Fosse Commune

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Fosse Commune Journaliste, spécimen et anthropologue autoproclamée de fosse.

Cryptide post-punk provincial aperçu entre deux parkings Indigo, une crash bar et un bar à huîtres avec un tutu noir et une théorie sur les merguez de festival.

DESCENTE EN FOSSE : WE LOVE GREEN 2027. FONTAINES D.C., ANGINE DE POITRINE ET BOY HARSHER LE SAMEDI, LES ARBRES VONT RIE...
19/10/2026

DESCENTE EN FOSSE : WE LOVE GREEN 2027. FONTAINES D.C., ANGINE DE POITRINE ET BOY HARSHER LE SAMEDI, LES ARBRES VONT RIEN COMPRENDRE
(Ou comment le bois de Vincennes pourrait accueillir simultanément des extraterrestres québécois, des Irlandais tristes et une boîte de nuit louche)

We Love Green vient de lâcher les premiers noms de son édition 2027.
Et manifestement, quelqu’un a décidé de commencer les hostilités assez tôt.

Le festival retrouvera le bois de Vincennes les 4, 5 et 6 juin prochains, avec une première salve de dix artistes.

De la pop, du rock, de la techno, de l’hyperpop, de la darkwave. Très bien.

Le vendredi 4 juin accueillera notamment Angèle, Lola Young, Amelie Lens, Adèle Castillon, Wallows et Marlon Hoffstadt. Je m’en tape. Clairement.

Le dimanche attend encore sa programmation. On verra.

Mais personnellement, c’est le samedi 5 juin qui vient de retenir toute mon attention.
Parce que quelqu’un, dans les bureaux de We Love Green, a décidé de programmer le même jour Fontaines D.C., Angine de Poitrine, Boy Harsher et underscores. L’année dernière j’avais ricané en disant que j’irai certainement pas passer une journée dans ce biotope pour voir Gorillaz. J’avais peur de me retrouver coincée entre un atelier de méditation végétale et une dégustation de graines germées, alors que je voulais simplement voir Damon Albarn.
Mais pour ce samedi ça se tente.

Déjà. Angine de Poitrine. J’ai pas d’avis sur Angine de Poitrine. Je fais partie des 0,02% de la population mondiale qui n’a pas d’avis sur Angine de Poitrine. J’attends de voir le machin. Deux musiciens masqués, couverts de pois noirs et blancs, qui jouent une musique instrumentale microtonale avec l’air de considérer que les règles habituelles de la composition sont des suggestions facultatives.
On dirait que deux créatures venues d’une autre galaxie ont découvert le rock progressif et décidé de ne prévenir personne. Je ne sais pas exactement ce que les oiseaux du bois de Vincennes vont penser de cette intrusion. Mais il est possible qu’ils demandent un transfert. Moi je suis curieuse.

Après on aurait Fontaines D.C.
Cinq types de Dublin qui ont commencé dans le post-punk et qui ont progressivement élargi leur territoire musical sans jamais donner l’impression d’avoir découvert les vertus thérapeutiques de l’optimisme.
Grian Chatten au chant avec cette faculté assez remarquable de transformer le malaise contemporain en expérience collective. C’est une valeur sûre.

Et avant Boy Harsher.
Jae Matthews et Augustus Muller. Au bois de Vincennes.
Un duo américain qui fabrique de la darkwave, de la synth-pop sombre et des pulsations électroniques particulièrement efficaces pour donner envie de danser dans une pièce où personne n’a jugé utile d’allumer la lumière.
C’est sensuel. C’est sombre. C’est répétitif. Et je me demande si ça fonctionne en plein jour. La darkwave en plein après-midi, entre un stand de cuisine végétale et une installation écologique, ça mérite effectivement une étude.

Et il reste underscores, projet de l’Américaine April Harper Grey, pour ajouter une bonne dose d’hyperpop et d’électronique à la journée.

Je précise enfin que si je ricane je n’ai absolument rien contre We Love Green.
Au contraire.
Mais il faut reconnaître que cette journée du samedi possède un potentiel comique assez considérable.
Des extraterrestres québécois.
Cinq Irlandais mélancoliques.
Une boîte de nuit echangiste.
De l’hyperpop.
Et tout ça au milieu des arbres. Dans le meilleur des cas.

