29/06/2026
LE SILENCE DES VIVANTS
Hier encore…
Il avait un ballon dans les pieds.
Aujourd’hui, il a une pierre sur son nom.
Hier encore, il devait réviser pour son brevet.
Aujourd’hui, une famille révise les souvenirs d’un enfant qu’elle ne reverra plus.
Thierno Amadou Bella Diallo…
Un nom parmi tant d’autres ?
Non.
Un fils.
Un frère.
Un élève.
Un rêve qui respirait.
Il jouait au foot tranquillement dans son quartier…
Il n’avait pas demandé la guerre.
Il n’avait pas demandé à devenir un symbole.
Mais parfois, dans certaines terres,
les innocents deviennent les pages les plus tristes de l’histoire.
Alors ce jour-là, j’ai demandé quelques secondes de silence.
Pas parce que le silence est une solution…
Mais parce qu’il fallait au moins que sa mémoire entende qu’on n’a pas oublié.
Mais dites-moi…
À quoi sert une voix du peuple
si elle tremble quand le peuple souffre ?
À quoi servent les grands discours,
les beaux vêtements,
les belles paroles…
Si au moment où une mère pleure,
on détourne le regard ?
Je parle aux sages.
Je parle aux guides.
Je parle aux artistes.
Ceux qui portent des micros.
Ceux qui portent des titres.
Ceux qui portent une influence.
Une voix n’est pas un privilège.
C’est une responsabilité.
Car parfois, le plus grand soutien d’une injustice,
ce n’est pas celui qui frappe…
C’est celui qui voit,
qui sait,
mais qui choisit de se taire.
Moi je ne prétends pas avoir toutes les réponses.
Je suis juste un homme avec une plume.
Mais une plume qui refuse de dormir
quand des innocents sont enterrés.
Parce qu’un jour,
nos enfants nous demanderont :
« Vous saviez… alors pourquoi vous n’avez rien dit ? »
Et ce jour-là,
je veux pouvoir regarder mon reflet
et répondre :
« J’ai essayé. »