30/01/2022
PIETRI FRANÇOIS SAMPIERO SÉBASTIEN MARIE JOURDAN.
François Pietri est un homme politique français, né le 8 août 1882 à Bastia et mort le 17 août 1966 à Sartène.
Fils d'Antoine Jourdan Napoléon Piétri de Sartène, petit fils de François Xavier Marie Pietri et de Aurélie de Rocca Serra.
Il descend également de l'importante famille politique Gavini de Campile par sa mère Clorinde Rose Brigitte Gavini.
Né à Bastia, François Piétri passe son enfance à Alexandrie, en Egypte, où son père exerce les fonctions de conseiller légal du gouvernement égyptien.
Poursuivant ses études au collège Stanislas à Paris de 1895 à 1899, il est lauréat du concours général en 1897 et 1898.
Licencié ès lettres en 1900, docteur en droit et diplômé des sciences politiques en 1903, il couronne ces très brillantes études en réussissant, en 1906, le concours de l'inspection des finances.
François Piétri est député de Corse de 1924 à 1940 :
11/05/1924 - 31/05/1928 : Corse - Républicains de gauche
22/04/1928 - 31/05/1932 : Corse - Républicains de gauche
01/05/1932 - 31/05/1936 : Corse - Républicains de gauche
26/04/1936 - 31/05/1942* : Corse - Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants
Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936.
Plusieurs années président du Conseil général de la Corse sur cette période (1924 à 1940), François Piétri est plusieurs fois ministre dans l'entre-deux-guerres :
- sous-secrétaire d'État aux Finances du 23 juin au 19 juillet 1926 dans le gouvernement Aristide Briand (23 juin 1926 au 17 juillet 1926.)
- ministre des Colonies du 3 novembre 1929 au 13 décembre 1930 dans les gouvernements André Tardieu (3 novembre 1929 au 17 février 1930) et André Tardieu (2 mars 1930 au 4 décembre 1930.) ;
- ministre du Budget du 27 janvier 1931 au 20 février 1932 dans les différents gouvernements de Pierre Laval ;
- ministre de la Défense nationale du 20 février au 3 juin 1932 dans le gouvernement André Tardieu ;
- ministre des Colonies du 26 octobre au 26 novembre 1933 dans le gouvernement Albert Sarraut ;
- ministre des Finances du 30 janvier au 4 février 1934 dans le gouvernement Édouard Daladier ;
- ministre de la Marine du 9 février 1934 au 1er juin 1935 dans les gouvernements Gaston Doumergue et gouvernement Pierre-Étienne Flandin ;
- ministre de la Marine du 1er juin 1935 au 4 juin 1936 dans les gouvernements Fernand Bouisson, Pierre Laval et Albert Sarraut ;
- ministre des Communications du 12 juillet au 6 septembre 1940 dans le gouvernement Pierre Laval sous le régime de Vichy.
Il a été également directeur des finances du protectorat au Maroc au temps de Lyautey, ambassadeur du gouvernement de Vichy en Espagne en 1940 jusqu'à 1944.
Il a reçu la Francisque.
C'est à ce titre qu'il fut condamné par la Haute Cour de justice à cinq ans d'indignité nationale, le 4 juin 1948.
Le 31 janvier 1950, une mesure de relèvement est prononcée par le Conseil supérieur de la magistrature en faveur de François Pietri.
Écrivain d'essais politiques et historiques, il reçoit en 1956 le grand prix Gobert de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre historique.
Sa v***e, née Marie-Antoinette Brocheton, avait épousé en premières noces Pierre-Augustin Barrachin ; mère d'Edmond Barrachin, elle meurt en 1978, à 102 ans.
Homme politique et écrivain, François Piétri était également un sportif accompli : il est international à l'épée en 1921-1922, ce qui lui vaut par la suite de présider la Fédération nationale d'escrime et de faire partie du Comité international olympique.
François Piétri faisait partie de ceux que l’on appelait à l’époque les "philosémites" (favorable aux juifs, à l'instar de Charles Péguy - l’adjectif est peu employé de nos jours).
Il était notoirement dreyfusard, depuis sa jeunesse, dans un milieu social qui très fréquemment ne l’était pas.
Au début des années 1930, il est membre du Comité national de secours aux réfugiés allemands victimes de l'antisémitisme et du Comité français pour la protection des intellectuels juifs persécutés, dont il est ensuite président d'honneur.
Au cours de ses années à Madrid comme ambassadeur de France pendant la guerre, il a aidé de nombreux Juifs à fuir de France vers la zone libre d’Afrique du Nord via l'Espagne, notamment en en hébergeant momentanément à l'ambassade.
Le mont Pietri a été officiellement dénommé en 1931 en hommage au ministre français de la Marine de 1926 à 1936, François Piétri, lors du passage aux Kerguelen du navire de la Marine nationale, L'Antarès, qui en fait le relevé et le reporte sur sa carte hydrographique de 1937.
Sources : wikipédia, Comité des travaux historiques et scientifiques, Généalogie de Micaëla Etcheverry.
Photo : François Pietri en 1929. Agence de Presse Meurisse.