02/10/2026
Merci Fosse Commune et Hélène Carcel ! Rendez-vous le samedi 24 octobre pour The Dark Night Before Halloween : NEVA BITCH + Contre Jour live, suivis d'une soirée goth...
DESCENTE EN FOSSE - NEVA BITCH / CONTRE JOUR À NICE : BON, LÀ C’EST PERSONNEL
(Ou comment le fondateur de NEVA va lancer sa tournée à Nice alors qu’il est de Saint-Quentin dans les Hauts-de-France. Et ça me va très bien mais ça me sidère un peu quand même)
Il y a des annonces que je peux traiter avec une distance journalistique parfaitement respectable.
Pas celle-là.
Le 24 octobre, NEVA BITCH - The Continuum donnera à Nice la première date de la tournée célébrant les 50 ans de scène de Jacquy Bitch, le créateur du groupe Neva et responsable de quelques-unes des choses les plus délicieusement malsaines sorties de la cold wave française.
Et autour de cette date, il y a beaucoup trop de morceaux de ma vie pour que je fasse semblant d’être objective.
D’abord, il y a Dark PACA, qui organise la soirée à Altherax. Une partie de la famille Fosse Commune du Sud. Des gens qui défendent cette scène toute l’année, la font jouer, la font vivre et continuent à penser qu’une soirée darkwave, goth, post-punk et EBM constitue une excellente manière de passer un samedi soir.
Ils ont raison. Ensuite, il y a Contre Jour.
Et eux, si vous ne les connaissez pas encore, il va falloir réparer ça.
Contre Jour, c’est de la cold wave / post-punk française, sombre évidemment, mais jamais figée dans la naphtaline gothique. Des lignes de basse qui savent parfaitement pourquoi elles sont là, des guitares tendues, des machines, une voix qui ne vient pas poser du noir sur le décor mais habiter le truc. Une musique élégante, nerveuse, mélancolique quand il faut, et surtout vivante.
Ce sont des copains. Mais surtout, ils sont extrêmement talentueux. Ce qui m’arrange beaucoup parce que ça m’évite de mentir par affection.
Et puis il y a NEVA BITCH.
Là, on remonte le fil.
Neva naît à Saint-Quentin au début des années 80 : boîte à rythmes, synthés malsains, théâtralité, langage inventé et cette espèce de batcave française complètement barrée qui pousse alors que personne n’a encore pensé à en faire une playlist « Dark 80s » pour travailler tranquillement.
La boîte à rythmes s’appelle Renée.
Je rappelle ce détail parce qu’il demeure essentiel à l’histoire de la musique française.
Lorsque Neva s’arrête au début des années 90, Jacquy poursuit sous le nom de Jacquy Bitch, sans réellement rompre le fil : même univers, même langue, même goût du théâtre, du noir, du bizarre et des scènes transformées en autre chose qu’un endroit où quatre types viennent simplement jouer des morceaux.
Et cinquante ans après son premier concert, il a décidé de parcourir tout ça sur scène avec une set list NEVA BITCH - The Continuum 1976-2026.
Pas une reformation de Neva.
Pas Neva empaillé dans une vitrine.
Pas « les années 80, c’était quand même quelque chose ».
Un set qui traverse cinquante ans de création, de Neva jusqu’à aujourd’hui, parce que Neva est l’origine, pas la destination.
Jacquy, je vous l’ai déjà longuement raconté. Je ne vais pas vous refaire les caves, les kilomètres, Louchald, les tournées et les flycases. À ce stade, ce n’est plus un conflit d’intérêts. C’est une réunion de famille.
Et Nice compte particulièrement parce que ce sera la première date du Continuum. Le moment où tout ce qui se prépare depuis des mois va enfin quitter les répétitions, les archives, les discussions interminables, les câbles, les fiches techniques chiantes et les « pu**in, il est où ce truc ? » pour devenir ce pour quoi tout ça existe :un concert.
Le premier.
Et moi qui regarde tout ce petit monde se retrouver sur la même affiche en me disant que, parfois, les lignes finissent quand même par se rejoindre.
Ça va être bien. Et ça va probablement c***r des bulles.
PS : Et non y’a pas de dates prévues dans le Nord après. Nul n’est prophète dans son pays. Mais y’a Nancy, la Belgique et la Pologne. L’Italie et l’Angleterre sont dans les tuyaux… et d’autres surprises qui vont bientôt être annoncées. Mais pas le Nord / Pas de Calais. Je rêve.