27/08/2026
🛑CARNET ROSE - PIERRE-DÉSIRÉ ENGO, EX-MINISTRE D'AHIDJO ET ANCIEN PATRON DE LA CNPS, SE REMARIE À 85 ANS MALGRÉ DES POURSUITES PÉNALES DE 25 MILLIARDS DE FCFA AU CAMEROUN.
À 85 ans, Pierre-Désiré Engo vient de rappeler à l'opinion publique que la vie conserve toujours ses droits, même là où l'on n'attendait plus que le silence pesant des prétoires. L'ancien haut commis de l'État a décidé de sceller son union avec sa compagne devant le maire et ses proches. Cet événement mondain aux allures de défi vient ajouter une touche d'inattendu à la trajectoire déjà extraordinaire et tumultueuse de cet homme qui aura marqué des décennies de vie publique camerounaise. Grand serviteur de l'État sous le régime du président Ahmadou Ahidjo, Pierre-Désiré Engo a appartenu à cette caste de hauts fonctionnaires surdiplômés et omnipotents qui ont posé les jalons administratifs du Cameroun indépendant. Occupant avec assurance le portefeuille ministériel de l'Économie et du Plan, il incarnait alors la rigueur et la vision stratégique d'un gouvernement en pleine structuration. Plus t**d, propulsé à la tête de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS), il s'est imposé comme l'un des gestionnaires les plus puissants du pays, régentant des budgets colossaux au service de la protection sociale des travailleurs.
Pourtant, le destin de cet homme de pouvoir a basculé brutalement à la fin des années 1990. Rattrapé par la justice administrative et financière dans le sillage de l'Opération Épervier, il est arrêté en 1999 et condamné à 15 ans de prison ferme pour détournement de deniers publics. L'ancien ministre se retrouve alors projeté des ors de la République aux cellules de la prison centrale de Kondengui. Une descente aux enfers judiciaire éprouvante de quinze années, qui s'est achevée en 2014 grâce à une mesure présidentielle d’arrêt des poursuites ayant permis sa remise en liberté. Pour autant, le volet judiciaire de sa vie ne s'est jamais complètement refermé. Même libre de ses mouvements, Pierre-Désiré Engo reste poursuivi pour un détournement présumé de 25 milliards de francs CFA, relatif aux surfacturations et malversations entourant le chantier du siège de la CNPS à Douala.
Cette procédure pendante continue de planer comme une ombre sur son bilan, rappelant la fragilité de sa situation légale. C’est précisément dans cet interstice, entre un passé glorieux, des années de privation de liberté et une épée de Damoclès judiciaire toujours suspendue au-dessus de sa tête, que ce mariage en Europe prend une résonance singulière. En choisissant de célébrer l'amour et de reconstruire un foyer à un âge où d'autres se retirent définitivement du monde, l'octogénaire envoie un message d'une vitalité déconcertante. Ni le poids des ans, ni les prétoires, ni la rumeur publique n'ont eu raison de sa volonté d'exister pleinement. Ce carnet rose au soir de sa vie n'efface en rien les litiges financiers, mais il offre le portrait saisissant d'un grand commis d'État tombé en disgrâce qui refuse obstinément de laisser la justice écrire le mot de la fin.