19/05/2026
« Paul Kodjo - Photoromance »
Du 6 juillet au 4 octobre 2026, Les Rencontres de la Photographie d'Arles présentent la première grande exposition personnelle du photographe ivoirien Paul Kodjo en France.
Une exposition conçue grâce l'association Les Rencontres du Sud et son fondateur, le photographe Ananias Léki D**o, sous le commissariat d'Amandine Nana et coproduite par les Rencontres d'Arles et le Palais de Tokyo.
L'exposition sera suivie d'une rétrospective au Palais de Tokyo à l'automne 2026.
« [...] Mêlant photographies issues de ses photoromans avec un corpus plus large, pour la plupart encore jamais exposé, cette exposition se concentre sur la production du photographe à son retour à Abidjan en 1970, où il initie l’agence avant-gardiste MAMEDIS (Mass Media Service), qui proposait des services aussi bien en photographie qu’en cinéma et en édition. C’est dans ce cadre que Kodjo réalise ses premiers photoromans, qui deviennent rapidement le cœur de la production de l’agence. Publiées dès 1971 dans l’hebdomadaire Ivoire Dimanche, ces comédies de romances à rebondissements, inspirées des photoromans européens et notamment italiens, construisent les codes esthétiques et narratifs d’une éducation sentimentale visuelle à l’ivoirienne. Ces derniers continuent d’imprégner la production audiovisuelle nationale, en particulier durant son âge d’or dans les années 2000.
Tournés dans l’espace public ou des intérieurs domestiques, ces photoromans se font également le miroir des transformations sociales et économiques du pays au cours du « miracle ivoirien », une période de prospérité pendant les années 1960‑1970 qui favorise le dynamisme culturel du pays et permet de nouveaux accès à la consommation moderne globalisée. Photoromancier de ce miracle ivoirien, Paul Kodjo mobilise également son regard artistique, ses cadrages cinématographiques et son goût de l’intrigue dans son travail documentaire où il nous plonge dans les nuits festives d’Abidjan, les modes vestimentaires et les sociabilités urbaines de l’époque. »
Texte par Amandine Nana