14/10/2017
//Lunchbox//
# i.d.
Du 17/11/2006 au 07/12/2006
Jean-Michel Pancin
Exposition Photos, Vidéos
Vernissage :
Le vendredi 17 novembre de 18h à 21h
//Wendover est une ville perdue des Etats-Unis. En plein désert du lac salé, elle est traversée de part en part par la frontière entre Nevada et Utah. Lieu de tournage des plus grands films de science-fiction hollywoodiens, cité-casino où viennent se débaucher les mormons de l’Utah las de leurs trop strictes règles sociales… Cette bourgade semble éloignée de tout, et pourtant elle incarne d’une certaine manière tous les paradoxes de l’Amérique contemporaine : c’est ce que Jean-Michel Pancin a voulu montrer à travers ses photographies et vidéos.
L’artiste a passé un mois dans cette ville ingrate, sans caractère, pour en révéler l’imaginaire des habitants. A partir de dizaines de rencontres, il a tenté d’établir une topographie mentale de ce territoire apparemment sans qualités. Apparemment… Lors de son séjour, il a mis à jour comme une archéologie de l’imaginaire du lieu, et rappelle à travers ses photographies comment cette ville catalyse toutes les illusions qui font l’Amérique d’aujourd’hui.
Après avoir été le cadre de multiples massacres d’indiens, Wendover a aussi servi d’abri à la bombe qui anéantit Hiroshima. Un de ses plus anciens bâtiments est le hangar de l’avion, baptisé Enola Gay, qui bombarda le Japon. Bref, ce non-lieu résume tout le rapport difficile que les Etats-Unis entretiennent avec l’Autre : une question que l’artiste explore dans ses images de cibles, dénichées dans une étrange réserve de la base militaire, où elles servent à l’entraînement des policiers locaux.
Ville née de la conquête, lieu de jonction entre les lignes ferroviaires Est et Ouest, Wendover est aussi emblématique de ces lieux de passage qui caractérisent l’histoire de la construction des Etats-Unis : personne n’y reste, personne n’y naît, personne n’y meurt. Ultime paradoxe, seule la route témoigne encore de cette histoire des pionniers.
Résident de passage lui aussi, Jean-Michel Pancin a été fasciné par le motif qu’elle dessine, ligne droite semblant indifférente au paysage. Ses vidéos mettent en évidence les contrastes entre ces immensités sublimes qui l’entourent et la fébrilité de l’activité humaine qu’elle incarne, avec son trafic. Une confrontation dont il joue jusque dans son absurdité. Enfin, en réponse à la grande photographie de paysage américaine, qui cristallise tous les mythes identitaires de ce pays, l’artiste s’est attaché à restituer des paysages particuliers. Ils sont beaux, certes, mais tous interdits d’accès : car ils ont servi à des tests militaires, chimiques, toxiques ou nucléaires, et n’ont jamais été nettoyés. Beauté trompeuse, chargée des pires micro-particules.//
Avec le soutien de CULTURES FRANCE dans le cadre du programme « Carte Jeune Génération », commissaire Etienne Ber