Peintre puis sculpteur depuis les années 1980, je réalise également du mobilier d’intérieur et urbain ainsi que des œuvres monumentales, qu’elles soient « pures sculptures » ou fonctionnelles. Ma démarche artistique est guidée par le désir premier de permettre à chacun d’accéder aux arts plastiques. D’où l’importance que je donne à l’investissement des lieux publics ou privés et de l’espace qu’il
soit rural ou urbain. J’entends ainsi œuvrer à l’appropriation et à la sensibilisation à l’art pour tous et relever ce défi qui est de risquer la rencontre en l’initiant. Afin de nourrir tous les imaginaires et de laisser libre cours à toutes les visions possibles, en partant de lignes abstraites, je tente par un trait majeur, une courbe simple, d’évoquer des formes…
Ma sensibilité se charge des souvenirs de mon passé. Même lointains et fugaces, ils sont inscrits dans ma mémoire et imprègnent aujourd’hui mon travail : dans le « dur », le « rude », je trouve la solidité, dans l’épure, je suis touché par la simplicité. C’est dans la sobriété de la forme des lignes et des couleurs que s’exprime pour moi la « poésie « de l’objet. Ma motivation s’inscrit dans un désir permanent d’être présent au sein d’espaces fréquentés par un public large et varié. A mon sens, il n’y a pas de domaine que l’artiste ne se doive d’investir et d’imprégner. Sensibiliser, interpeller, solliciter, inviter le regard, tout mettre en œuvre pour permettre l’appropriation des réalisations plastiques me semble être comme un devoir de l’artiste. Dans mes oeuvres présentes et passées, comme pour le portail de l’espace culturel de la Maison du Cygne à Six-Fours, j’élabore mes pièces pour qu’elles répondent aux contraintes de fonctionnalité tout en étant des éléments architecturaux traités comme des sculptures et intégrées aux lieux sur lesquelles elles devront « vivre » avec leur public, épouser le lieu, en garantir l’harmonie. Ce défi de l’espace, cette inscription dans le paysage hors des cercles définis par les codes du monde de l’art aiguise ma créativité. En intervenant très concrètement auprès d’écoliers avec le CAUE du Var, je participe aussi, en tant que « passeur » à la sensibilisation des enfants à l’architecture et aux arts plastiques, convaincu qu’il n’existe pas de meilleur support pour susciter les émotions à partir d’un simple regard. A l’heure où la rénovation urbaine est un élément important pour notre société, je suis heureux de pouvoir participer à la valorisation et à l’enrichissement de l’espace en y amenant ma part d’imaginaire et d’onirisme.