09/10/2026
Je visais moins de 2 h 50.
Au 36e kilomètre, j’ai dit à ma femme : « J’arrête. On rentre. »
Mon premier marathon m’a donné une immense leçon d’humilité.
Au départ du Run In Lyon, je souris. Cette distance me fait rêver depuis longtemps. Pourtant, je sais que mes huit semaines de préparation, avec trop peu de volume, ne suffisent pas pour la course que j’imagine.
Les jours précédents, on m’a répété : « Tu vaux mieux que 2 h 50. »
Une petite voix a fini par y croire.
Mon plan : autour de 4’00/km.
Mais je me sens tellement bien que je reste avec un groupe à 3’53–3’54/km.
Le semi passe en 1 h 22 et quelques secondes. Je suis sur des bases inférieures à 2 h 45. Tout paraît facile.
Puis le marathon me rappelle à l’humilité.
Vers le 25e kilomètre, ma pubalgie revient. Les jambes s’alourdissent. J’ai pris mes gels toutes les 30 minutes, mais sous-estimé l’hydratation dans cette atmosphère lourde et humide.
Au 36e, je retrouve ma femme. Je m’arrête, lui demande de l’eau et du sucre. Je veux rentrer.
Elle me rappelle qu’il reste six kilomètres, que le chrono ne compte plus et que je peux être fier de terminer.
Ses mots me donnent beaucoup de force et me font repartir.
Les derniers kilomètres sont interminables. Mon corps est épuisé, ma tête me demande de stopper. Sur les pavés, chaque appui est super douloureux, je me dis que mon adducteur va lâcher mais je tiens.
Je franchis la ligne en 2 h 56 min 12 s.
Déçu du chrono et de cette fin de course. Mais, avec du recul, fier d’être arrivé, grâce aussi à ma femme et aux encouragements sur le parcours.
J’avais sous-estimé la distance et la préparation. J’avais laissé les avis extérieurs et mes sensations du départ modifier mon plan.
Ces huit semaines auraient dû, dans mon cas, construire une base avant une préparation spécifique.
Accompagner des marathoniens ne m’avait pas encore appris ce que courir un marathon allait me faire vivre.
Je repars avec une médaille et une grande leçon d’humilité : respecter la distance, construire ma préparation et courir aux allures qui correspondent à mon niveau.
On ne perd jamais : soit on gagne, soit on apprend.
Ce jour-là, j’ai appris.
Tarik — coach et fondateur ELT RUNNING