13/07/2026
Il y a des chroniques qui sâĂ©crivent avec plus de stress que dâautres. Câest le cas de celle-ci. Et non ça nâa rien (ou peu) Ă voir avec la France qui affronte lâEspagne en demi-finale demain (Olise, on tâaime), mais parce que ce roman est la suite de « Dans la forĂȘt », paru en 2017. Et ce rĂ©cit de deux sĆurs livrĂ©es Ă elles-mĂȘmes alors que le monde sâĂ©croule est lâun de mes livres prĂ©fĂ©rĂ©s.
Alors, autant vous dire que jâai hĂ©sitĂ© Ă lire cette suite. Parce quâun deuxiĂšme tome autant de temps aprĂšs, ben ça me met le doute. Est-ce que lâautrice a essayĂ© dâĂ©crire dâautres choses et nây arrive pas ? Se rabat-elle sur son histoire phare ? Est-ce un moyen de surfer sur le succĂšs rencontrĂ© Ă lâĂ©poque ? A-t-elle encore quelque chose Ă dire ?
Jâai fini par craquer, assez longtemps aprĂšs sa sortie pour que le roman soit dispo en poche. Une grande inspiration et câĂ©tait parti. Me voilĂ de retour dans la forĂȘt qui abrite Ăva et Nell. Burl, leur fils, vit avec elles. Ici, les jours sâorganisent autour de la survie. Il faut apprendre tout ce que le monde moderne nous a fait oublier : comment conserver les lĂ©gumes, comment tanner la peau des bĂȘtes, quelles baies manger, quelles plantes Ă©viter ?
En ces temps post-apocalyptiques, lâombre de lâHomme plane toujours. Ăve et Nell le fuient, elles connaissent sa violence, Burl en rĂȘve. Lâinconnu fascine lâadolescent (peut-on lui jeter la pierre?).
On retrouve ici lâunivers si particulier de Dans la forĂȘt, avec cette forĂȘt nourriciĂšre gorgĂ©e de denrĂ©es qui occulte les bĂątisses froides aux ventres vides du temps dâavant. Les personnages sont patinĂ©s par le labeur et la sĂ©rĂ©nitĂ© du rythme des saisons.
Ah et, Jean Hegland est une femme. Vous le saurez en le lisant, les femmes sont entiÚres, les corps sont des outils, les violences faites aux femmes font partie du livre, elles ont des conséquences.
Alors, si vous aussi, vous hĂ©sitez, plongez. La GrĂące peut vous toucher une seconde fois. đ«¶
distopie