talon les semaines paires. Si votre douleur peut patienter jusqu'en septembre, nous devrions pouvoir reconstituer le pied complet."

Dernier espoir : Guingamp. La secrétaire se montre catégorique : "Votre pied a tout à fait le droit de souffrir, madame, mais il devra le faire sur son territoire de référence."

Depuis, Sandrine envisage plusieurs solutions : déménager son pied à Guingamp, couper temporairement la partie douloureuse pour respecter les secteurs géographiques, ou attendre que son problème s'aggrave suffisamment pour ne plus relever de la prévention.

Interrogée, elle reste philosophe : « Finalement, le chamanisme marin était peut-être le parcours de soins le plus simple. Au moins, les berniques ne m'ont jamais demandé de justificatif de domicile. »

Les autorités rappellent qu'en cas de besoin de scanner ou d’IRM, il est conseillé de commencer les démarches plusieurs saisons à l'avance, idéalement avant l'apparition des premiers symptômes.

-des-moyens-au-service-public

« Non mais moi, je ne fais pas de politique »  SAINT-BRIEUC – Après plusieurs semaines d'observation, des chercheurs de ...
16/07/2026

« Non mais moi, je ne fais pas de politique »

SAINT-BRIEUC – Après plusieurs semaines d'observation, des chercheurs de St Brieuc ont identifié ce slogan préféré des Briochins : réussir à parler politique pendant quarante-cinq minutes... tout en affirmant avec conviction qu'ils n'en font absolument pas.

« Moi, je ne fais pas de politique », explique ainsi Jean-Michel, avant d'enchaîner sur un exposé de vingt minutes sur les impôts, les pistes cyclables, les commerçants, les fonctionnaires, les migrants, les subventions aux associations, la sécurité, les places de parking, les éoliennes, la dette de la ville et le prix du café.

Selon une étude réalisée sur un échantillon de trois terrasses et d'une file d'attente à la boulangerie, la phrase « je ne fais pas de politique » est désormais prononcée juste avant l'expression d'une opinion politique dans 67 % des cas.

Les spécialistes distinguent plusieurs profils.

Il y a celui qui ne fait « pas de politique », mais qui explique que « de toute façon, il faudrait gérer la ville comme une entreprise ».

Celui qui ne fait « pas de politique », mais qui sait exactement quels quartiers mériteraient « un bon coup de nettoyage ».

Celui qui ne fait « pas de politique », mais qui trouve que « le réchauffement climatique, c'est l'Arlésienne» en suant à grosses gouttes.

À gauche, on reconnaît d'ailleurs parfois un phénomène inverse. Beaucoup commencent leurs phrases par : « Je vais peut-être être un peu politique... », avant de proposer simplement qu'un hôpital ait des soignants, qu'une école ait des enseignants, qu'un bus passe après 18 heures ou qu'on parle de prévention des violences conjugales. Une prise de risque qui leur vaut parfois d'être accusés d'être « idéologiques ».

Et puis il y a celui qui conclut chaque débat par un élégant : « Ils sont tous pareils », manière très pratique d'éviter d'avoir à réfléchir aux différences entre les programmes.

"Pas de politique" permet surtout de transformer une opinion en évidence naturelle. Ce n'est plus un choix politique : c'est « du bon sens ». Et comme chacun sait, le bon sens est toujours le sien.

La ville envisagerait même d'inscrire ce slogan au patrimoine local. Plusieurs élus et adjoints pourraient accepter d'en devenir les ambassadeurs. « Moi, je ne fais pas de politique », assurent-ils régulièrement avant de voter un budget, défendre une délibération, soutenir un candidat aux sénatoriales ou expliquer pourquoi leur décision est, elle, « simplement de bon sens ». Une performance remarquable qui pourrait faire de Saint-Brieuc la première ville où l'on exerce un mandat politique... sans jamais faire de politique.

Le parcours initiatique pourrait se terminer devant un miroir, afin que chacun puisse découvrir avec émotion cette vérité bouleversante : ne pas aimer la politique... est encore une position politique.

La grande interview du Gris Fond Alors que débute la saison estivale, nous avons souhaité en savoir plus sur les projets...
05/07/2026

La grande interview du Gris Fond

Alors que débute la saison estivale, nous avons souhaité en savoir plus sur les projets de la ville de Saint-Brieuc pour la culture. C’est à l’occasion d’un dîner en gris, où nous étions logiquement invités, répétition du dîner en blanc prévu à la rentrée, que nous avons eu la chance de rencontrer un futur spécialiste de la culture à Saint-Brieuc.

