La Maison des Contes et des Histoires

La Maison des Contes et des Histoires Séances de Contes, Ateliers. Formations à l'art de conter. Expositions d'illustrations pour la jeunesse Bienvenue à la Maison des Contes et des Histoires.

La Maison des Contes et des Histoires offre :
1. Formations à l’art de conter
• Rendez-vous-contes
Wanda vous accueille pour partager avec vous sa passion pour les contes et son « savoir-dire «. Moments de discussions, de partage, d’échanges d’expériences, de répertoire, d’élaboration de racontées, entre conteuses en formation et conteuses confirmées.Tous les lundis après-midi, de 14h30

à 18h. Entrée libre
. Cours collectifs
Tous les mardis de 19h à 21h. Contactez Wanda au 07 60 31 66 50.
• Cours individuels
L’expérience a prouvé que cette formation individuelle permet d’avancer plus rapidement dans l’acquisition d’un répertoire et d’un style. Sur rendez-vous avec Wenda, 2h
2. Veillées
Régulièrement, les conteuses de La Maison des Contes et des Histoires racontent pour les Grands. La Maison des Contes et des Histoires propose des « veillées »à thème, collectives ou individuelles. Entrée libre – Durée : 1h. Pour les dates, voir l’article.
3. Permanences
Mardi et Jeudi de 14h30-16h30. Permanence assurée par Wenda. Possibilité de consulter les livres. La Maison des Contes et des Histoires accueille :
l’association Le Pandaroux
organise les Mercredi à 15h et 16h, des Activités pour Enfants de 2-4 ans et.5-11 ans, Pour plus de détails, voir le site: http:/www.lepandaroux.com
L’ Atelier d’écriture Lettrances
les Samedi de 11h à 13h: 21 novembre – 12 décembre 2015, 9 et 23 janvier – 6 et 20 février – 12 mars – 9 avril – 14 et 28 mai – 13 juin 2016. Inscription au 06.81.08.00.20 ou 01.43.45.99.79 . Demandez Nelly Joubert, [email protected] /http://www.lettrances.com
des Expositions d’illustrateurs
d’albums pour enfants. Voir les annonces.

