Un oeil sur le théâtre

Un oeil sur le théâtre Un regard sincère et passionné sur les pièces qui tournent en ce moment !

Rumba,  d’Ascanio Celestini & David Murgia, à la Maison des Métallos 21 février. Annulez tout et courez-y !Un soir de No...
18/02/2026

Rumba, d’Ascanio Celestini & David Murgia, à la Maison des Métallos 21 février. Annulez tout et courez-y !
Un soir de Noël, sur un parking de supermarché, deux âmes errantes ont décidé d’y monter un spectacle sur François d’Assise. De la « fable » historique naît peu à peu, en miroir, un autre récit : celui des invisibles d’aujourd’hui. La dame à la fenêtre. Les manutentionnaires de l’entrepôt. Le SDF qui dort derrière les poubelles. Le gitan qui fume... Des destins cabossés par l’injustice du monde. Des vies que l’on croise, … mais que l’on ne voit plus.

Cette fable politico-poétique et humaniste est d’une force rare. Elle fait monter les larmes, attise notre rage et bouscule le fragile équilibre sur lequel nous avons tendance à nous endormir.

Politique, elle nous confronte à tous les maux que nous aimerions oublier et qui nous déshumanisent peu à peu. L’indifférence face aux sans-abri. La banalisation du récit de ceux qui ont risqué leur vie en traversant la Méditerranée et été amputés d’une part d’eux-mêmes sur leur parcours. Le mépris envers ceux qui peinent à joindre les deux bouts et se laissent capter par l’extrême droite.

Poétique, par la puissance des mots d’Ascanio Celestini et le flow magnétique de David Murgia elle crée une résonance singulière. Par leurs gestes, ces histoires déjà entendues, prennent une autre couleur. Elles traversent nos sens et viennent troubler l’âme.

Humaniste, enfin, elle dote ces invisibles du quotidien d’un prénom, d’un visage, d’une intimité. Ils respirent profondément l’humain. Et nous voilà reliés à eux. Nous prenons le temps d’écouter et considérer le fracas de leur vie.

Ici nul besoin d’une grande scénographie, d’une grosse machinerie pour faire un grand spectacle. Juste un musicien, un conteur, des mots. Du talent. Quand tout est dissonant dans le monde que les discours sont de plus en plus cacophoniques, la poésie est l’acte politique qui peut nous donner du sens. Celui qui peut nous relier. Celui qui peut inciter à l’action. Réveiller notre indignation et ouvrir une voie: raconter et prendre soin des invisibles est un chemin pour lutter contre le déclin de notre humanité.

Les petites filles modernes ( titre provisoire). Joël Pommerat. Théâtre des amandiers.Magnétique , envoûtant, profondéme...
18/01/2026

Les petites filles modernes ( titre provisoire). Joël Pommerat. Théâtre des amandiers.
Magnétique , envoûtant, profondément troublant. Joël Pommerat explore une nouvelle fois le territoire fragile et tourmenté de l’adolescence avec une justesse bouleversante.
Deux jeunes filles : l’une modèle, l’autre enragée, deux mondes : l’un réel, l’autre onirique, deux histoires se frôlent, se frottent et finissent par se mêler. Peu à peu, la frontière se fissure, devient poreuse, brouille toute lecture linéaire ; comme pour nous rappeler que la puissance de l’imaginaire permet d’exorciser une réalité trop violente, et que le réel lui-même est traversé par une force fantastique.

Dès les premières secondes, le metteur en scène nous happe dans un univers fabuleux et horrifique et ne nous lâche pas pendant 1 h 30, faisant monter la tension avec une précision redoutable. Avec sa singularité habituelle, il mobilise à la perfection tous les éléments du plateau. Les jeux d’ombre et de lumière, les noirs millimétrés, la vidéo qui décuple la puissance scénographique, l’univers sonore omniprésent deviennent de véritables acteurs du récit, au même titre que les trois comédiens -incandescents-.
Tout s’accorde, se répond avec magie pour repousser les limites du spectacle vivant et nous donner à voir ce que l’on n’aurait jamais cru possible de voir sur ce plateau presque nu.
Dans cette fable multidimensionnelle, qui croise les symboles et les références, chacun est libre de projeter ses propres résonances, en fonction de son vécu, de ses peurs, de son rapport à l’adolescence, à la mort, à soi…Ça peut en dérouter certains mais c’est là pour moi toute la richesse du spectacle.

