12/12/2025
Évidemment, je voulais réagir au , l’actualité féministe brûlante du moment.
Révoltée devant tant de mépris : mépris de classe, mépris des puissant·es envers nous, pauvres peuples, là juste pour les nourrir, leur donner toujours plus de force, apporter de l’eau à leur moulin. Nous sommes si engoncé·es dans leur toile d’araignée que nous ne savons plus comment en sortir. Iels nous ont bien coincé·es.
Rage devant ce mépris, rage devant cette preuve que le pouvoir est un poison qui nous ronge, que même une femme peut ne pas être notre alliée lorsqu’elle est touchée à son tour par cette maladie. Que certains membres de minorités opprimées préfèrent s’allier aux oppresseurs me questionnera toujours… mais j’en ai rencontré de très près, des femmes pas féministes ou qui font semblant de l’être pour cocher les cases des subventions, octroyées par des institutions elles-mêmes imprégnées du patriarcat.
Mais passons.
Ce matin, à la pharmacie, alors que je donnais les informations de base, la pharmacienne s’exclame : « Ah oui, je connais ! J’habitais dans cette rue avant. »
Marrant, bien qu’anodin, jusqu’à ce qu’elle ajoute : « J’habitais la résidence juste en face de la maison où cette pauvre femme a été brûlée vive par son ex. Vous avez entendu parler de cette histoire ? »
J'ai senti les mots monter un à un à la compréhension de mon cerveau à mesure qu'elle les prononçait.
Elle parlait de Chahinez, victime de féminicide en 2021.
Je suis secouée. J’avais entendu parler de cette affaire, parce que les féminicides sont un symbole terrifiant de la violence qui tue directement les femmes. Parce que le mot compte, parce que le combat compte, et que l’État ne fait rien, la justice ne fait rien, la police ne fait pas assez face au harcèlement d’ex-compagnons.
Parce que oui, c'est arrivé dans la banlieue bordelaise, près de chez moi, ça m'avait marquée plus fort.
Et ce matin, j'apprends que ce drame s'est déroulé à 10 maisons de chez moi.
La colère que cette injustice ravive est encore plus forte à cause de la proximité. C’est arrivé près de chez moi. Ça peut m’arriver. Ça peut nous arriver.
Alors que la Première Dame de France se permette de nous traiter de sales connes, c’est au-delà de ce qu’on peut tolérer.
Écrire ma rage, c’est tout ce que je peux faire. Militer et en tirer un geste artistique paraît dérisoire, mais c’est vital pour moi. C’est ma manière de rester debout.
Sororae 06 – Rite de femmage aux tombéesPerformance de et avec Clémentine Aubrywww.clementineaubry.comImages de Lucas CourougeCaptation 13 décembre 2019 - To...