Trajectoire Cie No Mad
La compagnie No Mad voit le jour en 2001 avec le projet « Mix de Fables », pièce pour 5 danseurs. Le spectacle consiste en une parodie des Fables de la Fontaine dans une version moderne hip hop et décalée. Le ton est donné, l’orientation chorégraphique de la compagnie sera « résolument hip hop, mais sans se contenter des étiquettes, sans crainte d’aller chercher au-delà »…
…« Au-delà », c’est un peu, le mot d’ordre du chorégraphe, Mehdi Slimani, qui propose « Ainsi Dansait Zarathoustra » (2003), une rencontre audacieuse entre danses hip hop et proses philosophiques nietzschéennes. Cette alliance de l’âme et du corps, directement inspirée de l’oeuvre de Nietzsche, prend, à travers le périple de Zarathoustra, des allures profondément poétiques. L’envie de partager le texte sur scène, emmène le chorégraphe à la rencontre du slam, à travers la voix rauque et ténébreuse de D’ de Kabal. Les projets se multiplient. En 2006, la Compagnie propose « MiroirÔsourceS », un duo chorégraphique qui fait le pari de la rencontre entre danses hip hop et danses de l’orient. La chorégraphie interprétée avec Nuria Rovira Salat confond par ailleurs textes et fresques, réalisées par Fabienne Baud. Ce voyage chorégraphique entre Orient et Occident entérine définitivement le propos chorégraphique de la compagnie : Croiser les Esthétiques pour « faire du lien entre les Mondes »…
En 2007, le chorégraphe se lance dans un projet en Solo : « Dyoniso le Dernier Robo », pantin inanimé qui prend vie et part à la découverte des rues de Paris, capitale des cultures du Monde. A travers le voyage délirant de Dyoniso, il nous livre un récit autobiographique, une vision pleine d’humour et de poésie d’un Paris moderne Universel. En 2009, le spectacle « Black & White » voit le jour, et prête à voir l’image de deux frères partis à la rencontre de l’improbable : celle du noir et du blanc. Interprété avec Samir Slimani, jeune danseur prodige, le chorégraphe écrit, dans une forme libre et énergique, cette épreuve dansée du Noir et du Blanc, entre Poppin’ et Lockin’, entre l’espace scénique et le gradin, entre folie et sagesse…
« Les Disparus», créé en 2011 est une performance artistique qui rend vie aux victimes du 17 octobre 61 sous une forme originale, dansée, et vivante. Pour cela, le chorégraphe sélectionne, autour des cinq danseurs pro de la cie, vingt danseurs, d’âge, de niveaux et d’horizons différents. Contre l’oubli… la performance prend des airs de « manifestation » dansée. L’orientation artistique de la Cie et la plume du chorégraphe fluctue avec la vie jamais bien loin, mais toujours en leitmotiv : le théâtre sans parole, les ponctuations d’humour, le bousculement des codes et des conventions, la chance d’instants libres et spontanés, l’univers de personnages et de caractères, l’ancrage dans une thématique sociétale … Une écriture tendue vers « La Rencontre entre les Mondes » pour une approche « No MaD » artistique et singulière de la danse et de l’espace scénique.
« No Mad » pour que les frontières s’estompent : celles entre la Solitude et la Multitude dans « Ainsi Dansait Zarathoustra » (2003), celles entre l’Orient et l’Occident dans « MiroirÔsourceS » (2006), celles entre le Noir et le Blanc dans « Black & White » (2009), celles entre la Mémoire et l’Oubli dans « LeS DisParus » (2011), celles entre ici et là-bas dans « ExyL » (Projet en cours : 2013). Se joue alors une rencontre qui tend à éprouver l’Universel…