L’expérience est immersive, et d’une puissance fantastique. J’en suis sortie profondément troublée, le corps vibrant, encore fumant — comme lorsqu’on ouvre les yeux pour sortir d’un rêve saisissant.

Photo : Agathe Pommerat

Les petites filles modernes ( titre provisoire). Joël Pommerat. Théâtre des amandiers.Magnétique , envoûtant, profondéme...
18/01/2026

Les petites filles modernes ( titre provisoire). Joël Pommerat. Théâtre des amandiers.
Magnétique , envoûtant, profondément troublant. Joël Pommerat explore une nouvelle fois le territoire fragile et tourmenté de l’adolescence avec une justesse bouleversante.
Deux jeunes filles : l’une modèle, l’autre enragée, deux mondes : l’un réel, l’autre onirique, deux histoires se frôlent, se frottent et finissent par se mêler. Peu à peu, la frontière se fissure, devient poreuse, brouille toute lecture linéaire ; comme pour nous rappeler que la puissance de l’imaginaire permet d’exorciser une réalité trop violente, et que le réel lui-même est traversé par une force fantastique.

Dès les premières secondes, le metteur en scène nous happe dans un univers fabuleux et horrifique et ne nous lâche pas pendant 1 h 30, faisant monter la tension avec une précision redoutable. Avec sa singularité habituelle, il mobilise à la perfection tous les éléments du plateau. Les jeux d’ombre et de lumière, les noirs millimétrés, la vidéo qui décuple la puissance scénographique, l’univers sonore omniprésent deviennent de véritables acteurs du récit, au même titre que les trois comédiens -incandescents-.
Tout s’accorde, se répond avec magie pour repousser les limites du spectacle vivant et nous donner à voir ce que l’on n’aurait jamais cru possible de voir sur ce plateau presque nu.
Dans cette fable multidimensionnelle, qui croise les symboles et les références, chacun est libre de projeter ses propres résonances, en fonction de son vécu, de ses peurs, de son rapport à l’adolescence, à la mort, à soi…Ça peut en dérouter certains mais c’est là pour moi toute la richesse du spectacle.

L’expérience est immersive, et d’une puissance fantastique. J’en suis sortie profondément troublée, le corps vibrant, encore fumant — comme lorsqu’on ouvre les yeux pour sortir d’un rêve saisissant.

Photo : Agathe Pommerat

NIQUER LA FATALITÉ de et avec Estelle Meyer du 10 au 16 février Théâtre 13  puis en tournée.  La puissance, c’est fémini...
14/02/2025

NIQUER LA FATALITÉ de et avec Estelle Meyer du 10 au 16 février Théâtre 13 puis en tournée.

La puissance, c’est féminin ! C’est certain. Estelle Meyer dynamite le plateau avec son énergie qui électrise, sa voix qui envoûte, ses mots qui percutent et son magnétisme à faire lever le public et l’inviter à réaliser un rituel pour « Niquer la fatalité ».

Accompagnée de deux supers musiciens, la comédienne lâche tout, sans retenue, le verbe, l’humour, le jeu, le chant et même la danse soufie, pour nous raconter comment elle s’est construite femme et comment on l’a détruite aussi.
Dans le miroir de son propre récit, elle dialogue avec son inspiratrice, Gisèle Halimi, qui tel un ange bienveillant, semble lui tracer le chemin.

C’est rouge comme le sang, comme la passion, comme la sensualité, comme la chair, comme le ventre qui fume encore, comme le feu, comme la rage et comme le rideau du fond de scène. Ce brassage rend ce spectacle vraiment singulier. C’est intense, ça déborde, C’est hypnotique, c’est excessif. Et ce qui réjouit c’est que cela vient d’elle assurément. Estelle Meyer nous embarque tout entier dans son univers et à la fin, on ne peut s’empêcher de crier avec elle. Hourra c’est une fille... Nique la fatalité !

Allez-y !

Ici sont les dragons,    Jusqu’au 27 avril.Dans cette nouvelle fresque, le Théâtre du Soleil est toujours aussi grandios...
16/12/2024

Ici sont les dragons, Jusqu’au 27 avril.