Je ne sais pas encore si j’irai. Je serais parfaitement capable de me déplacer pour trois de ces groupes séparément, alors les retrouver le même jour constitue une proposition assez indécente.

Mais avant de prendre une décision, j’attendrai les horaires, les scènes et les éventuels chevauchements. Parce que la biodiversité, c’est très bien. Encore faut-il pouvoir observer toutes les espèces. Et j’ai déjà assez souffert à Rock en Seine.

Mais si j’y vais finalement promis je compterai les couronnes de fleurs en ricanant dans ma moustache.

DESCENTE EN FOSSE : DURAN DURAN À L’ACCOR ARENA. JE N’IRAI PAS. ET ÇA ME FAIT VRAIMENT C***R.(Ou comment 139 balles la f...
18/10/2026

DESCENTE EN FOSSE : DURAN DURAN À L’ACCOR ARENA. JE N’IRAI PAS. ET ÇA ME FAIT VRAIMENT C***R.
(Ou comment 139 balles la fosse ont réussi à me faire renoncer à la basse de John Taylor)

Bon.
Duran Duran arrive à Accor Arena.

Et normalement, cette phrase devrait produire chez moi une réaction très simple. J’y vais. Quitte à rester 2 heures à côté de Josiane qui fait des cœurs avec les doigts. Quitte à y laisser mon système nerveux face à quelques tubes qui me foutent en hyperglycémie. Et pourquoi ?

Parce que Duran Duran, ce n’est pas juste les costumes blancs, les yachts, les clips luxueux et Simon Le Bon qui court quelque part avec des cheveux parfaitement ventilés. Les top models. Les fans hystériques, MTV et tout le bo**el. Avant ça, il y a eu un groupe sacrément nerveux.

Un groupe de Birmingham qui mélangeait new wave, funk, disco, synthés, guitares et surtout une basse énorme.
Et Simon Le Bon toujours au ras du cringe malaisant. Une demi-seconde supplémentaire dans le geste, le regard ou l’intention et on basculait dans une zone administrativement difficile. Et ça faisait partie du truc.

Donc oui.

Sur le papier, je devrais être en train de regarder la date (et les peu de places aujourd’hui disponibles) en calculant combien de temps il faut pour arriver devant la barrière.

Sauf qu’il y a un problème.
139 euros la fosse devant. Carré Or.
Voilà. L’étude scientifique s’arrête ici.

Parce que je peux avoir énormément d’affection pour un groupe et garder simultanément l’usage de mes fonctions exécutives.

Mais à ce tarif-là, je veux entrer au capital du groupe.
Je veux une ligne de basse a mon nom.
Je veux qu’on me remette un certificat disant que j’ai personnellement contribué à l’entretien des synthés.
Et je veux un reçu fiscal.

Parce que le vrai problème, c’est que j’aurais quand même eu envie d’y aller.
Et pour exactement la même raison que Simple Minds vient de me fo**re le doute.

Les débuts.
Toujours les débuts.
Les 2 premiers albums. Monstrueux. Pas de débat.
Perso j’aurais préféré qu’ils soient moches d’ailleurs. Ils auraient signé sur 4AD. Ils seraient canonisés.

S’ils avaient été moches, Rio aurait eu une pochette sépia légèrement granuleuse, avec une photo de hangar vide prise à Düsseldorf et simplement :
DURAN DURAN - absence - en Helvetica 9 corps.
Et là, terminé. Patrimoine.
Douze chroniques dans Télérama. Un hors-série des Inrocks : « Duran Duran : les architectes méconnus du désir post-industriel ». Trois universitaires auraient expliqué que la basse de John Taylor « interroge le corps occidental à l’orée du néolibéralisme ».
Mais ces cons-là étaient beaux.
Ils ont mis des mannequins dans leurs clips.
Simon Le Bon s’est retrouvé sur un yacht avec une chemise ouverte. Ils ont fait Wild Boys. Fin.

Donc. Aujourd’hui, le dilemme existe.
Mais. Financièrement, il est mort sur place.
Je pourrais me fo**re au perchoir vous me direz. Mais c’est mort. Les basses montent pas. On voit rien. Aucun intérêt.
Dans la fosse derrière? 111 balles quand même ! C’est pire. Ça m’aurait rendu ronchon.

