25/10/2025
Paris! Nous sommes en route!
ENFANCE&TOI (enfances, communisme, ce qui s’y joue) de Nicolas.
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Le mythe de l’enfance semble faire son grand retour, et avec lui reviennent les bienveillances mutilantes qui lui ont toujours coupé l’herbe sous le pied. Est-il encore possible d’écrire sans désunir?
Le mythe de l’enfance semble faire son grand retour, et avec lui reviennent les bienveillances mutilantes qui lui ont toujours coupé l’herbe sous le pied.
Est-il encore possible d’écrire sans désunir? D’utiliser ce geste non pas pour partir à la rencontre, mais pour abolir une distance? D’accueillir un cri sans d’emblée le circonscrire dans sa forme marchande? De déborder les contours de ce qui semble unanimement admis? Ou, pour reprendre un extrait du bouquin tel quel : de postuler que « marge n’est pas mise à l’écart, ou refus de la norme : une promesse, notre promesse. »? Ouvrage aux milles dimensions, images et citations qui par-dessus tout véhiculent la tempête qui fera table rase des grands prédicats qui hantent notre siècle. Voilà l’ambition de la forme du livre, une ambition qui s’est regardé dans la glace. Dans le fond, plusieurs propositions cohabitent au moyen d’une même invitation: écouter ce qu’on a fait taire. Et il va de soi que dans ce bal aphone, les enfants occupent une place privilégiée. Ce texte dévoile la disparition des enfants, leur mise à l’écart, leur abstraction violente au nom d’Idées. Aussi, face à ce constat douloureux, le livre cherche moins à dire qu’à faire exister. Il y est question de communisme, occulte et réel, de pédagogie négative et surtout de profondeur loin en-dessous des discours universitaires et socialisants.
Chant pour une insurrection enfantine et vengeance des oubliés. Mais surtout, comme toute vengeance qui en vaille la peine, ne pas parler en leur nom. En sommes-nous encore capable ?
Le geste poétique d’Enfance&Toi froncera plus d’un sourcil. Pourtant, à y regarder de plus près, il est d’une évidence sans nom, d’un « non » sans ambivalence.