21/12/2025
Dans le crépuscule brumeux du Parvis de l’Hôtel de Ville, luisant de pluie, où l’édifice s’accroupit comme une relique boursouflée d’excès impérial — ses flèches néo-Renaissance perçant le ciel avec une pompe phallique, les drapeaux ukrainiens obligatoires flottant mollement aux côtés du tricolore comme des touches de vertu signalée en guise de post-scriptum — surgit "P***y- Funky" (2025), un cocktail Molotov effronté à l’huile sur toile, lancé par un provocateur anonyme dont le pinceau dégouline d’un venin surréaliste et d’un éjaculat punk à parts égales. Ce n’est pas une simple peinture ; c’est une orgie carnivalesque du grotesque, un f**k-you néo-surréaliste au regard bourgeois, entassé dans des dimensions qui se moquent de la bienséance des salons, comme pour défier les collectionneurs de l’accrocher au-dessus de leurs chaises longues en velours sans rougir.
Au cœur fiévreux se tortille un trio de marginaux charnels, leurs corps un manifeste emmêlé de déviance et de défi. L’ancre — ou la saboteuse ? — est une femme nue et caricaturale, rondouillarde, son visage dévoré par une bande de tissu blanc fouettée, serrée dans l’étau de sa grimace et de sa forme corpulente, comme si elle accouchait du chaos par tous ses pores. Des ballons — des arlequins criards, rayés bonbon, de joie vulgaire — jaillissent obscènement de son cul, la tirant vers le haut dans une lévitation lubrique qui hurle l’extase a***e et la farce existentielle. Pourtant, elle résiste, un pied chaussé d’une fluorescente jaune fluo griffant le pavé mouillé comme une ancre désespérée, son double effort un ballet sadomasochiste : tirant vers le bas pour s’ancrer au sol tout en déstabilisant vicieusement le duo au-dessus, le tissu attaché aux jambes écartées de l’acrobate supérieur comme une laisse sadique destinée à ruiner leur équilibre érotique.
Ces acrobates gender-fluid, tordus dans une contorsion qui brise la colonne vertébrale — mi-Cirque du Soleil devenu sauvage, mi-rêve humide de Mapplethorpe —, s’arquent et se tendent sous la lumière crépusculaire bleutée — jambes écartées, muscles saillants, peau luisante d’une sueur implicite et subversive. Ils s’agrippent à leurs propres grappes de ballons en émeute, métalliques et hurlant « Happy Birthday » en moquerie ironique, comme si la joie elle-même était un pet armé contre la tyrannie de la gravité. Toute cette frénésie se déploie dans un tourbillon de tractions contradictoires : ascension contre sabotage, libération contre bo***ge, le corps grotesque exalté à la fois comme victime et vandale.
Ce n’est pas un clin d’œil poli aux horloges fondantes de Dali ou aux énigmes à chapeau melon de Magritte ; "P***y- Funky" griffe plus profond, dans les entrailles palpitantes de l’anarchie, où le mohawk hérissé du punk rencontre l’orgie subconscious du surréalisme. C’est une provocation qui pisse sur le pouvoir institutionnel — juste au seuil de l’Hôtel de Ville —, piétinant la bienséance avec une sauvagerie jubilatoire, célébrant le désir déviant et le chaos libérateur dans une palette d’éclairs électriques déchirant des ombres de velours, chairs pulsantes s’entrechoquant contre des émeutes de ballons qui vous défient de détourner le regard. Dans cette ère post-tout, où l’art minaude souvent dans les galeries comme des chiens de salon castrés, cette pièce rugit : une lettre d’amour crasseuse à la laideur magnifique, l’ivresse enivrante de tout risquer pour un bouleversement sale et glorieux. Accrochez-la si vous osez ; elle pourrait bien faire léviter votre âme — ou la traîner hurlante dans l’abîme.