Notre interlocuteur a néanmoins souhaité rester anonyme. Nous l’appellerons donc Charles, en hommage à Charles de Foucault, à Saint-Charles, à Charles de Gaulle (au box-office en ce moment) et à tant de grands hommes.

Il nous dévoile, en exclusivité, les enjeux et projets des prochains mois.

Gris Fond :

Merci de nous accorder de votre temps si précieux. Pouvez-vous nous dire en quelques mots ce qui sera la priorité des prochaines années, pour la culture, à Saint-Brieuc ?

Charles : Oui, bien sûr. La priorité devrait être donnée au 100% E.A.C.

Gris Fond : 100% EAC ? L’Education Artistique et Culturelle, c’était déjà la priorité fixée par la précédente municipalité, nous ne nous attendions pas à une telle continuité …

Charles : ne dites pas n’importe quoi, notre PROJET (il se lève et hurle en disant cela), c’est le 100% Expérience Artistique au Centre !

GF : vous pouvez nous en dire plus ?

Charles : c’est un jeu de mot, on aime bien ça nous. Ni gauche, ni droite, nous on ne fait pas de politique. C’est le Centre. Bon, c’est aussi se fixer des priorités, et une seule : le Centre-Ville. C’est une priorité absolue pour attirer des entreprises, de l’argent, des mécènes, des pépètes, des habitants qui paieront enfin des impôts, bref, pour une ville fière, une ville attractive, une ville humaine, une ville sûre …. Il faut a.t.t.i.r.e.r, il faut rayonner.

GF : donc rien à voir avec l’éducation artistique et culturelle alors ?

Charles : un petit peu : on ferait venir des artistes dans les écoles, enfin, celles du centre

GF : pas dans les quartiers ?

Charles : non, non, vous ne m'avez pas compris. Un centre-ville attractif, ce sont des écoles attractives. On mise tout sur les écoles privées, on y installe l'orchestre à l'école qui est aujourd'hui à La Vallée. Et ce qui est génial dans ce plan 100% EAC, c'est qu'on fait mieux avec moins. Nos écoles sont attractives, et donc les effectifs baissent dans les écoles publiques. On les ferme, ça coûte moins cher. On peut alors financer les nouvelles places de stationnement place de la résistance, elles sont nécessaires pour attirer, revitaliser, relancer le commerce. C'est tout bénef. Win-win. Un vrai projet global, enfin. Bien vu, non ?

GF : mais les écoles de quartiers ?

Charles : Ailleurs, on arrête. Il faudrait déjà que dans les quartiers ils sachent lire, écrire et compter.

GF : ...

Charles : entendez-moi bien : il faut attirer, attirer, attirer. Rayonner, rayonner, rayonner. Et pour ça, il faut des évènements importants, en centre-ville.

GF : il y a déjà Art Rock, Shake Art, le festival O les mouettes, … Il en faut plus ?

Charles : il en faut mieux. On va commencer avec un grand festival de street art.

GF : ça existait déjà, non ?

Charles : mais là, c’est pas pareil. Nous, nous allons créer un grand évènement street art dans le centre-ville …

GF : … et dans les quartiers.

Charles : Dans les quartiers ? Non, non, qui y va ?

GF : mais il y a déjà beaucoup de belles œuvres de street art dans les quartiers

Charles : S'il y a des œuvres dans les quartiers, c'est pas bon. Il faut attirer au centre-ville. Ne pas se disperser. Je vais voir avec le ministre de la ville – j'ai son 06 depuis qu'il est venu à st brieuc : on va lancer un grand plan de ravalement dans les quartiers. On efface les œuvres street art, elles risquent de détourner l'attention du centre-ville. On nettoie tout ça, ça ne fera pas de mal.

GF : Donc, finie la culture dans les quartiers ?

Charles : Comprenez bien, on ne peut pas tout avoir. Dans les quartiers, il y a déjà plein de choses. Les plateformes pour écouter de la musique à la maison, les réseaux sociaux. Il y a déjà le cinéma à Brezillet et la Maison St Yves. C'est bien. Maintenant il est important de mettre le paquet sur le centre-ville.

GF : Pensez-vous à d'autres événements pour le centre ville ?

