Nous Autres

Nous Autres NOUS AUTRES
Note d’intention de mise en scène
Que les mots s’incarnent pour emmener le spectateur au-delà des mots, voilà mon travail. L’ « au-delà des mot

L’ « au-delà des mots », c’est le lieu de ce qu’on ressent. Ce travail repose sur le refus de réduire ce qui est ressenti à ce qui est dit. L’interprétation doit ouvrir un espace où se déploient les multiples incarnations d’une même existence - mystère qu’aucun mot ne pourrait contenir. J’utilise ce terme d’incarnation parce que, justement, c’est un thème majeur de la pièce Nous Autres. Au fil de

ce monologue, plusieurs voix se font entendre, bien que ce soit un même personnage, « Elle », qui les porte. « Elle » fait entendre tous les mondes qui sont en elle, et qui l’empêchent de pouvoir se rassurer et nous rassurer en disant je. Elle ne parle jamais d’elle à la première personne et revendique haut et fort l’infinie variété de son humanité. Dans un contexte psychiatrique occidental, on pourrait la classer dans la catégorie des schizophrènes. Ce serait plus simple. Mais elle démonte toutes les catégories qui enferment son humanité avec un art consommé du verbe, afin de nous rendre, à nous-mêmes, la liberté d’être et de penser ce que nous voulons. « Elle » a, depuis longtemps, dit-elle en quelque sorte, choisi cette liberté-là, et donc renoncé à une identité de fonction et de fiction, conforme et rassurante peut-être, mais, pour elle, source d’angoisse. Le théâtre est le lieu de cette parole singulière, parce qu’il est le lieu où elle lance ces mots vers l’autre. Là où, généralement, dans une construction dramaturgique classique, on attendrait le conflit entre personnages et/ou un conflit intérieur au personnage, ici, c’est le public lui-même qui est intégré au conflit. Il est un personnage polycéphale auquel elle fait face. Avec humour ou avec rage, qu’elle s’adresse directement à lui ou qu’elle l’oublie parfois, saisie par quelque chose d’invisible dans les détours de sa mémoire, elle ne s’incarne, peu à peu, que parce qu’il est là. Le meuble avec tous ses tiroirs qu’ « Elle » ouvre peu à peu, non pour déballer sa vie, mais pour la reconstruire, est un deuxième personnage. C’est un meuble magique, qui est aussi un autre texte, sans mots… « Nous autres, qui se présente comme un monologue, est ainsi une pièce à trois personnages – « Elle », le meuble, le public, qui sont tous multiples… Il y a donc foule pour cette naissance...
Roxane Rizvi

13/11/2024

Alors qu'Israël empêche toujours les journalistes étrangers d'entrer à Gaza, franceinfo a pu recueillir le témoignage de cet habitant qui a fui le nord de l'enclave où il assure qu'un "nettoyage ethnique" est à l'œuvre.

10/10/2017

COMPLET LES 15, 16 ET 22.

