Par des poses longues et un mouvement volontaire de la caméra, il transforme le réel en traces lumineuses, utilisant l’appareil comme un pinceau. Je vous prends par la main et vous emmène dans mon univers pictural, à mi-chemin entre la réalité et le rêve. Je pars toujours du réel, puis je décide de le transformer à la volée en jouant avec le mouvement, le temps de pose et l’exposition. J’y ai lais
sé volontairement quelques repères de la vie pour vous raccrocher à une certaine réalité. Au-delà de ces repères, je vous laisse découvrir les éléments qui composent la scène. Certains sont très discrets, presque cachés, emportés dans une vague floue. Respirez lentement, puis plongez…
Laissez-vous imprégner par ces images et par les ambiances qu’elles suggèrent. Sébastien Hoff (2020)
*********************
Dossier de presse
*********************
Sébastien Hoff, Photographe
Peindre avec la lumière
Le parcours photographique de Sébastien Hoff commence très tôt. En 1976, à l’âge de huit ans, son père lui offre son appareil photo à la veille d’une lourde opération cardiaque. Ce geste simple et chargé d’émotion devient le point de départ d’une relation durable avec l’image et avec la lumière. Depuis lors, la photographie accompagne son regard sur le monde. Aujourd’hui, après plusieurs décennies de pratique, Sébastien Hoff développe un langage visuel singulier situé à la frontière de la photographie et de la peinture. Son travail explore la relation entre mouvement, temps et perception. Ses images naissent d’un processus précis et volontaire. Travaillant à vitesse lente et à petite ouverture, il accompagne l’exposition d’un mouvement contrôlé de la caméra. La séquence gestuelle qu’il applique fréquemment se résume en 3 temps. Ce mouvement volontaire transforme la scène photographiée en matière picturale. Le résultat n’est ni un flou accidentel ni un effet numérique. Les silhouettes se dédoublent, les paysages vibrent, les couleurs s’étirent comme des coups de pinceau. Le réel se dissout partiellement pour laisser apparaître une perception plus intérieure, presque sensorielle. Dans cette démarche, l’appareil photographique devient un véritable outil gestuel. Sébastien Hoff l’utilise comme un peintre utiliserait son pinceau. Les lignes deviennent traces, les corps deviennent gestes, et le temps d’exposition devient une surface de travail. Son post-traitement reste volontairement minimaliste : des ajustements de luminance, de contraste, de température de couleur ou de niveaux de noirs, parfois un léger recadrage pour recentrer la composition. Aucun effet artificiel n’est ajouté. L’image finale est avant tout le résultat d’un phénomène optique et d’un geste. Cette approche implique une part d’incertitude : beaucoup d’images sont abandonnées, mais certaines émergent avec une force particulière. Elles se situent alors dans cet espace fragile où la photographie bascule vers la peinture. Les scènes captées, promeneurs, passants, paysages, fragments de vie, deviennent alors des traces de mémoire visuelle. Le sujet reste identifiable, mais transformé par le passage du temps et du mouvement. Le travail de Sébastien Hoff propose ainsi une photographie sensible et gestuelle, où la réalité se transforme sous l’effet du temps et du regard.