A partir du milieu des années 60, le cinéma américain est à bout de souffle. Les recettes traditionnelles des grosses productions n’attirent plus la jeunesse et la concurrence de la télévision dans les foyers va plonger l’industrie hollywoodienne dans le doute et l’incompréhension. C’est alors qu’une génération de jeunes cinéastes va prendre d’assaut les studios hollywoodiens (la citadelle hollywoodienne). Influencés par la nouvelle vague et le cinéma réaliste européen, ces apprentis réalisateurs, grâce à des nouvelles caméras beaucoup plus légères, vont sortir dans la rue, raconter leurs histoires: filmer leur époque…
Traumatisés par l’assassinat de Kennedy en 1963 et les images violentes de la guerre du Vietnam qui chaque soir se déversent à la une des journaux télévisés, ces jeunes cinéastes vont s’affranchir des règles classiques de la narration, remettre en cause l’histoire américaine et sonder la conscience de leur pays. Cette période euphorique durera à peu près dix ans en commençant avec « Le Lauréat » (1967) et s’achevant magistralement avec le chef d’oeuvre maudit « La Porte du paradis » (1980). Cette époque aura vu éclore un nombre inégalé de réalisateurs exceptionnels tels que Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Brian De Palma, William Friedkin, Michael Cimino, Sam Peckinpah, Hal Ashby, Steven Spielberg, Georges Romero, Sam Fuller mais également des acteurs prodigieux comme Robert de Niro, Al Pacino, Gene Hackman, Jack Nicholson, Faye Dunaway, Gena Rowland, Jane Fonda, ou encore Diane Keaton. C’était le Nouvel Hollywood…