26/08/2026
Kurosawa est toujours au Champo, comme beaucoup d'été !
Cette fois-ci découvrez RAN, l'un de ses dernier film, magistral, colossal et tout pleins de superlatifs !
"Mais la violence, au fond, se drape surtout dans les pliures des nuages qui flottent au-dessus des protagonistes. Jamais Kurosawa n’avait autant filmé le ciel que dans Ran, où il est ici un personnage à part entière, une moitié du monde – cf. la bannière du clan Ichimonji, composée d’un astre surplombant un croissant renversé –, précisément parce que Kurosawa n’a jamais autant filmé les hommes comme d’infimes particules au milieu de l’univers. C’est là où le film est le plus beau, dans ses incroyables plans de demi-ensemble où traînent autant des hommes seuls que des armées entières, se livrant des batailles aux allures de fin de monde, dans la droite lignée de Kagemusha (la flamboyance de l’épée vacille, là encore, face à la froide efficacité du plomb). Il y a donc l’enfer du monde (la vallée), l’immensité du ciel, et au milieu l’homme, tiraillé entre les deux strates, comme l’illustre la fin, sublime, qui voit l’aveugle Tsurumaru tâtonner sur une corniche. Alors que sa canne pointe dans l’abîme, le personnage vacille et fait tomber le « bouddha miséricordieux », un rouleau renfermant l’image de la divinité, que sa sœur lui avait confié pour qu’il ne sente plus jamais seul. La caméra s’arrête alors sur l’icône gisant par terre, avant de revenir sur le personnage pour mieux s’éloigner de lui, par deux décadrages consécutifs, puis un fondu au noir. Plus rien ne se tient alors entre l’homme, seul, et l’obscurité éternelle."
Josué Morel, pour Critikat, le 5 avril 2016.
Synopsis : Dans le Japon du XVIe siècle, le seigneur Hidetora Ichimonji décide de se retirer et de partager son domaine entre ses trois fils, Taro, Jiro et Saburo.
Mais la répartition de cet héritage va déchirer la famille.
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