24/06/2022
- Petit possible, 2016
Feutre sur papier
27x22cm
Artiste
- On traite souvent de la relation de la ligne et de la figure dans l'analyse de l'œuvre peinte.
Ici, ce sera la ligne qui deviendra figure.
Ce qui s'impose n'est pas un choix, c'est comme un courant vital.
Un territoire est couvert, tramé par de fragiles entrelacs, serrés, fuyant l'horizontal, portés par une main cheminant, croisant, révelant une sorte de grande figure aux traits d'une même couleur.
Ces lignes ne sont jamais séparatives.
Elles s'assemblent dans un labeur.
Le pastel gras donne au trait une densité et une couleur qui, faisant écho et jouant avec le fond monochrome (socle et profondeur tout à la fois)
créent une unité, un ordre.
Le temps passe au travers de ces mailles.
Le recouvrement n'est jamais complet.
A chaque fois, une trouée (érosion, déchirement, effrangement ?) laisse
une échappée libre dont on ne sait si elle marque l'origine où la fin.
Le monde est plus vaste que la toile, l'une répond à l'autre et s'en agrandit.
Deux traits qui se croisent peuvent amorcer un destin.
Nul se saurait arrêter cette trace et ce passage.
Pola Carmen aime à célébrer la rencontre essentielle des œuvres de Pierrette Bloch et d'Agnès Martin. Elles enseignent la longue haleine et la solitude du coureur de fond. Le souffle ne saurait manquer.
François Barré
Ancien président du Centre Pompidou
À découvrir jusqu’au 13 Août 2022
📍62 rue Charlot, 75003