Charles : Bon, Art Rock au centre-ville, ça c'est bien. On envisage d’ailleurs de rebaptiser la grande scène. On verra en 2027, mais on a bien une idée – la scène Edouard Arena.

La course florio aussi, c'est super. J'adore.

Mais il faut aller plus loin. On envisage donc de remonter le Mille. On garde la distance – ils sont forts les saltimbanques pour trouver des bonnes idées, pour faire de la comm percutante, c’est chouette. Donc le Mille, hop, on le remonte, au Jardin de Bellescize. Ce sera plus sympa, plus intime. On s’habillerait en blanc, et on serait juste mille, le gratin, les 1000 leaders qui font Saint-Brieuc. On y réfléchit avec une asso co-présidée par un copain.

GF : heureusement, il restera certains évènements dans les quartiers, à Robien par exemple. On a la chance d’avoir une grande salle plutôt appréciée des briochins.

Charles : non, non, il faut revoir totalement la stratégie. Le business plan n’est pas bon à Robien, ça sent le dépassé, le vieillot, la salle polyvalente de mémé. Donc la Biennale photo de janvier par exemple, hop, en centre-ville aussi.

GF : ça fait des années qu’elle s’organise à Robien et c’est plutôt sympa non ?

Charles : Ça fait des années qu'elle s'organise à Robien ? Raison de plus pour en changer. La ville subventionne l’évènement, il est normal qu'ils répondent totalement à nos valeurs et à Notre PROJET (ndlr : Charles se lève à nouveau en hurlant): revitaliser le centre-ville pour rendre son attractivité à la ville !

GF : ce sera le cas aussi pour la Biennale des Peintres et Sculpteurs ?

Charles : non, non. J'en ai parlé avec des amis. Ce n'est pas possible. Il faut un lieu assez grand, un parking. Les bénévoles maîtrisent totalement l'organisation. Ça fonctionne très bien ainsi.

GF : comme la Biennale photo ?

Charles : non, non, ça n'a rien à voir. Ce sont des peintres et des sculpteurs.

GF : pas de culture sans artistes, comment faites-vous ?

Charles : vous avez raison. Il nous faut des artistes. C'est sympa les saltimbanques, ça anime les rues, et ce sont aussi des consommateurs, c’est important. Il faudrait qu’on les voit plus en centre-ville. Ce sera le Festival A.R.T, en mai. Attractivité, Rentabilité et Traditions. La biennale photo ? Au centre, en mai. Marionnetic ? Au centre, en mai. Robien les Murs ? Au centre, en mai. De beaux Lendemains ? Ils arrêtent de jouer dans les crèches, les centres sociaux ou les lycées pro. Et puis en novembre il fait froid. Alors ce sera en mai.

GF : tout ça en mai, c’est possible dans l’agenda ?

Charles : Oui, dans notre programme on a dit qu'il fallait créer un événement en mai.

GF : il y en a déjà beaucoup

Charles : Et bien tant mieux, on pourra optimiser et baisser les subventions de tous les autres, comme Carnavalo. C'est gagnant gagnant je vous dis.

Le dessert étant servi (nous l’avons bien apprécié – un cookie tout chaud, parsemé de pépites de chocolat blanc), Charles se lève, nous tend sa carte, entame quelques pas de danse, et nous laisse songeur. Avec ce dîner, nous sentons bien que nous avons eu ce soir un échange un brin win-lose.

Photo Mélusine Farille - biennale photographique janvier 2025

Migrants : entre solidarité, appréhension et géographie approximativeIsabelle et François L. sont depuis quelques jours ...
19/06/2026

Migrants : entre solidarité, appréhension et géographie approximative

Isabelle et François L. sont depuis quelques jours sous le choc. En ouvrant leur journal puis leurs réseaux sociaux, ils découvrent que plusieurs familles sans papiers pourraient se retrouver à la rue d'ici la fin du mois.

« Il y a quelques années, après une rencontre avec une association d'aide aux jeunes migrants, nous avons décidé d'héberger un jeune arrivé seul en France », raconte Isabelle. « Au début, ce n'était pas toujours simple. Il y avait parfois quelques incompréhensions culturelles. Par exemple, il a fallu plusieurs semaines pour comprendre que nous ne parlions pas toujours des mêmes choses avec les mêmes mots. »

François poursuit : « Avec le temps, il a appris le français grâce aux associations, s'est intégré, a trouvé ses repères et a même été bénévole à Art Rock.
Aujourd'hui, il parle mieux que certains commentateurs Facebook qui expliquent chaque jour comment sauver la France depuis leur canapé. »

Le couple avoue être inquiet face à certains discours qu'il découvre en ligne car cette question de l'accueil n'est d'ailleurs pas nouvelle à Saint-Brieuc. L'écrivain briochin Louis Guilloux, témoin des bouleversements du XXe siècle, s'était déjà engagé auprès des réfugiés espagnols fuyant la guerre civile. Confronté à la détresse de femmes, d'hommes et d'enfants chassés de leur pays.

