22/08/2026
« Je crois à la nature et je ne crois qu'à la nature. [...] Ainsi l'industrie qui nous donnerait un résultat identique à la nature serait l'art absolu. Un Dieu vengeur a exaucé les vœux de cette multitude. Daguerre fut son Messie. [...] À partir de ce moment, la société immonde se rua, comme un seul Narcisse, pour contempler sa triviale image sur le métal. »
Deux modèles d'intelligence artificielle ; l'un nourri de daguerréotypes d'archives, l'autre de photographies de Paris prises en 2026, dans les mêmes rues. Les deux fonctionnent ensemble, et on leur donne les Tableaux Parisiens en entier comme langage, comme fièvre. Baudelaire qui haïssait la photographie devient le prompt ; la machine hallucine un Paris qui n'a jamais existé et qui a toujours existé.
En 1838 la lumière se gravait dans le métal. En 2026 elle pense à travers la plaque avant de s'y inscrire ; l'acide arrive, grave chimiquement ce qui doit rester. Même geste. Baudelaire est du bruit. Et la foule se rue toujours.
BASTIEN DESCHAMPS
A l’heure du tout numérique, ma pratique de la photographie, depuis 2019, est essentiellement consacrée au collodion humide (1851), technique alternative qui révèle des images aux tonalités grises et argentées, d’une grande finesse et d’une grande profondeur, sur support en verre ou aluminium.
Si la démarche plasticienne prédomine dans mon travail photographique, construire une série reste essentiel à mes yeux, chaque image venant renforcer l’expression de mon sujet et faire aboutir ma recherche pictoraliste. Mais au-delà du propos, je cherche avant tout à transmettre une forme de poésie à travers mon travail, comme ont pu le faire Imogen Cunningham et Sarah Moon.
Le sujet de mon travail évoque une parfaite symbiose de l’être avec son environnement naturel, une communion pleine et entière avec la nature, une forme de « retour à l’état de nature » comme pouvait y aspirer Jean-Jacques Rousseau. « Une nature mythique et mystique » comme la décrivait Henry David Thoreau.
GILLES NIEZ
Depuis l’enfance, les nuages constituent pour Gérald Portenart un point d’ancrage visuel et mental. Leur instabilité formelle, leur caractère transitoire et leur capacité à échapper à toute fixation nourrissent une réflexion sur l’image comme espace de transformation.
Sa pratique s’inscrit dans une approche qu’il définit comme une sculpture photographique. L’image n’y est pas envisagée comme surface de représentation, mais comme un champ d’expérience où interagissent lumière, matière et perception.
Ses photographies ne cherchent pas à produire une image stable, mais à introduire une perturbation du regard. Le flou, la buée et les effets de diffraction deviennent des opérateurs visuels qui déplacent la perception et suspendent les repères. L’image s’y construit dans un entre-deux : entre apparition et effacement, visibilité et retrait.
GERALD PORTENART