Dans cette nouvelle fresque, le Théâtre du Soleil est toujours aussi grandiose, captivant, foisonnant, impressionnant. C’est encore un vrai voyage auquel nous sommes conviés avec « Ici sont les dragons » depuis la porte d’entrée du lieu jusqu’à la sortie tardive en fin de représentation.

Ici, le théâtre se veut politique. Éclairer le passé pour mieux questionner le monde d’aujourd’hui ( et quel monde ! ) Une première époque (d’autres sont à suivre) met le focus sur l’année 1917, celle de la Révolution Russe. Elle nous explique comment Lénine a détourné ce qui devait être l’élan démocratique le plus important du monde après le soulèvement du peuple russe au milieu de la Grande Guerre et comment il a fait basculer la Russie dans un régime totalitaire.

Les tableaux sont d’une beauté saisissante. La scénographie y est comme toujours très inspirée et inspirante. La rythmique y est parfaitement juste. Les tableaux défilent avec une grande fluidité pour nous conter théâtralement la Grande Histoire et nous faire revivre les moments stratégiques de cette période. Ils sont une trentaine de comédiens, musiciens…à reconstituer avec allant, les moments forts, sur le front, à Petrograd, dans le Palais d’hiver…
Le travail est très documenté et la reconstitution faite d’écrits, de discours réellement prononcés par les grandes figures de l’époque est remarquable. Au risque parfois, que cette exigence de travail à laquelle s’est prêtée la troupe ne s’impose aussi au spectateur. Il lui faut mobiliser une vraie concentration pour suivre le contexte historique, les enjeux politiques et le rapport de force des protagonistes. Tous les discours et écrits qui se succèdent sont partagés dans leur langue d’origine (russe, anglais, allemand, …), et donc surtitrés.
Au-delà, un petit regret. Si la troupe nous partage cette part de l’histoire avec beaucoup de ferveur et de talent, le parti pris d’utiliser le playback pour tout ce qui est dit en langue étrangère, nous coupe un peu de cette magie de l’instant qu’est le spectacle vivant !
Cela reste néanmoins du grand théâtre à vivre.

Parce que rire ça fait du bien et  que c’est parfois la seule chose qui nous reste pour tenter de remettre le monde à l’...
13/12/2024

Parce que rire ça fait du bien et que c’est parfois la seule chose qui nous reste pour tenter de remettre le monde à l’endroit.
Allez voir ce spectacle qui se moque des travers de notre monde et de l’entreprise en particulier. Cette grosse machine à broyer les gens et les relations, qu’elle devient parfois ! (…souvent ?)
Vu hier soir j’ai ri et ça fait un bien fou ! La mise en scène de la est très inventive et s’accorde parfaitement à cette comédie grinçante de Rémi De Vos pour lui donner tout son mordant !
KADOC de Rémi De Vos mise en scène Juliette Ordonneau et Cindy Rodrigues au jusqu’au 28 décembre

Parce que rire ça fait du bien et c’est parfois la seule chose qui nous reste pour tenter de remettre le monde à l’endro...
13/12/2024

Parce que rire ça fait du bien et c’est parfois la seule chose qui nous reste pour tenter de remettre le monde à l’endroit.
Allez voir ce spectacle qui se moque des travers de notre monde et de l’entreprise en particulier. Cette grosse machine à broyer les gens et les relations, qu’elle devient parfois ! (…souvent ?)
Vu hier soir j’ai ri et ça fait un bien fou ! La mise en scène de la Compagnie la belle affaire est très inventive et s’accorde parfaitement à cette comédie grinçante de Rémi De Vos pour lui donner tout son mordant !

KADOC de Rémi de Vos
Par la compaThéâtre de Bellevillere
21h15 Au Théâtre de Belleville jusqu’au 28 déc

MÉNÉLAS REBÉTIKO RAPSODIE ❤️❤️❤️❤️Magnifique   et  puissant cri d’amour porté par le verbe poétique de Simon Abkarian et...
21/10/2024

MÉNÉLAS REBÉTIKO RAPSODIE ❤️❤️❤️❤️

Magnifique et puissant cri d’amour porté par le verbe poétique de Simon Abkarian et la musique sublime de Grégoris Vasilas et du guitariste Kostas Tsekouras.