« Beaucoup imaginent que les migrants quittent leur pays pour profiter d'un supposé Eldorado français. Pourtant, quand on regarde les parcours, les risques pris et les raisons qui poussent à partir, on comprend vite qu'on ne traverse pas plusieurs pays, parfois plusieurs déserts et plusieurs mers, uniquement pour bénéficier du climat breton. »

Isabelle ajoute : « On a parfois l'impression que notre humanité s'évapore plus vite que les budgets publics. Pourtant, après la Seconde Guerre mondiale, la France a largement bénéficié de l'apport de travailleurs venus d'ailleurs pour reconstruire le pays. Sans eux, nous aurions peut-être encore des tickets de rationnement... ou au moins des délais d'attente encore plus longs pour trouver un artisan. »

Afin de continuer le débat, nous avons également recueilli le témoignage de Roger, Breton de souche depuis une génération.

« Moi, je suis né en Bretagne, j'ai grandi en Bretagne, j'y ai tous mes souvenirs », explique-t-il avec émotion. « J'ai bien quitté la région pendant plusieurs années pour travailler en Côte d'Ivoire, mais ça n'a rien à voir. Quand je vois les champs aujourd'hui, autant d'étrangers, je ne reconnais plus ma ville. Je sais que leur situation est difficile, mais il faut aider les français d'abord. Si la situation continue à se dégrader, je pense probablement partir vivre au Portugal. On m'a dit que les retraités y vivent très bien. »

Interrogé sur le fait que lui-même envisage une migration économique vers un autre pays, Roger marque une courte pause.

« Oui, mais ce n'est pas pareil. Moi, ce serait pour le climat. Et puis pour le coût de la vie. Et un peu pour les impôts. Enfin... vous voyez bien que ce n'est pas pareil. »

Pour équilibrer le débat, nous avons également rencontré Fatoumata 39 ans avec 3 enfants.

"Vous savez, j'entends plusieurs fois par jour des remarques désobligeantes dans la rue. Avant, c'était marmonné entre les dents. Aujourd'hui, certains semblent avoir confondu la vie quotidienne avec un concours de prise de parole publique.
Un jour, au supermarché, j'étais à la caisse avec mes trois enfants. Ils étaient particulièrement en forme, disons qu'ils avaient décidé de démontrer à la clientèle l'intégralité de leur énergie disponible.
Derrière moi, un couple commençait à s'impatienter. Je les connaissais de vue pour des raisons professionnelles, mais eux ne m'avaient manifestement pas reconnue. Et là, j'entends très distinctement le mari lancer à sa compagne:
« Mais qu'est-ce qu'elle fait, c'est long... Elle ne peut pas rentrer dans son pays ? »
J'ai alors eu le plaisir de lui répondre :
« Mon pays ? Je suis née à Rennes. Et accessoirement, je suis l'infirmière qui s'occupe de votre mère à l'EHPAD. »

Silence immédiat.

C'est fascinant de constater que certains sont capables de situer une personne à l'autre bout du monde simplement parce qu'elle prend trente secondes de trop à ranger ses courses. Dommage qu'ils soient beaucoup moins performants pour reconnaître les personnes qui s'occupent de leurs proches au quotidien."

Le débat reste donc ouvert. Entre ceux qui accueillent, ceux qui s'inquiètent, ceux qui partent, ceux qui arrivent et ceux qui expliquent aux autres qu'ils ne devraient pas partir ailleurs tout en préparant leurs cartons pour le Portugal, chacun cherche sa place dans un monde où les frontières semblent parfois moins compliquées à traverser que certaines conversations sur les réseaux sociaux.