22/04/2026

À 79 ans, je vis seule. Et oui : je suis libre.
Quand les gens l’apprennent, je le vois immédiatement dans leurs yeux. Leur expression s’adoucit, comme s’ils devaient me parler avec précaution. Puis vient la question, posée doucement, avec une inquiétude qui ressemble parfois presque à de la peur :
« Tu ne te sens pas seule ? » « Le soir… le silence ne te pèse pas ? »
Je souris.
Pas parce que je ne comprends pas leur inquiétude. Je la comprends très bien.
Je souris parce que beaucoup n’ont pas vécu assez longtemps pour apprendre quelque chose de simple : vivre seule n’est pas la même chose qu’être seule.
Je m’appelle Elvira, j’ai 79 ans, et je vis dans ma propre maison. Une maison qui a été témoin de toute une vie. Une maison qui, pendant des années, a été remplie de bruit : le cliquetis de la vaisselle, les voix qui se chevauchent, les pas rapides dans le couloir, les rires, les petites disputes, les portes qui s’ouvrent et se ferment sans cesse.
Il y avait de longs déjeuners, avec une table toujours un peu trop petite et toujours un peu trop joyeuse. Il y avait des enfants qui couraient, des cartables jetés sur les chaises, des miettes sur le sol. Il y avait cette énergie qui vous épuise et vous fait vous sentir vivant en même temps.
Et puis il y avait les nuits. Pas les nuits romantiques — les vraies. Les nuits où l’on reste éveillée à faire des calculs dans sa tête, à repasser ses inquiétudes, à se demander si l’on fait assez. Les nuits où l’on a l’impression que l’avenir dépend d’une mauvaise décision, d’un appel qui n’arrive jamais, d’une maladie soudaine.
J’ai traversé tout cela : des périodes plus calmes et d’autres où l’on serre les dents et l’on avance. J’ai connu l’amour, oui. Mais j’ai aussi connu cette fatigue qui s’infiltre dans les os et vous rend silencieuse, même entourée de monde.
J’ai été une épouse.
J’ai été une mère.
J’ai été la femme qui « tenait tout ensemble » sans attirer beaucoup l’attention. Celle qui se souvenait des rendez-vous, des échéances, des anniversaires, des courses, des médicaments, des détails. Celle qui écoutait tout le monde et oubliait souvent de s’écouter elle-même.
J’ai vécu pour les autres pendant très longtemps. Et je l’ai fait avec amour — vraiment. Mais c’était une vie intense. Une vie qui vous prend tout.
Puis mon mari est parti.
Écrit comme cela, cela semble une phrase courte. Mais à l’intérieur, il y a des années, des habitudes, des gestes répétés mille fois, une présence qui remplissait les journées même sans paroles. Ensuite, la maison est devenue plus grande. Et le silence, au début, m’a effrayée.
Pas le silence des pièces. Celui-là, on l’apprend vite.
C’était le silence intérieur qui me faisait peur. Cet espace soudain où personne ne demande « Comment ça s’est passé ? », où personne ne tousse dans la pièce d’à côté, où personne ne croise votre regard pour dire « Je suis là ».
Puis les phrases sont arrivées, toutes pleines de bonnes intentions :
« Tu devrais te rapprocher de tes enfants. »
« À ton âge, ce n’est pas prudent. »
« Il vaut mieux que quelqu’un veille sur toi. »
« Comme ça, tu ne te sentiras pas abandonnée. »
Ce n’était pas de la méchanceté. C’était de l’inquiétude.
Mais derrière cette inquiétude se cachait une idée qui me faisait mal : comme si une femme âgée devait forcément être « installée », « gérée », « protégée ». Comme si la tranquillité était un problème. Comme si le silence devait forcément signifier la tristesse.
Je me suis même demandé si j’étais égoïste.
Égoïste parce que j’aimais mon calme.
Égoïste parce que je ne voulais pas remplir chaque journée de visites, de bruit, d’obligations.
Égoïste parce que, parfois, cela faisait du bien de ne répondre à personne.
Puis un matin ordinaire est arrivé. Un de ces matins qui n’apparaissent jamais sur les photos, et pourtant changent tout.
J’étais assise près de la fenêtre, une tasse chaude entre les mains. Dehors, le ciel était d’un gris pâle, comme souvent. Je regardais la rue : quelqu’un marchait rapidement, le manteau relevé jusqu’au menton, un vélo glissait sur le trottoir mouillé, des feuilles se déplaçaient légèrement le long du trottoir.
Rien de spécial. Juste la vie.
Et là, dans ce « rien de spécial », j’ai compris :
je n’avais pas été laissée de côté.
J’avais été rendue à moi-même.
À partir de ce moment, même les petites choses ont eu un goût différent.
Je mange quand j’ai faim. Pas quand « il faut ». Je n’attends pas que quelqu’un rentre pour sentir qu’un repas est complet. Parfois je prépare quelque chose de simple. Parfois je cuisine quelque chose de bon, comme si j’étais une invitée chez moi. Si je veux dîner tôt, je dîne tôt. Si je veux dîner t**d, alors t**d. C’est une liberté que je n’aurais jamais imaginée quand j’étais jeune.
Je dors quand mon corps me le demande. Si j’ai sommeil l’après-midi, je m’allonge. Sans culpabilité. Sans explications. J’ai passé une vie à « tenir », à « résister », à dire « je ne peux pas ». Maintenant je peux dire : « maintenant, je peux ».
Il y a des jours où je ne parle à personne. Et pourtant je ne me sens pas froide. Je ne me sens pas vide. Le silence n’est plus une punition. Il est devenu une présence douce, comme une vieille amie assise à côté de vous, qui n’exige rien : qui ne vous questionne pas, ne vous juge pas, ne vous presse pas.
Je lis. Je regarde un film. Je range quelques choses. Je sors faire une petite promenade. Je m’arrête devant une vitrine, un balcon plein de plantes, un chat qui traverse la rue comme s’il en était le maître. Parfois je me perds dans les souvenirs ; parfois il suffit simplement de respirer.
Et oui, parfois je fais défiler des nouvelles, des photos, des visages. Je vois qui est encore là, qui ne l’est plus, qui sourit, qui lutte. Et je laisse échapper un souffle léger en pensant : je suis encore là. Je suis lucide. Je suis présente. Je suis en paix.
Mes enfants ont leur propre vie. Ils appellent, ils viennent, ils s’inquiètent. Et j’en suis reconnaissante. Mais ce n’est pas leur rôle de remplir mes journées. Je les ai élevés pour qu’ils soient indépendants. Et aujourd’hui, avec ce même amour, ils me permettent d’être indépendante. Ce n’est pas de la distance. C’est du respect.
Je ne suis pas heureuse tous les jours. Personne ne l’est.
Il y a des jours où la tristesse revient. Elle s’assoit un moment, serre ma poitrine, me rappelle ce qui ne reviendra pas. Je ne la chasse pas violemment. Je l’écoute. Je la laisse passer. Puis elle se lève et s’en va, comme les visiteurs quand ils n’ont plus rien à dire.
Mais ce qui reste en moi plus longtemps que tout le reste, ce n’est pas la solitude.
C’est la paix.
La paix de savoir que j’ai suffisamment pris soin des autres.
La paix de savoir que j’ai beaucoup donné.
La paix de ne plus avoir à prouver ma valeur en m’épuisant pour les autres.
À 79 ans, j’ai gagné un droit précieux : celui de prendre soin de moi, à ma manière.
Je vis seule, mais je ne suis pas perdue.
Je ne fais pas de bruit.
Je ne cours plus après tout.
Je respire.
Et si quelqu’un me demande encore, avec cette voix pleine de peur :
« Elvira, le soir… ça ne te pèse pas ? »
Je réponds simplement :
« Non. Le silence n’est pas mon ennemi.
C’est ma maison.
Et c’est là que je me sens libre. »

