20/08/2026
« Je travaille toujours en voyage, je ne peux pas vivre sans travailler, c’est toute mon existence le labeur artistique. Et puis, c’est si bon de rendre ses impressions de route, de les enregistrer pour toujours par des morceaux qui nous les feront revivre plus t**d quand on est revenu au foyer. »
— Berthe Girardet
S’inscrivant pleinement dans la « veine pittoresque » qui marqua les premiers succès critiques et institutionnels de Berthe Girardet, cette saisissante figure à mi-corps témoigne du talent de l’artiste pour saisir la vérité humaine et la spiritualité populaire.
Créé à l’origine en plâtre pour l’Exposition Universelle de 1900 sous le titre La Vieille, ce buste représente une femme mûre — identifiée par l’historienne de l’art Sandrine Dequin comme une paysanne de l’Oberland bernois en Suisse.
Disponible à la vente à la galerie & sur notre site 🔹
La tête délicatement posée sur ses mains jointes, la figure semble absorbée dans une profonde prière solitaire, le regard empreint de douceur et de quiétude. L’œuvre synthétise les valeurs chères à l’artiste : la piété, la simplicité et la rusticité.
Fort du succès de ce modèle au tournant du siècle, l’artiste en a fait éditer quelques épreuves en terre cuite à destination des amateurs et collectionneurs, confirmant son goût pour la sculpture intime et l’enregistrement sensible de ses impressions de voyage.
Plastiquement, Berthe Girardet y affirme un naturalisme saisissant, marqué par de puissants jeux de matière dans le modelé de l’étoffe et du manteau rugueux, contrastant avec la finesse expressive des traits du visage.
Le traitement expressif avec forts jeux de matière apporte une dimension tactile et vivante à l’oeuvre.
Bibliographie : Sandrine Dequin, Berthe Girardet, sculpter l’émotion, cat. 23 (reproduit fig. 19, p. 30-)
C’est au détour d’une flânerie en librairie que j’ai eu la joie de découvrir la toute nouvelle publication de Sandrine Dequin : « Berthe Girardet, sculpter l’émotion » aux éditions mare & martin.
Lors de son acquisition pour Le Cloître de l’Art, cette sculpture m’avait profondément touché