26/10/2024
DEVINETTE 4 (25/10): Solution
Dessins A.Delorieux et J.Laurens
Bonnet matelassé coll. Annick Georgeon
Vous avez été moins nombreux à tenter de répondre cette fois . N'ayez pas peur de formuler des hypothèses ; il n'y a jamais de réponse idiote . Bien au contraire.
Il s'agit , comme je vous le disais , sur les deux premiers dessins , de la coiffe de LA TOUR D'AUVERGNE (63) et de sa région . Ce modèle est tombé en désuétude dès le début de la seconde moitié du XIX eme siècle , et a été remplacé par le bonnet tuyauté . George SAND en fait d'ailleurs mention dans le récit de son voyage en AUVERGNE de 1859 . De passage à LA TOUR , elle explique qu'elle désire faire l'acquisition du bandeau de fil de laiton qui maintient le voile de cette coiffure . Ce fameux serre- tête que l'on dénomme : serre-malice. Elle précise que cet achat est assez difficile a réaliser car cette coiffure a déjà quasiment disparu.
Mais détaillons , les différents élément de cette coiffure qui a fait couler beaucoup d'encre et échafauder de nombreuses théories plus hasardeuses les unes que les autres sur l'origine du serre-tête en laiton.
Tout d'abord , à même la chevelure , ou par dessus une sous coiffe (facile à laver) , un bonnet matelassé (cf photographie) . Ce bonnet , tient chaud ( La Tour d'Auvergne est à 1000 m d'altitude) , rend le port du lourd serre malice plus confortable et surtout assure le volume de l'ensemble . En son absence , quand on reconstitue cette coiffure , on n'obtient un rendu très insatisfaisant.
Par dessus , le bonnet matelassé , une coiffe à ailes , telle qu'on la rencontre dans de nombreuses régions de France à cette époque . Cette coiffe de fine toile de lin est portée avec les ailes repliées au sommet de la tête , pour le quotidien ,mais aussi pour les dimanches et fêtes . Enfin par dessus, un carré d'étamine de laine , le plus souvent noir , plié plusieurs fois et maintenu en place par le serre-malice. L'anglaise , Miss Louisa Stuart Costello, qui a visité l'Auvergne en 1841 et en a publié le récit , a rencontré des femmes de La Tour d'Auvergne lors de son séjour au Mont- Dore . Frappée par ce costume qui lui rappelle un peu celui de religieuse , elle en décrit la coiffure , et précise qu'il y a plusieurs façon d'agencer le voile et de positionner le serre-malice.
L'existence du voile et du serre-tête a certainement une explication simple et pratique . Dans une région de montagne au climat rigoureux , cet ensemble protège la coiffe et tient chaud.
Pour le dernier dessin , réalisé à TAUVES (63) en 1856 par Jules LAURENS ,nous avons la chance de posséder des notes de l'auteur . Il s'agit de la Johandoune , en costume de v***e . Avant la production en grande série de vêtements au prix abordables et l'invention des teintures chimiques permettant d'obtenir des teintes noires résistantes , cette couleur n'était pas le marqueur de deuil qu'elle est ensuite devenue . Le deuil était souvent exprimé par la coiffe. Ici en l'occurrence , comme dans nombreuses région de France , les ailes de la coiffe sont alors portées pendantes ou débrassées . Le voile est déplié afin de couvrir les épaules , et surtout le serre -malice est dissimulé dans les plis ; on ne portait pas de bijoux brillant en période de deuil.
Par contre vous pouvez remarquez que la Johandoune porte toujours son châle cachemire , donc de couleur ; alors que quelques années plus t**d elle aurait forcément du le troquer contre un châle noir. Le temps passe, et les us et coutumes . évoluent.