30/04/2025
Quelle joie et quelle fierté d’avoir participé à cette 36eme nuit des Molières ! Joie de partager ce moment festif avec cette f***e équipe de PUNK.E.S qui défend ce projet avec une ardeur sans pareil jour après jour depuis deux ans. Fierté que PUNK.E.S soit nommé aux côtés de trois autres merveilleux spectacles musicaux aux esthétiques variées qui nous prouvent à quel point ce genre est large, exigeant, tour à tour grandiose et intimiste, politique ou comique. On peut parler de tout en chansons, que l’on soit deux sur scène ou 40.
Seule fausse note de cette cérémonie : aucune femme créatrice récompensée. Et pourtant, elles étaient là et bien là dans le rang des nommé.e.s : des talentueuses, des acharnées, des méritantes. Elles ont porté des projets courageux, puissants et singuliers. Elles ont dirigé des équipes nombreuses, se sont emparées avec panache de sujets contemporains, comme la violence des systèmes de domination capitaliste et/ou patriarcale, les freins auxquels les femmes sont confrontées quotidiennement dans ces systèmes, ou encore la difficulté de se faire une place dans la création artistique, et le courage qu’il faut pour conquérir cette liberté.
Si les votes reflètent les pensées et les mentalités, espérons que celles-ci évoluent enfin, espérons que l’année prochaine, les autrices, les metteuses en scène, les musiciennes, les scénographes, les costumières, les éclairagistes auront leur place sur le podium.
« Où sont les femmes ? » a titré Le Monde ce matin. Eh bien, assises, pardi ! Dans la salle, à applaudir les lauréats qui, s’ils sont tout autant talentueux que méritants, sont mathématiquement peu représentatifs de la création dans son ensemble.
Rêvons ensemble qu’un jour, on confie à une femme un projet aussi fou que celui qu’on a confié à Thomas Jolly, cette mise en scène vue par des milliards d’êtres humains, et que celle-ci puisse montrer à ces milliards d’êtres humains qu’une femme aussi est capable de ça.