12/09/2017
12/09/2017

TRAJECTOIRE
De l’Ours funambule
au Plateau des Sources Rouges
« La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours quand on voudrait attendrir les étoiles. » Flaubert, Madame Bovary
Dans notre jeune idéalisme des années quatre-vingt, en rupture de classes préparatoires, nous avons créé L’Ours funambule, compagnie de théâtre. Le titre était mal choisi, qui faisait croire à un théâtre pour enfants, alors que nous nous référions à Flaubert. Nous rêvions non pas de salles rouge et or, mais du dépouillement d’un théâtre où seuls valent le texte et le corps de l’acteur, si bien que la contrainte qui nous fit jouer dans des lieux improbables s’accordait aussi avec un choix à nous-mêmes secret, qui devait déterminer 30 ans de fidélité à une même recherche, menée obstinément quels que fussent les voies et moyens qui se présentaient.
Ce n’est donc pas un pur hasard, sans doute, qui au terme d’un dialogue engagé avec la DRAC Centre nous conduisit à la clinique psychiatrique de La Chênaie... pour une résidence artistique d’un an, en 1992-1993. À La Chênaie, on ne parlait pas de patients, moins encore de malades, mais de pensionnaires ou parfois de résidents : cette désignation, c’était déjà quelque chose que nous partagions. Nous saisîmes bien vite que nous devions accueillir les potentialités de bouleversement que comportaient les rencontres fondant cette expérience qui nous était offerte — ou nous en aller. Car cette intervention, dont nous étions censées définir les modalités, fut comme une plongée impromptue dans un univers parallèle, elle nous mettait en prise directe avec une souffrance qui rendait plus radicale encore à nos yeux la nécessité de l’art.
Nous avons monté Les Fourberies de Scapin. Ce que nous percevions jusque-là comme une nécessité intérieure émanant d’un idéal encore abstrait prit un caractère d’urgence concrète. Nous avons beaucoup appris, bien sûr, et c’était artistiquement important, de ce qu’on appelle la souffrance mentale de nos partenaires et de leur difficulté à vivre dans le monde de la « normalité » quotidienne.
Nous nous étions mises au travail en compagnie de ces personnes avec
qui nous entreprenions de créer un théâtre hors les murs — qui d’abord ouvrait ses brèches dans les murs intérieurs faits de nos illusions, de nos attentes, de nos références, de nos habitudes de pensée. C’était dans la logique de nos créations antérieures, mais cela nous empoigna, nous secoua — ce que nous avons vécu là fut décisif pour la suite de notre trajectoire.
Déterminées à vivre parfois, s’il le fallait, sur le fil, à la marge des institutions du spectacle, nous avons changé de nom, L’Ours funambule devint Le Plateau des Sources Rouges. Nous avons poursuivi notre route, ou notre creusement, parce que c’était ainsi, et qu’il pouvait d’autant moins en aller autrement que notre conviction se renforçait d’étape en étape, nourrie de l’expérience infiniment diverse de nouvelles rencontres en de nouveaux lieux, où nous nous attaquions à de nouveaux murs cloisonnant cénacles, écoles, milieux et groupes sociaux: dans des bourgades comme Saint-Benoît-du-Sault, Sévérac-le-Château ou La Canourgue ; au festival d’Avignon avec Antigone et son double, à Paris — avec des adolescents, francophones ou migrants, pour la Maison du Geste et de l’Image, ou au festival « Brouillages » à La Loge, ou encore avec des lectures de textes contemporains à la Maison de Balzac ou à la Maison de la Poésie...
Résurgence de notre année à La Chênaie, Nous autres est l’aboutissement provisoire de notre cheminement.
Cette pièce a été créée le 19 décembre 2015 à Millau, au théâtre La Fabrik, centre d’Art Dramatique pour comédiens différents.
Elle a été représentée les 28, 29 et 31 janvier 2017 à Lilas en Scène (Les Lilas), centre d’échange et de création des arts de la scène, lié encore au travail d’un des scénographes majeurs du
XXe siècle, André Acquart, et qui se voue à faire découvrir et à aider la création contemporaine, nous accueille à présent.
Ce spectacle sera repris au théâtre Le Local (Paris 11e) du 6 au 23 octobre 2017.

12/09/2017

LE PLATEAU DES SOURCES ROUGES EN 2017
Mai 2017
Au Théâtre Le Local, Paris 11ème.
PARTIR...
Un cycle de rencontres littéraires, musicales et artistiques proposé par France Jolly, la compagnie Le Plateau des Sources Rouges avec la collaboration des éditions Le Nouvel Attila
Témoignages des dessinateurs de l’association DESSINS SANS PAPIERS puis lec- ture d’extraits de «Passeur» de Raphaël Krafft (éd. Buchet-Chastel).
«Home» de Warsan Shire, une lecture musicale en plusieurs langues «Photos dans ma tête» récit de Mohammed Abakar
Lecture d’extraits du texte «Le But de Roberto Carlos», de Michel Simonot (éd. Quartett) par C. Lucas
Lecture de «Marx et la Poupée» de Myriam Madjidi, lu par l’auteur avec le Trio Jef Sicard.
13 septembre 2017
À La Bellevilloise, Paris 20ème Reprise de « Home »
Novembre 2017
Au Théâtre du Temps, Paris 11ème
Création de «Toxique» de Françoise Sagan mise en scène et interprété par Christine Culerier adaptation et mise en scène de Michelle Ruivo Coppin musique de Victor Paimblanc.

Adresse

Le Plateau Des Sources Rouges 50 Rue Des Envierges Boîte 45
Paris
75020

Téléphone

+33685100141

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