31/07/2025
« Le maître de la lumière s’est éteint
Bob Wilson nous a quittés et je suis submergé par la tristesse. Avec lui, disparaît l’un des plus grands inventeurs de la scène contemporaine. Je l’ai rencontré au Festival de Nancy, dans ces années flamboyantes où tout semblait possible. Ce fut un choc esthétique, une révélation. Et le début d’une amitié fidèle.
Je me souviens encore du Regard du Sourd, ce spectacle fondateur, bouleversant, où déjà se dessinait toute la force de son art : le silence comme langage, la lumière comme respiration, le temps suspendu comme prière. À propos de cette œuvre, je ne peux m’empêcher de reprendre ces mots célèbres de Louis Aragon, écrits à André Breton : « Cher André, je n’ai jamais rien connu d’aussi beau en ce monde. » Bob voyait le monde autrement, avec une acuité rare. Son théâtre n’était pas un lieu, mais un état d’âme.
Il était un ami très cher. Un être doux, attentif, mystérieux, infiniment généreux. Monique, ma femme, l’adorait pour son humour discret, sa grâce étrange, son regard d’enfant toujours émerveillé. Il aimait la beauté qu’il dessinait avec une rare élégance.
Aujourd’hui, la scène mondiale perd un maître. Mais son œuvre, elle, continue de nous éclairer. Le rideau tombe, mais la lumière de Bob Wilson danse encore, quelque part entre rêve et réalité. »
Jack Lang