Comme souvent, les débats de l'époque ressemblaient étonnamment à ceux d'aujourd'hui : certains considéraient qu'il était de leur devoir d'aider, d'autres craignaient les conséquences de ces arrivées. Les décennies passent, les nationalités changent, mais les interrogations restent parfois les mêmes. L'Histoire a simplement la délicatesse de nous rappeler que les réfugiés d'hier finissent souvent par devenir les voisins, collègues ou grands-parents de demain.
Comme quoi, la géographie approximative est parfois une maladie plus répandue que l'on ne le croit.

SAINT-BRIEUC – Nouvelle fermeture de la plage du Valais pour pollution bactériologique. Une situation qui a permis de vé...
15/06/2026

SAINT-BRIEUC – Nouvelle fermeture de la plage du Valais pour pollution bactériologique. Une situation qui a permis de vérifier une nouvelle fois une règle bien connue en baie de Saint-Brieuc : la pollution est toujours très probablement celle du voisin. « Nous, on n'a rien contre les bactéries, mais elles viennent forcément d'ailleurs », explique un habitué.
Car depuis plusieurs jours, un phénomène étonnant est observé : plus les taux augmentent, plus la source de la pollution s'éloigne de chez soi.

Et au Valais, les cabanons sont bien plus que des cabanons. C'est du patrimoine, de l'histoire locale et un sujet presque aussi sensible que les parkings.
« Les cabanons font partie de l'âme briochine », rappelle un amoureux du site. « Les bactéries aussi, visiblement, mais on les met moins en avant »

Les spécialistes rappellent pourtant que la pollution vient souvent d'un joyeux mélange : vieux réseaux, ruissellements, activités humaines et infrastructures diverses accumulées au fil des années. Une hypothèse complexe qui peine à rivaliser avec l'explication locale la plus populaire : « C'est les autres. »

Avec des milliers de bactéries pour un seuil acceptable fixé à 100, certaines d'entre elles commenceraient même à se considérer comme des habitantes historiques.

La famille Colibacille, installée dans le coin depuis plusieurs générations, demande d'ailleurs un peu de reconnaissance. « Nous aussi, on est attachés au patrimoine », explique la mère bactérie. « Et franchement, si les humains arrêtaient de nous créer des conditions idéales, on serait beaucoup moins nombreuses. »

À Saint-Brieuc, un consensus finit malgré tout par émerger : tout le monde veut sauver la plage, préserver les cabanons et comprendre d'où vient la pollution. À condition, bien sûr, qu'elle vienne de chez quelqu'un d'autre.

Et lorsqu'il faut désigner ce fameux « quelqu'un d'autre », les regards se tournent souvent vers le port. Pour certains, il symbolise l'avenir économique du territoire. Pour d'autres, il symbolise surtout… autre chose. Personne ne sait vraiment si le port apporte plus de richesses, plus de débats ou simplement davantage d'occasions de discuter de l'origine des pollutions.

Pendant ce temps-là, les bactéries, elles, refusent de prendre parti. « Nous sommes apolitiques », assure la famille Colibacille avant d'aller tranquillement nager entre le Valais et le port, ravie d'habiter un territoire où chacun est convaincu que le problème vient d'ailleurs.

L'Oisillon, le Chat et Jessie : Une aventure qui aurait pu mal tournerCe matin, Jessie a vécu un réveil pour le moins… m...
11/06/2026

L'Oisillon, le Chat et Jessie : Une aventure qui aurait pu mal tourner

Ce matin, Jessie a vécu un réveil pour le moins… mouvementé. Son chat, qu’il surnomme fièrement « Le chasseur de Saint-Brieuc », lui a offert un spectacle digne des plus grands documentaires animaliers.

En se levant, il a découvert son félin, fier comme un paon (ou plutôt comme un chat venant de remporter le trophée ultime de la chasse), tenant délicatement entre ses dents un petit oisillon moineau, tremblotant et visiblement terrorisé.

« Oh non… Il a encore ramené un trophée… », s’est-il exclamé en réalisant que ce n’était pas un jouet, mais bien un oisillon bien réel – et bien vivant.

Après un sprint digne des Jeux Olympiques, Jessie a réussi à récupérer le petit volatile sans déclencher la fureur du dragon. L’oisillon semblait choqué.

Soulagé, Jessie a installé ce petit être fragile dans une boîte en carton, transformant ce simple emballage en un véritable hôtel 5 étoiles pour oiseaux en détresse.