30/03/2026

Ils ont rejeté ses recherches scientifiques parce qu’elle était une femme — alors elle a écrit des livres pour enfants et acheté 4 000 acres de nature sauvage pour leur prouver à tous qu’ils avaient tort.

Elle s’appelait Beatrix Potter. Et le monde a tout fait pour la rendre invisible.

Née en 1866 dans la haute société victorienne, Beatrix était censée devenir exactement ce que son époque attendait : décorative, obéissante, intellectuellement effacée. Faire un bon mariage. Disparaître doucement dans la vie domestique.

Mais Beatrix avait d’autres projets.

Alors que les autres jeunes filles apprenaient la broderie et le piano, Beatrix collectionnait des insectes, dessinait des animaux avec une précision scientifique et étudiait les champignons avec une intensité qui inquiétait ses parents.

Elle ne se contentait pas de dessiner des champignons — elle les disséquait, les documentait, élaborait des théories avec une rigueur minutieuse.

Dans les années 1890, Beatrix développa une théorie révolutionnaire : les lichens ne formaient pas un seul organisme, mais une relation symbiotique entre un champignon et une algue — deux formes de vie totalement différentes vivant ensemble. Une idée en avance de plusieurs décennies sur la science de son époque.

En 1897, forte de recherches rigoureuses et d’illustrations d’une grande précision, elle rédigea un article scientifique : « On the Germination of the Spores of Agaricineae ».

Elle le soumit à la Linnean Society de Londres — l’institution scientifique la plus prestigieuse de Grande-Bretagne.

Le rejet fut immédiat et total.

Pas parce que sa science était mauvaise. Pas parce que ses recherches manquaient de rigueur.

Mais parce qu’elle était une femme.

Les femmes n’étaient pas autorisées à assister aux réunions de la Linnean Society. Elle ne pouvait pas présenter son travail. Ni défendre ses résultats. C’est son oncle qui dut lire son article à sa place — et malgré cela, il fut ignoré, rejeté, enterré.

Les portes de la science étaient verrouillées, et aucun talent ne pouvait les ouvrir.