Simon Abkarian incarne un Ménélas meurtri, gonflé par le désespoir, le doute et la rage depuis que sa belle Hélène est tombée dans les bras du troyen Paris. Il est accompagné de deux talentueux musiciens qui donnent le la à sa bouleversante rapsodie. Aucun artifice, seuls les mots, le chant, les notes et la danse font vibrer le majestueux mur de pierre de la grande salle du théâtre de l’Epée de bois .

C’est d’une beauté qui touche le cœur, d’une justesse qui prend au ventre et d’une harmonie qui donne à entendre l’endroit sacré qu’est l’amour…

Courez et laissez vous enivrer …

Au théâtre de l’Epée de bois jusqu’au 3 novembre…

Spectacle suivi d’Hélène après la chute, deuxième volet de ce diptyque de Simon Abkarian. Et le samedi et dimanche d’un concert avec les musiciens. .officiel

18/07/2024

Ma pièce est aujourd’hui disponible chez l’éditeur. Je suis si contente.

Dire l’indicible et montrer l’invisible. Faire confiance au pouvoir cathartique du théâtre.

C’est ma première, elle plaira ou pas, mais je sais qu’elle m’a déjà un peu transformée.

A la folie !

Le 18 juillet prochain ma première pièce de théâtre sera publiée par les Editions L'Harmattan.Le contexte n’est pas aux ...
02/07/2024

Le 18 juillet prochain ma première pièce de théâtre sera publiée par les Editions L'Harmattan.
Le contexte n’est pas aux réjouissances (vraiment pas!) mais cette sortie me tient à cœur.Je suis contente de vous la partager !

Commandez le livre À LA FOLIE, Marie Velter - Ouvrage disponible en version papier et/ou numérique (ebook)

Reprise du Grand Jour Du 4 au 26 février 2024 au Théâtre de BellevilleLun. : 19h / Sam. : 16h / Dim. : 20h Offre duo web...
18/01/2024

Reprise du Grand Jour Du 4 au 26 février 2024 au Théâtre de Belleville
Lun. : 19h / Sam. : 16h / Dim. : 20h
Offre duo web 1 place achetée = 1 place offerte du 4 au 10 février

Courrez-y c'est une des meilleures pièces que j'ai vu la saison dernière !

De et mis en scène par Frédérique Voruz ; Création Lumière Geoffroy Adragna ; avec Frédérique Voruz, Victor Fradet, Emmanuel Besnault et Aurore Frémont, Rafaela Jirkovsky, Eliot Maurel, Anaïs Ancel, Sylvain Jailloux ; Théâtre du Soleil – Cartoucherie Paris 12 du 15 au 5 mars 2023. Il fa...

Théâtre de l'Athénée jusqu'au 25 novembre 2023Certes il n’y avait pas, à mes yeux, la fougue et le vibrant de ses précéd...
10/11/2023

Théâtre de l'Athénée jusqu'au 25 novembre 2023

Certes il n’y avait pas, à mes yeux, la fougue et le vibrant de ses précédents spectacles « Électre des bas-fonds » et « Au-delà des ténèbres ». Mais la langue de Simon Abkarian nous transporte encore une fois et quel voyage !

Ses mots nous frappent au corps et au cœur. Leur musicalité y est particulière, les images qu’ils empruntent visent toujours juste, leur registre est à la fois si lyrique et si accessible. Il y a quelque chose de très charnel, gustatif dans son écriture qui décuple le plaisir. Et se laisser porter par ses mots, est une expérience en soi. A chaque fois que je sors de ses spectacles, l’envie d’emporter avec moi le texte est irrésistible, pour pouvoir y revenir, m’attarder sur certains passages, certaines pensées, certaines images et les laisser résonner. Sa plume a la magie, en déployant toute sa singularité, de convoquer notre intime... (suite sur le lien)

THEATRE athénée

de Simon Abkarian. Théâtre de l'Athénée jusqu'au 25 novembre 2023 Hélène  Aurore Frémont  • Ménélas  Brontis Jodorowsky  • Piano, Voix  Macha Gharibian  • Certes il n’y avait pas, à mes yeux, la fougue et le vibrant de ses précédents spectac

Adresse

Cartoucherie
Paris
75012

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