27/05/2026
Rendez-vous dimanche 31/05 à La Gaude (06) avec le Contreband
« À l’école, c’est logique. L’écologie, faudrait l’enseigner » : CharlElie Couture chantera l’urgence climatique lors d’un festival proche de Nice
L’interprète de Comme un avion sans ailes, CharlElie Couture revient avec Projet Bleu Vert, son 27e album. Un disque de duos écocitoyens où le bleu de la mer épouse le vert de la terre. Avant son concert de clôture au Festival Improbable de La Gaude, le dimanche 31 mai, rencontre avec cet artiste pour qui l’art est, avant tout, un moyen d’action.
Votre nouvel album mêle engagement écologique et projet collectif. Quel rôle doit jouer l’art aujourd’hui ?
Un artiste vit de sa sensibilité. Les dérives de la société me touchent personnellement. Mon album est un moyen de transmettre ma solidarité envers ceux sur le terrain. Chacun fait avec ce qu’il a. Je défends les causes en racontant l’émotion. Tout ce que rapporte l’album est reversé à France Nature Environnement.
À plusieurs voix, les chansons prennent une portée plus universelle : ce n’est plus seulement mon « je », c’est un « nous ». Même le support a du sens : on a créé un bio vinyle à base d’algues. Ça me plaît, qu’on parle moins de moi et plus du contenu des chansons. Même la pochette, je l’ai confiée à Michel Granger, qui dessine magnifiquement sur cette question.
Vous réenregistrez d’anciens titres engagés. Quel regard portez-vous sur la situation quarante ans après ?
Déjà, c’est l’occasion pour le public de redécouvrir ces chansons qui, mis à part La ballade du mois d’août 75 [reprise avec Yannick Noah], n’avaient jamais eu la moindre audience.
La problématique s’est dégradée. J’ai toujours été sensibilisé. On m’avait enseigné qu’il fallait autant défendre la nature que les hommes, parce que les hommes sont la conséquence de la nature. Mais aujourd’hui, l’argent a pris le pouvoir. Les puissants ont des envies à court terme et l’on tend à réduire la culture à une simple distraction. Alors que pour moi, la culture est le lien essentiel entre les individus.
Vous mettez aussi en musique un poème de Paul Watson. Qu’est-ce qui vous touche dans son combat ?
J’admire son courage et j’ai eu la chance de le rencontrer après sa libération. Aujourd’hui, on s’aperçoit que le chant des baleines est constitué de phrases complexes que l’intelligence artificielle permet d’assimiler et de décoder. Défendre cette pensée-là, c’est quelque chose de courageux et qui me touche.
Dans votre morceau « Les ours blancs », repris avec Kent, vous réclamez de l’écologie à l’école…
« À l’école, c’est logique. L’écologie faudrait l’enseigner. Réapprendre la grammaire de l’eau, de l’air et de la lumière… » C’est ce que je dis dans la chanson. Elle devrait être une matière transversale les reliant toutes.
Vous clôturez le Festival Improbable le 31 mai. À quoi doit s’attendre le public ?
Sur scène, je me sens comme un skipper. Ma musique est mon bateau, mes musiciens et les techniciens sont mes marins. Le public fait la mer, et les médias font la météo. En tant que capitaine, je navigue et mène ma barque à bon port.
J’ai la chance d’être entouré par des musiciens brillants : Karim Attoumane à la guitare est un virtuose, Martin Mayer aux drums m’accompagne depuis maintenant plus d’une dizaine d’années, et Barbara Felettig une finesse de jeu qui colle bien avec nous trois.
Dimanche 31 mai. Au Festival Improbable de la Gaude. Tarifs : 28 euros en ligne, 30 euros sur place.
Le Festival Improbable de La Gaude fête ses dix ans
La neuvième édition du Festival Imprombable de La Gaude a reçu près de 2800 festivaliers.
Pour son dixième anniversaire, le festival investit les Jardins de la Coupole à La Gaude avec 55 heures de musique live et cinq food-trucks. Plus de 4 000 festivaliers sont attendus. Le samedi 23 mai ouvrira le bal avec une journée consacrée aux découvertes musicales, marquée notamment par le concert rock écoresponsable des Deaf Blokes en soutien à Sea Shepherd. Les 24 et 25 mai, place au rock avec The P***y Dad Project, Fraggl’Rock et les 30 ans de carrière de Bij Soul Syndicat.
Le vendredi suivant le festival accueillera une soirée tremplin pour jeunes talents ainsi qu’un marathon de onze groupes, le lendemain, mêlant reprises et scène locale. Enfin, le dimanche 31 mai, la grande soirée de clôture réunira un orchestre de cuivres, la chorale des Gaudasses, deux groupes puis CharlElie Couture en final.
Les week-ends des 23, 24 , 25 et 29.30 et 31 mai 2026. Aux Jardins de la Coupole à La Gaude. Entrée libre sauf le dimanche 31 mai. Rens. https://lefestivalimprobable.fr/
Margot Lemoine
7–9 minutes
Les 23, 24, 25, 29, 30 et 31 mai 2026 Le Festival Improbable 10e édition Le Festival IMPROBABLE fête ses 10 ans ! Rock, jazz, blues, pop, fanfares, chœurs, chanson française… En mai 2026, le Festival Improbable fait son grand retour aux jardins de la