En outre, je me suis fixé une règle.

Hors festival, je ne mets jamais plus de 80 euros dans une place de concert. Et encore, c’est exceptionnel. Faut que ce soit date unique. Show de malade. Avec financement participatif de ma famille pour Noël.

Pas parce que je considère qu’un concert ne vaut pas davantage. C’est presque l’inverse.

J’avais entendu Robert Smith expliquer à quel point le prix payé par le public pouvait s’éloigner de celui que le groupe avait voulu fixer. The Cure avait même refusé la tarification dynamique et les billets « Platinum », avant que Smith parte en guerre contre les frais ajoutés par Ticketmaster.

J’ai fixé ma limite là.

Le groupe, je le paye.
Les techniciens, je les paye.
La salle et tout ce qu’il faut pour faire tourner le bo**el, je les paye.
La couche de gras autour, non.

80 euros.

C’est arbitraire. Mais c’est ma règle.

Et une règle qui disparaît dès que John Taylor arrive avec une basse n’est plus une règle.

Ils sont littéralement arrivés au stade où un service postal national les transforme en patrimoine adhésif. J’ai vu cette info lunaire. Ils ont désormais leurs gueules sur des timbres de la Royal Mail.

Et moi, cinquante ans après la cave de Birmingham : 139 € pour être debout devant ?

A 139 balles la fosse, j’estime qu’ils pourraient au moins m’offrir le timbre.

CARTOGRAPHIE DE FOSSE  #65 - LE FESTIVALIER DANS LA TYROLIENNE(Ou comment survoler 40 000 personnes dans une position qu...
17/10/2026

CARTOGRAPHIE DE FOSSE #65 - LE FESTIVALIER DANS LA TYROLIENNE
(Ou comment survoler 40 000 personnes dans une position que même Ryanair n’oserait pas facturer)

Il y a des gens qui vont en festival pour écouter de la musique. D’autres pour boire des bières, retrouver des copains ou passer trois jours à se faire défoncer les cervicales devant des amplis.
Et puis il y a ceux qui veulent traverser le festival suspendus par les cou*lles.

J’ai vu fonctionner cette merveille à Alcatraz. Je peux résumer l’expérience ainsi : Gérard, 92 kilos de patchs et de rangers, lancé dans les airs par les parties génitales.

Déjà, j’aimerais savoir qui a eu cette idée.

Quelqu’un, quelque part, a regardé 40 000 personnes massées devant des scènes et s’est dit : « Vous savez ce qui manque ? Des gens qui passent au-dessus. »

Pas des oiseaux. Pas des drones. Des festivaliers. Avec leurs chaussures de sécurité, leur taux d’alcoolémie approximatif et un baudrier qui remonte directement dans les organes reproducteurs.

Il paraît que le Hellfest a également connu les joies de la tyrolienne, avant que l’attraction ne disparaisse du paysage. Je ne sais pas pourquoi. Mais j’imagine volontiers qu’à un moment, quelqu’un a regardé le bilan de l’opération et déclaré : « Bon. On va peut-être arrêter d’expédier des métalleux par câble. »

Parce que ce qui est formidable, c’est qu’il n’existe pas UN festivalier de tyrolienne. Il existe plusieurs sous-espèces, toutes observables depuis le sol, à condition de lever les yeux au moment où passe la prochaine livraison. J’ai observé 45 minutes.

✅ Le sac tout mou
Aucune résistance. Aucun tonus. Le baudrier a pris le contrôle de l’organisme. Il pend. Il voyage. Il n’est plus acteur de sa destinée. C’est un jambon sous vide en transit entre deux plateformes.

✅ Le rotatif
Même destination, mais avec une rotation dont personne, pas même lui, ne connaît l’origine. Il est parti face à la scène. Il arrive face au camping. Entre les deux, il a effectué trois tours sur lui-même et probablement revu certaines décisions de sa vie. La NASA cherche encore ce qui l’a mis en rotation.

