03/07/2025
➡️AÏCHA HAMU
est née en 1974, à Avignon. Elle vit et travaille à Nice. Son oeuvre assure d’emblée, dans le domaine de la représentation, la tension entre deux attitudes apparemment opposées : celle de la projection imaginaire et celle de l’incarnation. Sur le premier versant de son oeuvre s’inscrit une série de propositions qui vont de la production d’objets intimes jusqu’à des installations réalisées in situ à l’échelle quelquefois géante des espaces qu’elle investit. Cette diversité des situations et des présentations du travail est cependant intimement articulée par une relation très particulière à l’idée du dessin qui sous-tend toute l’oeuvre depuis ses débuts.
Les propositions d’Aïcha se réalisent par nécessité. Liées à un espace,
un propos, l’oeuvre de l’artiste se déploie “en contexte”. Pas de concept,
pas de bavardage, mais une impérieuse volonté d’être juste, de se définir dans une situation, de travailler en regard, en lien. Parfois ironiques,
souvent émouvantes, l’artiste réalise ses installations en réaction, en intégrant l’environnement global dans lequel elles prendront tout leur sens.
Au Narcissio, Aïcha Hamu montre une vidéo absente, comme un espace fugitif d’images en mouvement à se représenter. Elle rend ainsi hommage à René Magritte et à son célèbre tableau, 'La trahison des images', qui nous interroge sur le monde, sa perception et son interprétation. Magritte évoque « l’enchantement nécessaire à la vie des idées », Aïcha se désole de montrer
une vidéo qui prétend ne pas exister.
L’artiste montre également une série de dessins, reproduction de graffitis carcéraux d’époques et de contextes multiples. Longtemps enfouies et par nature dissimulées au regard, ces écritures emprisonnées éveillent depuis quelques années l’intérêt d’antropologues, historiens et sociologues dont les études sont publiées et illustrées par des photographies que l’artiste a glanées sur le net. Elle s’en empare en respectant le cadre de ces prélèvements qu’elle restitue sous forme de dessins través au fusain et/ou gravés à même les murs de l’espace d’exposition. Témoignages d’isolement, de derniers moments de vie, avant exécution ou déportation, ou tout simplement subterfuges désespérés pour tuer le temps, ces écritures emprisonnées empruntent ici le chemin de l’exposition comme porte de sortie vers un au-delà de leur espace originel.
Exposition "Les lignes du Désir"
Au Narcissio, jusqu'au 12 juillet 2025
Ouvert en août sur rendez-vous