26/08/2026
Peut-être avez-vous observé ces dernières années que de plus en plus d'artistes en général, et de musicien·ne·s en particuliers, étaient amené·es à proposer des financements participatifs pour aller au bout de leurs projets. En effet, et vous le savez, les financements pour la culture baissent, les aides se réduisent, alors les organisateurices de spectacle vivant cherchent à s'en sortir comme iels le peuvent.
La conséquence, c'est que globalement on essaye toutes et tous de rogner sur nos dépenses, ce qui signifie pour les musicien·ne·s de jouer moins cher. Le coût d'un·e artiste intermittent·e est incompressible si on veut se déclarer. Ce qui diminue ce sont les marges autour. Il y a quelques années, il était évident d'avoir avec les recettes des représentations, une part qui revient au travail administratif, des frais de déplacement, une part pour la compagnie et une part pour les projets futurs en plus des salaires des musicien·ne·s. Ce qu'on observe ces derniers temps, c'est qu'il faut jouer, il faut faire les dates, rassembler les heures, alors on réduit, tant p*s pour les frais de déplacement, on divise entre les personnes dans la voiture, tant p*s pour les projets à venir, on fait vivre ce qui est là maintenant...
Tout ça pour dire que les sous de côté pour les projets futurs, c'est de plus en plus difficile de les mettre. Et quand on a un gros projet, comme la sortie d'un album, on en arrive là où on en est : soit on investit de notre poche personnelle (ce que nous avons déjà fait pour acheter le décor du spectacle, aller le défendre au festival d'Avignon, ou à Aurillac...), soit on vous demande de l'aide à vous, les ami·e·s, la famille et toutes celles et ceux qui ont vu, apprécié le spectacle et qui ont envie de nous avoir quelque part avec elles et eux.
Nous, on a choisi le pré-achat, tu achètes ton cd maintenant, et dès qu'il sort on te le fait parvenir.
Ne nous y méprenons pas, cette solution-là, bien que primordiale et nécessaire pour nous actuellement et toustes les autres artistes qui en passent par là, est une solution court-termiste. Il est temps d'arrêter de brader la culture. Et les choix politiques que nous nous apprétons à faire au cours de l'année 2027 vont être décisifs pour la survie d'un grand nombre d'acteurices du monde de la culture. Nous espérons voir une réelle amélioration des conditions de travail et de vie dans notre milieu et une plus juste répartition des moyens. Rappelons nous que chaque choix est politique et que peu de programmes soutiennent la culture...