✅ Le projectile
Deux grosses pompes devant. Jambes tendues. Regard fixe. Il fend l’air comme un missile sol-sol qui aurait raté la partie « sol ». Il n’arrive pas : il est livré. Il ne manque que le numéro de suivi Colissimo.

✅ Le martyr du baudrier
Celui-là souffre. Ça se voit. Le matériel homologué a manifestement décidé de concentrer les 92 kilos de Gérard sur une surface anatomique qui n’avait absolument rien demandé. Son visage indique que ses roubignolles viennent de découvrir une clause du contrat qu’elles n’avaient pas lue.

✅ Le regrettant
Au départ, il trouvait ça formidable. Puis quelqu’un a mis le mousqueton de départ et la gravité a pris le relais. Désormais, il est à quinze mètres du sol, il avance, il ne peut pas descendre et il vient de comprendre que crier « STOP » ne constitue pas une commande reconnue par l’installation. Son visage raconte les trois dernières secondes de sa vie intérieure.

✅ Le colis perdu
Il est parti pour survoler majestueusement le festival. Sauf qu’à mi-parcours, il s’arrête. Plus rien. Il pend au-dessus de la foule comme une décoration de Noël qu’on aurait oubliée en juin. Impossible d’avancer, impossible de reculer. Il vient d’inventer le bouchon sur une route où il est absolument seul.

✅ Le sulfateur
Il décolle avec ses clés, son gobelet, ses lunettes et deux claquettes. Il arrive avec ce que la force centrifuge a bien voulu lui laisser. Entre les deux, il a procédé à une distribution aérienne de ses effets personnels sur 160 mètres.

✅ Le réalisateur
Il a sorti son téléphone. Il va immortaliser cette expérience exceptionnelle. Il pense filmer le festival depuis les airs, les scènes, la foule, le panorama. Il ramènera dix-sept secondes de ciel, un coude, trois pixels de chapiteau et une image de ses propres genoux. Le tout accompagné d’un bruit de vent qui ferait passer une turbine d’Airbus pour un ventilateur de bureau.

Et puis, au bout de cette chaîne logistique de la connerie humaine, il y a le réceptionniste. Et lui, mes amis, c’est le personnage secondaire qui vole le film.
Parce que contrairement à tous les autres, il n’a rien demandé à l’aventure.
Il est grand, sec, en claquettes. Il attend.
Au loin, une nouvelle forme humaine vient de quitter la plateforme. Il dispose de quelques secondes pour établir son diagnostic.
« Bon. Celui-là tourne. »
Ou : « Ah. Pompes en avant. »
Ou simplement : « Pu**in, il est stock. »
Il a déjà vu passer des centaines de Gérard. Des Gérard en boule. Des Gérard en étoile. Des Gérard qui moulinent des jambes. Des Gérard qui arrivent en marche arrière alors qu’ils étaient pourtant partis dans le bon sens.

Il sait.
Il sait surtout qu’il va falloir récupérer tout ça.
Alors il écarte ses immenses bras d’araignée et réceptionne le prochain mammifère suspendu, avec le calme professionnel d’un homme qui a définitivement renoncé à comprendre l’humanité.

Et le plus beau, c’est qu’une fois la dernière livraison effectuée, il ramasse les baudriers de tous ces cons, se les fout sur le dos et repart à travers le festival.

En claquettes.
Comme si absolument rien d’anormal ne venait de se produire.
Pendant ce temps, quelque part dans le camping, Gérard découvre que s’asseoir sur une chaise est devenu une négociation.

Prochainement : la ligne jaune. Le point G du son.


FOSSE MISSILE : POUR UNE INTERDICTION ABSOLUE DE CONFONDRE « JE N’AIME PAS » ET « C’EST MAUVAIS »(La Ligue International...
17/10/2026

FOSSE MISSILE : POUR UNE INTERDICTION ABSOLUE DE CONFONDRE « JE N’AIME PAS » ET « C’EST MAUVAIS »
(La Ligue Internationale de Défense des Bassistes intervient exceptionnellement dans un domaine qui ne relève pas directement de la basse, mais y’a matière)

Liam Gallagher vient d’expliquer que Fontaines D.C. n’étaient « pas assez bons » pour assurer la première partie d’Oasis et qu’ils « n’avaient pas de chansons ».
Très bien.

