06/05/2026
“Bataclan” création théâtrale écrite et mise en scène par Christophe Thébault pour et par la Compagnie Polymorphose.
16 & 17 mai à la Fabrique de Meung sur Loire
urlr.me/ZdXMu7
Merci encore Bernard Thinat pour cet article.
➡️ Le journaliste Bernard T. parle du spectacle BATACLAN qui va se jouer le 16 et 17 mai à Meung-sur-Loire ⬅️
« BATACLAN », un choc théâtral mémoriel !!
Le 13 novembre 2015 au soir, la ville de Paris était frappée par une vague d’attentats terroristes perpétrés par des islamistes aux ordres de Daesh, faisant 132 morts et un nombre innombrable de blessés, ainsi que quantité de témoins, policiers, juges, médecins ou infirmiers marqués psychologiquement à vie par les visions d’horreurs auxquelles ils ont été confrontés.
Le Bataclan, célèbre salle de concert où se produisait ce soir-là le groupe de rock « Eagles of Death Metal », devant 1500 spectateurs, est le théâtre d’une tuerie de masse due à trois terroristes, faisant en tout 90 morts. C’est cet épisode que la Compagnie orléanaise Polymorphose a choisi de faire revivre, sur un texte et une mise en scène de Christophe Thébault, qu’on a plutôt l’habitude de connaître dans ses créations où le rire et les masques sont la marque de fabrique de sa Compagnie, le Krizo théâtre.
Ils sont douze, hommes et femmes, supporters, très excités, à se précipiter, sur les gradins d’un stade de foot, peut-être le Stade de France, à encourager leur équipe, lançant un cri de joie lors d’un but marqué par un des leurs, quand soudain les portables leur apprennent la tragédie. Douze, le visage blême, voire cadavérique, tee-shirt blanc maculé de sang, fuseau noir. Ils seront tout à tour mère d’un jeune parti au Bataclan, danseuse pour une soirée à s’éclater sur la musique rock, puis sans comprendre, spectateur enseveli sous les corps de leurs amis, fuyant les balles, se réfugiant dans les toilettes.
Au mitan, une chorégraphie, signée par Christophe Thébault, dont on ignorait les compétences dans ce domaine, mais il nous étonnera toujours, fait surgir les corps venus d’outre-tombe, tels des esprits pour nous rappeler que la bête immonde rôde toujours sur terre, au Bataclan, à Gaza, en Ukraine ou au Soudan. Ballet des ombres surgies du royaume des morts. Sans doute le moment clé du spectacle, émotionnellement le plus fort.
Parole est ensuite donnée aux policiers intervenus au milieu du carnage, le premier à être entré, puis les autres, ceux de la BRI, un médecin et un pompier qui trient entre les morts, les urgences absolues ou relatives avec leurs cartons de trois couleurs, une femme offrant son plus beau sourire à celle qui meurt dans ses bras… avant que les survivants ne rentrent chez eux, parce qu’il faut bien vivre, continuer à vivre… Au final, avant que douze bougies ne soient disposées sur le devant de la scène, un poème est psalmodié devant l’assistance émue (paroles de Damien Saez) :
(…) Ils étaient de Paris, ils étaient de province
Ils étaient cœur de pluie qui font mon cœur qui grince
Ils étaient plein de vie, avaient l'œil du printemps
Ils étaient cœur qui rit quand le ciel est pleurant
Ils étaient des promesses, ils étaient devenir
Ils étaient bien trop jeunes, oui, pour devoir partir
Ils étaient fils d'Orient ou fils de l'Occident
Enfants du paradis, enfants du Bataclan (…)
Longs et émouvants applaudissements au final, pour un spectacle, dont c’était la première représentation, à La Maison des Arts et de la Culture d’Orléans (quelle meilleure appellation face à la barbarie).
En s’inspirant des écrits de Laurent Gaudé et Emmanuel Carrère, le texte de Christophe Thébault, sans plonger dans le pathos, est d’une rigueur absolue dans cette nuit d’horreur, l’enchaînement des faits, les pensées qui traversent celles et ceux qui étaient au cœur de l’innommable, leurs appels, leurs prières, leurs espoirs. Sa mise en scène, au cordeau comme on dit, permet aux acteurs et actrices de s’exprimer parfaitement jusque dans une chorégraphie de très haute tenue. Toutes et tous de la région orléanaise, on peut les nommer, tant ils sont en tous points remarquables dans leurs interprétations : Barabra Jacquin, Romain Souchère, Delphine Foscal, Maude Auguste, Juliette Launay, Sophie Haricot-Jourdan, Patrcik Jourdan, Anélia Andonova,Jean-Baptiste Pasquier, Stéphane Bazin, Sylvie Vassort et Véronique Fenninger. Quant aux jeux de lumières, sur un décor de panneaux recouverts de papier d’aluminium, ils sont de Cédric Jouin.
Prochaines dates de « Bataclan » :
16 et 17 mai à La Fabrique de Meung sur Loire