Beatrix aurait pu abandonner. Beaucoup de femmes l’ont fait.

Au lieu de cela, elle changea de voie.

Si le monde scientifique refusait de la laisser entrer par la porte principale, elle construirait sa propre porte — à travers la littérature jeunesse.

En 1902, elle publia « The Tale of Peter Rabbit » (Pierre Lapin).

Ce fut un succès immédiat.

Au cours des deux décennies suivantes, elle écrivit et illustra 23 livres mettant en scène des animaux dessinés avec une précision scientifique. Chaque moustache, chaque feuille, chaque paysage était basé sur une observation directe et rigoureuse.

Ses histoires étaient des contes, certes — mais aussi des leçons de nature déguisées en récits pour enfants.

Elle devint l’une des auteures les plus célèbres d’Angleterre, aimée de millions de lecteurs.

Et l’histoire devient encore plus extraordinaire : Beatrix utilisa sa fortune non pas pour le luxe, mais pour la préservation de la nature.

Elle acheta des milliers d’hectares dans le Lake District en Angleterre — fermes, forêts, prairies. Elle devint une pionnière de la conservation, bien avant que l’écologie ne soit un sujet majeur.

Elle ne se contentait pas d’écrire sur la nature. Elle la protégeait.

À sa mort en 1943, à 77 ans, elle légua plus de 4 000 acres au National Trust, garantissant la protection de ces terres pour toujours.

Ces paysages existent encore aujourd’hui — des monuments vivants de sa vision.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

En 1997 — 54 ans après sa mort — la Linnean Society de Londres présenta des excuses publiques officielles pour avoir rejeté ses travaux scientifiques uniquement à cause de son genre.

Elle reconnut ce que l’histoire avait déjà prouvé : elle avait raison. Sa théorie sur la symbiose des lichens a été confirmée par la science moderne. Ses recherches étaient révolutionnaires. Son exclusion, une profonde injustice.

Aujourd’hui, ses illustrations scientifiques sont conservées dans des institutions prestigieuses. Les chercheurs étudient ses dessins mycologiques non pas comme des curiosités, mais comme de véritables documents scientifiques.

Elle était bien plus qu’une auteure pour enfants.

Elle était une scientifique autodidacte, en avance sur son temps. Une naturaliste méticuleuse dont les illustrations rivalisaient avec celles des botanistes professionnels. Une visionnaire de la conservation qui a protégé des milliers d’hectares de nature.

Et une femme qui a refusé de disparaître lorsque le monde exigeait son silence.

Ils lui ont fermé les portes du laboratoire.

Alors elle a construit un héritage qui leur survivra à tous.

Elle a écrit des histoires que des générations d’enfants continueront d’aimer. Elle a sauvé des paysages qui existent encore aujourd’hui. Elle a prouvé que lorsqu’une porte se ferme, on ne supplie pas pour entrer — on construit quelque chose de si grand qu’ils passeront le siècle suivant à s’excuser.

On lui a dit qu’elle ne pouvait pas être scientifique.

Alors elle est devenue scientifique, auteure à succès et pionnière de la conservation — pendant que les institutions qui l’avaient rejetée sombraient lentement dans l’oubli.

Les lapins de ses histoires n’étaient pas seulement adorables. Ils étaient dessinés avec la précision de quelqu’un qui comprenait l’anatomie, le comportement, l’habitat.

Les paysages n’étaient pas de simples décors. C’étaient des écosystèmes qu’elle étudiait, achetait et protégeait.

Chaque page qu’elle écrivait était un acte de résistance. Chaque hectare qu’elle sauvait était une preuve qu’ils avaient tort.

Quand ils lui ont refusé l’accès à leurs institutions, elle a créé la sienne — une œuvre qui, elle, leur survivra.

Et 54 ans après sa mort, ils ont enfin admis ce qu’elle savait depuis toujours :

Elle avait sa place. Elle avait raison. Et ils avaient eu tort de douter d’elle.

Adresse

7 Rue Pecquay
Paris
75004

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque La Maison des Contes et des Histoires publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Raccourcis

Partager