La Ligue rappelle donc une règle élémentaire qui semble avoir mystérieusement disparu du débat musical : « je n’aime pas » et « c’est de la m***e » ne sont pas synonymes.

Vous avez parfaitement le droit de ne pas aimer Fontaines D.C.
Vous avez le droit de trouver ça chiant, maniéré, surcoté, déprimant, répétitif, mal coiffé ou de préférer écouter votre lave-vaisselle en programme éco.
Vous pouvez même entendre Starburster et décider que vous préféreriez être ailleurs.
En revanche, décréter qu’un groupe qui a atteint ce niveau « n’a pas de chansons » simplement parce qu’il ne vous plaît pas relève désormais de la confiscation immédiate du permis de donner son avis sur la musique pendant 48 heures.

Circonstances aggravantes :

✅ Être soi-même musicien
✅ Avoir vendu quelques chansons dans sa vie
✅ Prononcer la sentence comme si l’Académie internationale de la chanson venait de vous transmettre les résultats sous pli cacheté
✅ Être Liam Gallagher
✅ Avoir cassé les co****es à la planète entière avec Wonderwall pendant trente ans dès qu’un flan voit une guitare sèche dans son périmètre.

La Ligue n’avait pas prévu de rouvrir le dossier Wonderwall aussi rapidement. Liam Gallagher nous y contraint.

Exception tolérée : aucune. Sauf si le groupe concerné est Coldplay. La loi est dure mais la Ligue a des principes.

Ceci étant dit, Liam Gallagher a parfaitement le droit de ne pas aimer Fontaines D.C.

Et moi, j’ai parfaitement le droit de penser qu’il vient de dire une connerie.

16/10/2026

BON. QUESTION SÉRIEUSE.

Dans quelques semaines, Fosse Commune aura un an.

Je suis partie de zéro. J’ai écrit, beaucoup. Je suis allée voir des concerts, j’ai payé mes places, j’ai raconté des festivals, des groupes, des petites salles, des associations, des trucs sérieux et énormément de conneries.

Aujourd’hui, j’ai besoin de savoir si ça vaut encore le coup que je continue.

Meta montre de moins en moins mes publications, au point que certaines font moins de vues que cette page n’a d’abonnés. Il limite désormais les liens vers mon propre site à deux par mois sauf si je paie 55 balles, ce que je ne ferai pas. Et j’ai créé www.fossecommune.com pour ne pas dépendre entièrement de Facebook, sauf que je ne sais même pas encore si quelqu’un y va.

Je ne vous demande pas de me rassurer. Ni de me dire « continue ❤️ » par gentillesse.

Je vous demande vraiment : est-ce que Fosse Commune vous sert à quelque chose ?

Est-ce que vous y découvrez des groupes, des concerts, des festivals ? Est-ce que vous lisez les articles qui ne parlent pas de slips, de ponchos ou de gens bourrés ? Est-ce que vous allez sur le site ? Est-ce que vous auriez envie que ça continue ?

Parce qu’au bout d’un an, avant de repartir pour un tour, j’ai besoin de savoir s’il y a quelqu’un dans la fosse.

Voilà. C’est une vraie question.

DESCENTE EN FOSSE / QUAL + PSYCHE À LA MARBRERIE : BONJOUR, QUELQU’UN A-T-IL VU PASSER 1984 ?(ou comment deux machines, ...
15/10/2026

DESCENTE EN FOSSE / QUAL + PSYCHE À LA MARBRERIE : BONJOUR, QUELQU’UN A-T-IL VU PASSER 1984 ?
(ou comment deux machines, trois néons et une quantité réglementaire de noir peuvent me faire envisager Montreuil un vendredi soir)

Bon.
Le vendredi 16 octobre, Qual + Psyche seront à La Marbrerie, à Montreuil.
Est-ce que j’y vais ? Dossier ouvert.

Parce que là, nous sommes sur quelque chose qui parle directement à une partie très spécifique de mon cerveau.
La vieille partie.
Celle qui entend une boîte à rythmes sèche, une basse synthétique sinistre et un type chanter comme s’il venait de passer trois semaines dans un bunker berlinois et répond immédiatement : OUI.