Mais une question cruciale se posait désormais : que faire avec un oisillon qui ne vole pas ? Car comme dit la chanson " petit oiseau, si tu n'as pas d'ailes, tu ne peux pas voler"

Les premières tentatives de Jessie pour trouver de l’aide n’ont pas été concluantes :

Les pompiers ? « Désolé, nous ne gérons pas les oiseaux, mais nous pouvons vous envoyer une ambulance si vous tombez dans les escaliers en courant. » 🚒😅

La SPA ? « Nous pouvons prendre votre chat, mais pas les oiseaux. » 🐱🚫

Les vétérinaires ? Après trois appels, Jessie a finalement été orienté vers SOS Faune Sauvage, qui lui a prodigué des conseils avisés par téléphone :

Vérifier qu’il n’est pas blessé. ✅ Mission accomplie.

Le mettre au chaud dans une boîte en carton. ✅ Déjà fait !

Le remettre dehors dans la journée, même s’il ne sait pas voler. Cela s’appelle l’émancipation : une étape naturelle dans la vie des jeunes oiseaux.

Et si cette aventure était l’occasion de rappeler à quel point les oiseaux sont indispensables à notre environnement ?

- Pollinisation : Sans eux, pas de fruits, pas de fleurs… et donc pas de nourriture pour nous ni pour de nombreux animaux.

- Lutte biologique : Imaginez un monde sans mésanges pour dévorer les chenilles… Adieu les jardins luxuriants et les récoltes abondantes !

- Dispersion des graines : Les oiseaux aident à reboiser la planète. Sans eux, pas de forêts, pas d’oxygène, pas de paysages verdoyants.

À Saint-Brieuc et en Bretagne, nous avons la chance d’avoir une biodiversité riche. Mais attention : certaines espèces sont menacées par l’urbanisation galopante, les pesticides, le réchauffement climatique et la prédation accrue.

Alors, si vous trouvez un animal sauvage blessé ou en difficulté, ne tentez pas de le soigner vous-même. Contactez plutôt SOS Faune Sauvage ( https://www.sosfaunesauvage.bzh/ ) LPO Bretagne une association dédiée à la protection de la faune sauvage, qui saura vous orienter vers les bons interlocuteurs et vous donner les conseils adaptés.


« Ça s'en va et ça revient,C'est fait de tout petits riens,Ça se chante et ça se danse et ça revient,Ça se retient comme...
06/06/2026

« Ça s'en va et ça revient,
C'est fait de tout petits riens,
Ça se chante et ça se danse et ça revient,
Ça se retient comme une chanson populaire... »

Non, non, je ne parle pas du doux son des klaxons de vélos, que, soit dit en passant, on entend beaucoup moins que celui des voitures dans les embouteillages.

Ce qui s'en va et qui revient, c'est la nouvelle devise officieuse de Saint-Brieuc :

« Les vélos au feu, les vélos au milieu ! »

C'était exactement ça la semaine dernière lorsque Mme I. est passée par la rue du 71e Régiment pour se rendre au travail. Elle aurait préféré emprunter la rue Saint-Guillaume, mais avec le nouvel arrêté municipal, la voilà propulsée au milieu des voitures et des bus, sous plus de 30 degrés. La sécurité des piétons : oui. Celle des cyclistes : à voir.

Petit à petit, Mme I. commençait pourtant à mettre de l'eau dans son vin. Après tout, c'est la démocratie. À la maison, le sujet revenait de moins en moins souvent au dîner. La vie suivait son cours.

Et puis un matin.

Notification Pronote.

Mme I. ouvre le message transmis aux familles. Et là, surprise : la mairie remet une pièce dans la machine pour rappeler l'existence de l'arrêté. Mais surtout, le message insiste sur les conflits entre piétons et cyclistes.

Et c'est là que le bât blesse.

Car avant cet arrêté, Mme I. ne s'était jamais sentie désignée comme un problème parce qu'elle circulait à vélo. Depuis plusieurs semaines, les commentaires fleurissent :

« Oui mais toi, ce n'est pas pareil, tu respectes les règles. »

Comme si le vélo était devenu une catégorie à part entière. Comme si l'on avait réussi à transformer un sujet d'aménagement urbain en opposition entre habitants.

Résultat : les réseaux sociaux débordent désormais de débats piétons contre cyclistes, alors que tout le monde partage finalement le même espace public.

Mme I. se demande donc si l'objectif n'est pas devenu de diviser les usagers plutôt que de résoudre les problèmes. Pendant ce temps, d'autres sujets continuent d'exister à Saint-Brieuc. Les écoles, par exemple.

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