08/03/2023
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On vous salue chers publics, vous nous manquez, mais cette fois, depuis notre arrivée au Zorba en janvier 2019, notre amour pour la musique et les caves n’ont pas pu continuer à jongler avec la réalité. C’était trop pour nous cette fois.
Assurer la programmation mensuelle du Zorba c’était une expérience hyper enrichissante et galvanisante d’un côté, mais vraiment épuisante et frustrante de l’autre.
On a fait jouer des groupes géniaux, donné des cartes blanches à des collectifs qu’on adore, fait pleins de chouettes rencontres, organisé des soirées de soutien, des ateliers et surtout écouté des musiques, sonorités et expressions incroyables.
Et malgré tout cet amour qu’on porte à ce lieu assez magique il y a un dysfonctionnement évident entre le bar et la salle, qu’on aura tenté de résoudre, de faire avec, à plusieurs reprises mais le fait est que nous sommes fatiguées pour continuer à travailler dans ce contexte, sentant que dans l’ensemble, notre travail et nos équipes (son et caisse), ne sont pas respecté-s ni valorisé-es.
Ça fait maintenant presque trois mois que nous prenons du recul, dans l’attente de solutions concrètes et matérielles, en espérant que celles-ci puissent voir le jour, de façon rapide et simple.
On vous a laissé sans nouvelles du jour au lendemain concernant notre programmation. Silence inhabituel pour une situation délicate. Vous l’aurez peut être compris et maintenant on vous le confirme, notre mission au Zorba est arrivée à sa fin le 31 décembre 2022. Ces derniers mois depuis la rentrée de septembre, ont été éprouvants pour nous par rapport au lien qu’on entretenait avec maintenant nos ex-employeurs et responsables du lieu, l’un d’eux étant également propriétaire et gérant du Café de Paris à Ménilmontant où nous avons également organisé des soirées à plusieurs reprises.
Il est temps, pour le meilleur des possibles à venir pour cette cave et pour la musique (et en général pour tout autre espace avec ce même type de dynamiques de pouvoir, pour lesquels nos constats peuvent être utilisés comme outils ou référence de réflexion) qu’on communique sur cet état des lieux pour pouvoir faire une passation en toute sérénité et accord avec nous-mêmes. On salue les programmateur-ices, technicien-n-es et artistes qui arrivent et cell-eux qui étaient déjà là bien avant qu’on se dédie à l’organisation de concerts et qui nous inspirent à leur façon.
Dans le concret, nous attendons le remboursement intégral de 2800€ de frais de productions (graphisme, impressions, réparation de matériel, transports, etc.) avancés entre novembre 2021 et décembre 2022.Il nous semble important de mettre en lumière cette réalité parmi d’autres péripéties comme des retards fréquents ces derniers mois pour recevoir nos salaires. Nos finances personnelles, ainsi que nos capacités émotionnelles pour gérer cette situation ont été affectées à plusieurs reprises.
Nous devons communiquer pour avancer et tourner la page et mettre en place un terrain plus constructif, plus bienveillant et à l’écoute, où des réseaux affectifs et d’entraide entre collectifs se créent, avec un positionnement qui existe et se construit à plusieurs voix, plutôt que de continuer à donner encore de la place et du crédit à des discours qui s’approprient dans le vide les notions de solidarité et d’inclusivité.
Faute de solutions concrètes, nous devions avancer et faire des choix. Nous avons fait appel à une avocate en droit du travail. Nous avons également prévenu les patrons du fait de rendre publique la situation. À leurs yeux, en le faisant, nous instaurons une situation qu’ils décrivent comme du chantage.
Nous nous situons maintenant dans un espace à mi-chemin entre nos souhaits et nos besoins. Nous soutenons et nous encourageons (dans la mesure du possible) la reprise des activités de la cave puisqu’elle reste un espace exploitable et à s’approprier, pour le bien de nos scènes avec les moyens du bord vu le manque de lieux accessibles dans la ville pour le type de musiques que nous apprécions et défendons. On n’appelle pas au boycott pour autant, chacun est libre de faire ses propres choix en écho avec ses valeurs personnelles. Nous avons tout simplement besoin d’être remboursées, après plus d’un an d’attente. Il est temps.
Nous sommes conscientes de cette forte contradiction puisque indirectement nous créons un bénéfice financier pour des personnes qui nous portent défaut. C’est un cycle et une réalité à approfondir dans nos espaces de musique et de fête avec plus de cohérence et d’outils pour trouver ou créer d’autres alternatives qui font face à ce déséquilibre : mutualisation, mise à disposition de ressources et moyens, collaborations, création d’espaces, et un long etc.
Nous avons donné beaucoup de nous-même pour tenter de permettre au Zorba de relancer au mieux son activité après les conséquences désastreuses du confinement et jusqu’au dernier soir de 2022. Cependant les gérants n’ont pas su montrer une quelconque reconnaissance à notre égard et surtout, n’ont pas respecté leurs engagements les plus basiques, dont le remboursement qui devait se faire avant la fin de notre contrat.
L’ironie du sort c’est qu’au moment où nous avons pris la décision d’arrêter la programmation au Zorba nous pensions, sans doute naïvement, que les patrons honoraient leur dette envers nous et que nous pourrions donc partir en bon terme, l’esprit léger.
Pour ça, nous avons décidé de faire une passation à un nouveau collectif que nous avons contacté, afin que la cave puisse continuer d’être investie par des personnes dont on aime et respecte le travail qui ne s’attendaient évidemment non plus à une situation pareille. Malheureusement les choses ne se sont pas faites comme ça et nous regrettons de devoir annoncer cette passation avec un arrière goût désagréable, alors que nous aurions été ravies de faire un simple communiqué plein d’enthousiasme et d’emojis pour vous faire part de la nouvelle.
Il est certain qu’iels devront faire face à certaines difficultés, les gens ne changent pas, mais la nouvelle équipe sait où iels mettent les pieds et par conséquent ne devraient pas reproduire les mêmes erreurs que nous, ni subir les mêmes abus que les référents de ces bars instaurent.
Nous continuons, peut-être pour la deuxième et dernière fois, de faire la passation des caves à concerts entre orgas du DIY. Nous souhaitons le meilleur et beaucoup de courage au collectif qui va mener à partir de cette semaine la programmation du sous sol le plus chaud de Belleville, les quatre mûrs sont maintenant dans les mains d’une nouvelle équipe.
Nous vous tiendrons au courant de la suite de cette dette et notre remboursement au plus vite, on l'espère. Si aucun effort n’est fait de leur part et que nous n'avons pas d’autre alternative (et de possibilité juridiquement parlant) que de mener ceci par la voie légale, on optera pour une cagnotte en ligne, une ou plusieurs soirées de soutien pour couvrir ces frais, qu’ils soient frais de justice ou frais de production. Si actuellement au vu de la situation vous souhaitez nous proposer une aide ponctuelle et précise, nous restons joignables par les biais habituels.
Merci à tous, musicien-n-e-s, technicien-n-e-s, publics, ami-es, famille, inconnus, de nous avoir soutenu durant cette aventure si intense ♡ . Nous avons hâte d’organiser de nouvelles soirées, dans des nouveaux lieux, avec des nouvelles et anciennes têtes. On bouge pour laisser la place. On s’en va s’ouvrir d’autres chemins.
LONGUE VIE À LA MUSIQUE
Truly yours comme d’hab
DOXA ESTA : Michèle Santoyo (Eme Belmont) & Louann Djian
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