Qual, c’est le projet solo de William Maybelline, moitié de Lebanon Hanover.
Et si Lebanon Hanover avait déjà réussi à remettre la cold wave la plus minimale au milieu des années 2010 sans lui enlever son envie de mourir dans un parking souterrain, Qual pousse encore le curseur.

Plus électronique. Plus industriel. Plus EBM. Plus physique.

Des machines sèches. Des basses qui cognent. Une voix sépulcrale. Des rythmes suffisamment martiaux pour donner envie de marcher très sérieusement vers absolument nulle part.

En gros : OLD SCHOOL AS F**K.

Qual, c’est ce qui se passe quand quelqu’un retrouve une boîte à rythmes de 1984, décide que quatre sons suffisent largement, coupe le chauffage, ferme les volets, et considère ensuite que sourire serait une concession au capitalisme.

Et derrière, Psyche.
Là, on arrête carrément de faire semblant d’être jeunes. C’est mon objectif principal ! Clairement.
Projet canadien né au début des années 80 autour des frères Huss, Psyche fait partie de cette première génération electro/dark synth qui mélange synth-pop, new wave, électronique sombre et culture industrielle avant que quelqu’un ait eu l’idée de baptiser chaque variation avec dix-sept sous-genres différents.

Donc on se retrouve avec une soirée où le groupe récent sonne volontairement vieux et où le groupe vieux avait déjà compris le truc quand il était récent.

Parfait.

Pas de guitare héroïque.
Pas de solo de douze minutes.
Pas de pantalon en cuir nécessitant une autorisation préfectorale.

Des machines. Du noir.
Des gens qui ont probablement une opinion très précise sur les premières boîtes à rythmes Roland.
Et moi au milieu, parfaitement heureuse.

Enfin, potentiellement. Parce que je n’ai toujours pas acheté la place mais je cherche une tenue noire ne permettant pas de me distinguer du mur.

Sait-on jamais. Ça sent encore le dossier qui va finir par : « Oh et puis m***e. »

CARTOGRAPHIE DE FOSSE RELOADED  #05 -  LE BARBU TORSE-POIL(Série hivernale d’observation de la faune et des phénomènes d...
14/10/2026

CARTOGRAPHIE DE FOSSE RELOADED #05 - LE BARBU TORSE-POIL
(Série hivernale d’observation de la faune et des phénomènes de fosse, version enrichie de vos commentaires et de nos observations de la saison passée. Aujourd’hui : le barbu torse-poil, créature mythologique et omniprésente de fosse)

Festivalius barbus torsepoilus

Taux de textile : 👖
Cuisson du torse : 🔥🔥🔥
Indice camping : ⛺️⛺️⛺️⛺️
Probabilité de hurler : 📢📢📢📢📢

Il est partout. Il est universel.

Toujours au soleil à son zénith.
Toujours au milieu, jamais sur les côtés.
Capable de survivre trois heures sans flotte, neuf concerts sans textile, et deux jours sans dignité. Un mythe vivant.

Mise à jour après une saison complète d’observation : nous confirmons. Il est partout.
France, Belgique, petit festival, énorme festival, metal, rock : aucune importance. Le barbu torse-poil est là.
Des variations locales ont toutefois été observées : bretelles, kilt, énormes godasses de rando. Parfois les trois.

Le plumage varie. Le concept demeure.

Morphologie (selon la science)
Torse couleur jambon breton (niveau cuisson : plein cagnard depuis 14h).
Barbe fournie, taux d’humidité variable (transpiration, bière ou… mystère, et personne ne veut savoir).
Cheveux attachés ou lâchés selon la météo intérieure.
Odeur typique : houblon, soleil, fierté, renoncement.
Indice camping : très élevé.

En fosse, ce spécimen peut :
- pogoter comme un mammouth sous kétamine
- tomber au sol sans ressentir la moindre douleur ni honte
- hurler les paroles même en ne connaissant que deux syllabes
- chanter comme un tractopelle qui cale
- annoncer CELLE-LÀ JE L’ADORE avant chaque morceau, y compris les inédits que personne n’a jamais entendus

Moment culte : la phase de déclin énergétique

Fin de concert.
Il s’assoit par terre d’un coup sec, tel un arbre qu’on abat. Regard dans le vide.
Dialogue intérieur (ou avec son gobelet, ou une entité imaginaire) : Pu**in… j’ai tout donné.

