04/12/2018
CRITIQUE EXPRESS de PUPILLE au cinéma à partir de ce Mercredi 5 Décembre.
[LE PITCH] Théo est remis à l'adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. C'est un accouchement sous X. La mère à deux mois pour revenir sur sa décision...ou pas. Les services de l'aide sociale à l'enfance et le service adoption se mettent en mouvement. Les uns doivent s'occuper du bébé, le porter (au sens plein du terme) dans ce temps suspendu, cette phase d'incertitude. Les autres doivent trouver celle qui deviendra sa mère adoptante. Elle s'appelle Alice et cela fait dix ans qu'elle se bat pour avoir un enfant. Pupille est l'histoire de la rencontre entre Alice, 41 ans, et Théo, trois mois.
[L'AVIS]:
SUPER TRAITEMENT DU THÈME: Avec un thème lourd et sensible, le film parvient néanmoins à trouver le juste équilibre entre l’administratif et l’humain. On découvre les différentes étapes qui entourent le processus de l’adoption, sans en subir la lourdeur administrative. Et derrière les coulisses d’une administration, nous accédons aux doutes et aux difficultés de chacun, quel que soit son camp, avec bienveillance et sans jugement.
TRÈS BIEN ECRIT ET ADMIRABLEMENT INTERPRÉTÉ: La réalisatrice Jeanne Herry réussit même le pari de traiter le thème en l’enrobant de légèreté, et malgré la situation, nous rions. La finesse de son écriture est relayée par l’interprétation parfaite de son casting. Un Gilles Lellouche attendrissant comme jamais, une Sandrine Kiberlain clownesque à souhait, ou encore une Elodie Bouchez poignante, pour ne citer qu’eux ! Chose plutôt rare, le film présente une dimension chorale, mais nous laisse pourtant le temps de suivre et de nous attacher à chaque personnage.
UN ASPECT TROP PROCHE DU DOCUMENTAIRE: On a été en revanche moins séduits par certains choix de réalisation : la sur-utilisation de la caméra épaule qui oscille entre gros plans et mouvements non stabilisés, la colorimétrie plus proche du documentaire que de la fiction, ou encore un univers musical trop absent.
[CONCLUSION]: Nous avons sans doute été moins émus que ce à quoi nous nous attendions. Pupille reste néanmoins un très bon long-métrage qui aborde un thème sensible et qui mérite que vous vous déplaciez en salle le voir à partir de ce Mercredi. Et ça, c'est déjà pas mal!