30/05/2023
Stéphane Bordarier
Peintures rares, peintures récentes
20 avril - 17 juin 2023
Stéphane Bordarier s’est souvent exprimé là-dessus : il entreprend le tableau à l’aveugle, travaille vite, jusqu’à l’instant cézannien où " quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude ". Quand le peintre voit la couleur, c’est qu’il doit suspendre son geste. Il dit : "certaines couleurs poussent à une forme déchiquetée, d’autres au contraire à une forme fermée." Ce principe de la peinture moderne, à savoir le dessin par la couleur, on peut dire que Stéphane Bordarier le parachève. Je ne connais personne qui réalise aussi étroitement la coïncidence de la surface, de la couleur, du geste, du dessin et même de la fabrication de la couleur, comme si la toile était en quelque sorte la palette où le peintre la cherchait, car cette couleur advient dans l’affleurement plus ou moins consenti de la teinte de la toile fraîchement encollée et dans le contrôle du geste. À cela s’ajoute que le peintre immergé, aveuglé, fait un avec sa toile. Il n’y a pas de reprise. Unité de temps et d’action.
Extrait du texte de Catherine Millet
Photo :
@marais.guide