Les experts appellent ça : un burn-out du torse.

Interaction avec l’environnement
- amical tant qu’on respecte son périmètre de pogo
- allergique aux zones chill
- insensible à la pluie, au froid et au concept de textile
- persuadé que son torse est un cadeau pour le monde

Statut dans l’écosystème

Essentiel. Sans le barbu torse-poil, un festival devient trop poli, trop propre, trop sage, trop Instagram. Il maintient l’équilibre. C’est la pierre angulaire du chaos festif.

CHECKS (validés scientifiquement)
✅ a déjà perdu un t-shirt dans un pogo et ne l’a jamais regretté
✅ boit la bière comme d’autres respirent
✅ se réveille collé à une barrière de sécurité (normal)
✅ dit PU**IN C’ÉTAIT FOU même quand le set était approximatif
✅ ressuscite toujours pour le rappel
Même après mort clinique.

Voilà. C’est brut. C’est moite. C’est la fosse.

Prochainement : le stand de prévention. Ou comment on te parle MST à l’heure de l’apéro.



DESCENTE EN FOSSE - DÉÉFAIT : J’AI OUVERT UNE NEWSLETTER. MON RADAR A SONNÉ. GO LES DATES !(Ou comment cinq individus on...
13/10/2026

DESCENTE EN FOSSE - DÉÉFAIT : J’AI OUVERT UNE NEWSLETTER. MON RADAR A SONNÉ. GO LES DATES !
(Ou comment cinq individus ont réveillé une partie de mon cerveau quand je triais mes mails)

Parfois, il arrive des choses formidables dans une boîte mail. C’est rare.
En général, on y trouve des factures, des gens qui veulent quelque chose, des invitations auxquelles on ne peut pas aller et des newsletters qu’on n’a jamais demandé à recevoir. Et puis, de temps en temps, il y a quelqu’un qui connaît suffisamment vos goûts pour vous transférer un truc en disant : « Tiens. Ça pourrait t’intéresser. »
C’est ce qui vient de m’arriver.
Je lis le nom du groupe : Dééfait
Je clique. J’écoute.

JÉSUS MARIE JOSEPH.

Je ne sais pas exactement ce que je viens de mettre dans mes oreilles, mais je sais immédiatement que je vais avoir un problème.Un très gros problème.
Parce que j’ai envie de tout écouter.
Et surtout, j’ai envie de voir ces gens sur scène.Donc je cherche.
Dééfait est un groupe parisien formé en 2023 autour d’un chanteur mexicain, Ric Lara. Il vient donc de sortir son premier album éponyme, chez Ici d’ailleurs, après un EP paru fin 2025. Et déjà une jolie collection de chroniques enthousiastes. C’est bien.

Leur nom vient notamment de DF, Distrito Federal, ancien nom administratif de Mexico, la ville d’origine de Ric Lara.
Le groupe explore un territoire quelque part entre krautrock agacé, noise rock radical, psychédélisme barré, post-hardcore en boucle et autres expérimentations sonores. Certains entendent du doom aussi. Voire du shoegaze. Ou des perceuses. J’en perds mes mots. Eux citent notamment CAN, Fugazi ou Boredoms parmi ses références. Et citent la référence proto-punk païen. Nous v’la bien.
Le tout porté par un chant possédé et multilingue avec des textes scandés, murmurés ou hurlés en trois langues : l'espagnol, l'anglais et le français.

Bref. Ça mérite une vérification sur organisme vivant. J’ai donc décidé de relayé immédiatement les dates.

LES DATES À SUIVRE

✅24 octobre 2026 - La Rochelle - SWIM Festival
✅27 octobre 2026 - Rouen - Le 3 Pièces Muzik'Club
* 28 octobre 2026 / Massy - Primeurs de Massy
* 30 octobre 2026 - Castres - Les Primeurs de Castres
* 31 octobre 2026 - Saint-Bonnet-le-Bourg - Le Boléron
* 13 novembre 2026 - Nancy - L'Autre Canal
* 14 novembre 2026 - Strasbourg - La Grenze
* 3 décembre 2026 - Rennes - Trans Musicales, Hall 4
* 7 janvier 2027 - Paris - Petit Bain

CONCLUSION PROVISOIRE

Je ne vais pas vous expliquer que Dééfait est le groupe de l’année.
Je viens de le découvrir.
Je ne vais pas non plus vous raconter ce que vaut leur prestation scénique.
Je ne les ai pas encore vus.
En revanche, je peux vous dire une chose.
Il y a des disques qu’on écoute en faisant autre chose.
Il y a des disques qu’on trouve intéressants.
Et puis il y a ceux qui vous font arrêter ce que vous étiez en train de faire, regarder votre enceinte et demander : MAIS C’EST QUOI CE BO**EL ?
Dééfait vient d’entrer dans cette troisième catégorie. Radar enclenché.
Il ne reste plus qu’à trouver une fosse.

DESCENTE EN FOSSE : MÁQUINA. QUAND LA TECHNO SE MET AU PUNK(Ou comment trois Portugais transforment une guitare, une bas...
12/10/2026

DESCENTE EN FOSSE : MÁQUINA. QUAND LA TECHNO SE MET AU PUNK
(Ou comment trois Portugais transforment une guitare, une basse et une batterie en machine à faire danser les punks)

J’ai encore trouvé des gens qui font du bruit. Cette fois, ils sont portugais.
Ils s’appellent MÁQUINA. Avec un point à la fin. C’est important.
Leur projet est simple : faire danser les habitués des clubs techno et faire pogoter ceux des concerts punk. En même temps.
MÁQUINA., c’est un trio de Lisbonne : Halison Peres (batterie/chant), José « Mendy » Rego (basse) et João Cavalheiro (guitare/effets).

Le tour de force est là : sur scène, ils fabriquent de la techno industrielle avec des instruments de rock traditionnels. Pas de rythmes préenregistrés, pas de machines pour tenir la cadence. Une guitare, une basse, une batterie. Et pourtant, on cherche en permanence où ils ont planqué les synthétiseurs.

Leur musique mélange krautrock, noise, punk et EBM. Un motif, un rythme motorik, une basse lourde. Ça recommence, ça insiste, ça accélère. Ce qui commence comme du rock devient une transe physique implacable qui vous fait bouger sans demander votre avis.

Après plus de 250 concerts, une première tournée au Brésil et une session KEXP enregistrée aux Trans Musicales 2025, le trio défend son nouvel album, sorti en juillet 2026 chez Fuzz Club Records. Plus direct et resserré que leur premier opus, ce disque maintient une pression telle qu’il devrait être vendu avec un certificat médical.

Perso, c’est la programmation du Grand Mix à Tourcoing qui m’a mis le nez dedans. Le mercredi 14 octobre, MÁQUINA. y partage l’affiche avec Bothlane.

Bothlane, c’est un Belge. Un seul. Alain Deval, batteur liégeois, qui mélange batterie et synthétiseurs modulaires pour fabriquer une techno jouée en direct, entre rythmes hypnotiques et basses électroniques.

Pour voir MÁQUINA.

* 11 octobre - Bordeaux - Le Krakatoa
* 12 octobre - Rennes - Ubu
* 13 octobre - Laval - 6PAR4
* 14 octobre - Tourcoing - Le Grand Mix
* 15 octobre - Paris - MaMA Music & Convention
* 16 octobre - Zurich - Bogen F
* 22 octobre - Bruxelles - AB - Ancienne Belgique
* 27 octobre - Nantes / Rezé - Cold Crash
* 28 octobre - Toulouse - Vadrouille - Festival / La Dérouille

Pendant que je documentais très sérieusement ce qu’on voit depuis la fosse, David faisait des photos. Des vraies.Même co...
12/10/2026

Pendant que je documentais très sérieusement ce qu’on voit depuis la fosse, David faisait des photos. Des vraies.
Même concert, même soir, résultat différent. On ne rappellera jamais assez que c’est un métier !
Il vient de mettre en ligne son album de It It Anita au Forum de Vauréal.
Allez voir. Moi, pendant ce temps-là, je vais continuer à photographier des amplis, des musiciens flous, des nuques et David caché derrière des amplis. 😂

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16 Rue Du Temple
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